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Yann Bidon - Développeur web et d'applications

Le blog

11 Jan

2018

Écrit Par  Yann Bidon

Être PDG

Ha, je me gausse de ces entrepreneurs qui gèrent une ou des sociétés et pour se faire mousser, se font appeler des PDG. Or, n'est-pas PDG qui veut. C'est une appellation qui a un sens et l'utiliser à mauvais escient ne fait que souligner la vacuité intellectuelle de celui qui le dit fièrement.

Sachez, honoré lecteur, que le titre de PDG, qu'on écrit historiquement P-DG regroupe en réalité deux fonctions. Il s'agit de la fonction de Directeur Général et celle de Président. Ce sont deux fonctions bien distinctes que je vous propose de décortiquer. Et pour bien comprendre, j'aimerai répondre à une question simple : "À qui appartient une entreprise ? Qui la possède ?". Ce sont soit les associés si c'est une société par parts soit les actionnaires si c'est une société par actions. Ce sont eux qui ont investi dedans, ce sont eux qui l'ont potentiellement créé. Cependant, rien ne les oblige à être dans l'opérationnel et a travaillé dans la société. Aujourd'hui, je joue en bourse et suis actionnaire Altran. Et pourtant, je vous assure que je n'ai jamais travaillé pour Altran, j'en suis juste propriétaire à la hauteur de mon nombre d'actions. Je ne met pas les mains dans le cambouis ni ne m'occuper de la gestion quotidienne d'Altran. Je regarde juste les résultats financiers. Vous me rétorquerez que c'est un cas particulier des grosses sociétés cotées en bourse mais en réalité, pas du tout. Si demain, je monte une EURL (entreprise unipersonnel à responsabilité limité), en qualité d'associé unique, je suis libre de nommer qui je souhaite comme gérant (notons qu'on ne parle pas de directeur dans une EURL et autres structures de petites sociétés mais de gérant). Il est vrai qu'en général, l'associé unique se met lui-même gérant car il veut gérer son business personnellement mais rien ne l'y oblige. Il a totalement la liberté de nommer quelqu'un d'autre pour gérer sa société.

Donc on a d'un côté les propriétaires de l'entreprise qui se représente par l'ensemble des associés ou actionnaires et on a les opérationnels, ce sont l'ensemble des salariés de l'entreprise. Les grands axes, les décisions stratégiques et les objectifs sont décidés par les propriétaires réunis dans ce qu'on appelle une assemblée générale. Ensuite l'ensemble des salariés doivent œuvrer pour attendre ces objectifs. Est-ce clair? Bien, continuons.

Le problème est que les actionnaires ou les associés peuvent être nombreux et ça peut être des personnes très occupées. Ainsi, réunir tout le monde à chaque décision peut être parfois un sacré casse-tête. Ainsi, pour les structures de moyennes et grandes entreprises, on va mettre en place un "bureau" plus restreint qui regroupera les plus gros ou plus importants propriétaires et donc ceux qui ce sont le plus investis financièrement dans l'entreprise afin de suivre l'activité de l'entreprise plus régulièrement. Ce "bureau" peut prendre deux formes en fonction du choix et de la structure de la société. Tout d'abord, on a le système moniste où l'on a ce qu'on appelle le Conseil d'Administration. C'est une instance unique qui est justement là pour prendre des décisions stratégiques plus rapidement, alors que les Assemblées Générales ont lieu (or AG exceptionnelle) une fois par an. On a un autre système dualiste qu'on appelle aussi modèle à l'allemand (seulement 4% des SA environ), qui consiste à avoir un Directoire et un Conseil de Surveillance. C'est sensiblement pareil sauf qu'on a deux instances et le Conseil de Surveillance a l'ascendant car c'est lui qui nomme le gens du Directoire. Bref, que cela soit le Conseil de Surveillance ou le Conseil d'Administration, les deux instances ne sont pas opérationnelles et sont juste là pour prendre des décisions dans l'intérêt de l'entreprise et des propriétaires de cette dernière. Ce bureau nomme un Président en son sein qui est chargé de le représenter dans les médias, auprès des actionnaires et de la direction. Le Président représente ainsi le conseil qui représente les associés ou actionnaires. On peut donc dire qu'il incarne à lui-seul la propriété de l'entreprise et en ce sens est le plus haut dans la hiérarchie de la société. Hé bingo, on a notre première fonction dans le titre de PDG. Donc déjà, pour être PDG, il faut être Président, autrement dit avoir un CA ou un CS et y être nommé à sa tête. Ce n'est déjà pas donner à tout le monde donc déjà, les entrepreneurs, les SASU, les EURL ou EIRL, y a pas de PDG car il n'y a pas tout ça.

Qui est chargé de mettre en place les décisions édictées par les propriétaires ? L'ensemble des salariés. Mais c'est un système très hiérarchisé donc tous n'ont pas la même responsabilité, évidemment. Une grosse entreprise va avoir plusieurs pôles ou départements (on va avoir le cœur d'activité de la société mais aussi un pôle Recherche & Développement par exemple, un pôle Ressource Humaine, un pôle Comptabilité/Financier, d'autres pôles en fonction de ses autres activités). Chaque département/pôle va avoir un directeur à sa tête. Ses directeurs font partis du Comité de direction et au sommet de ce Comité de direction se trouve le Directeur Général, le DG nommé par les propriétaires (c'est comme le gérant mais pour les grandes sociétés). Et on est d'accord, ce n'est pas un simple directeur, c'est un directeur GENERAL, ce qui implique qu'il y ait justement un comité de direction avec plusieurs directeurs de pôles. Et non, un pôle, ce n'est pas 3 personnes dans un coin. Donc n'est pas DG qui veut, il faut une grosse structures avec des départements, des directeurs de niveau intermédiaire et être à la tête de ces derniers. C'est ça, un Directeur Général.

Le Directeur Général est nommé par le CA donc il est possible que le Président ait le rôle de DG. Et c'est donc lorsqu'on occupe ces deux fonctions que, oui, là, on peut se faire appeler PDG. Pas avant.

01 Oct

2017

Écrit Par  Yann Bidon

Christine Angot et Sandrine Rousseau

Je me suis bien gardé d'écrire sur "On n'est pas couché" avec Christine Angot et Sandrine Rousseau. Car la fuite dans l'Express, le scandale, pour moi, c'est de la récupération par l'émission. Il utilise un drame pour faire le buzz, qu'on parle d'eux et c'est nocif. Je ne voulais pas faire de pub à "On n'est pas couché". Je ne tiens pas à soutenir des gens qui font leur business sur le malheur des gens.

Alors, je ne commentais pas. Ce qui ne veut pas dire que je ne suivais pas l'affaire. Puis finalement, j'ai vu la séquence en question. Comme la production l'avait annoncé au 20Minutes, ils ont coupé au montage le moment où Mme Angot se fait huer, et où elle ragequit en jetant son verre et ses feuilles, "par élégance". Par contre, j'ai pu constater qu'ils n'ont pas eu l'élégance de couper la partie où Mme Rousseau est acculée, en pleur, se sentant incomprise et impuissante. Du coup, on voit une chroniqueuse qui agresse une invité en pleur. Bravo de l'image!

Passons de l'image au contenu. On a Mme Rousseau qui a vécu une expérience traumatisante qui est le harcèlement et l'agression sexuelle. Elle a alerté les instances du parti et la justice mais n'a pas trouvé d'oreilles attentives. Elle écrit alors un livre "Parler" pour raconter son histoire et l'importance de parler de ce problème qui ronge notre société. Elle a monté une association pour les personnes violées avec des gens formés à gérer ce genre de problème pour prêter assistance et écoute. Là, elle vient parler de son livre. Et on a Christine Angot qui lui saute à la gorge. Elle se moque de sa cellule d'écoute et la raille sur son "formé à accueillir la parole" (pour parler de recueillir les témoignages). Alors que Sandrine Rousseau a les larmes aux yeux, elle répond que "elle, personne ne l'a écouté" ce à quoi Mme Angot rétorque avec véhémence "Évidemment, il n’y a personne pour écouter ce message. On se débrouille ! C’est comme ça !". Non mais vous vous moquez de moi? Donc on fait quoi? On laisse couler et on dit "c'est balaud mais c'est comme ça"? On ne cherche surtout pas à enrayer le problème? Je ne dis pas que c'est la solution mais au moins Mme Rousseau essaie d'en proposer une. Ensuite, M. Moix l'accuse de tenir un discours alors qu'elle réplique que c'est son histoire et non un discours. Mme Angot enfonce encore le couvert. En résumé, Mme Rousseau vient parler à la télé de la difficulté de parler du viol et elle se fait mettre au ban par les deux chroniqueurs de "on n'est pas couché". Je trouve ce comportement scandaleux et donne entièrement raison à Mme Rousseau. Le pire est que ce genre de scène va davantage inciter les victimes à ne pas parler, de peur de se faire humilier comme ils l'ont fait lors de cette émission.

On peut discuter et débattre sur le sujet et on peut être en désaccord sur comment le traiter. Après il y a l'art et la manière de le dire. Mme Angot s'est laissée emporter par ses sentiments. Elle n'a pas été professionnelle. Elle passe à la télévision sur une émission à forte écoute, elle a une responsabilité sur la parole et un dérapage de la sorte est inacceptable. On aurait pu espérer que Mme Angot qui a eu vécu un drame semblable aurait eu plus de tact. Si vous voulez signaler cette séquence, le formulaire du CSA est ici : http://www.csa.fr/Ser…/Formulaire-pour-signaler-un-programme

09 Aug

2017

Écrit Par  Yann Bidon

Le cerveau et le genre/sexe

Récemment, un employé de Google a rédigé un document de 10 pages décriant la politique de diversité de l’entreprise. Bien qu’il soulevât parfois quelques questions pouvant être légitimes, il créa un scandale par son discours et raisonnement empli de clichés, de stéréotypes et de remarques sexistes. Eh bien… je ne reviendrais pas sur l’affaire. Cela me sert juste de prétexte pour parler de notre cerveau et la différence entre sexe.

On entend beaucoup de choses dessus et j’aimerai y revenir dans un débat apaisé. Revenons donc sur certains préjugés. Fut un temps, dans l’armée américaine, on donnait des casques plus larges à mesure qu’on montait en grade pour montrer que plus on montait en grade, plus on était intelligent donc plus on avait la tête bien remplie et donc plus grosse, le plus petit étant donné souvent aux noirs (quitte à parler de la discrimination). Évidemment, cela n’est rien d’autre que fadaises et billevesées. Si la taille du cerveau était liée à l’intelligence, alors nous serons dominés par les éléphants et les baleines. Notre cerveau pèse 1.3kg, les grands cachalots ont des cerveaux de 8kg. Non, la raison de notre intelligence se trouve ailleurs. Ce qui compte n’est pas la quantité de neurones mais la qualité des connexions entre ces derniers. « Cela est-il déterminé à notre naissance et voué à décroitre ?». Là encore, loin s’en faut ! À notre naissance, seul 10% de nos neurones sont connectés, ce qui explique qu'on ne soit pas des plus doués à nos débuts. On développe les connexions inter-neurales en stimulant les différentes parties. Cela est dû à une incroyable propriété de notre cerveau qu’on nomme la plasticité neuronale. Ce dernier est capable de développer et modifier son réseau neuronal pour s’adapter en fonction des parties plus ou moins sollicitées. Par exemple, une étude à prouver que les conducteurs de taxi expérimentés avaient la partie responsable de la géolocalisation et de la géométrie dans l'espace beaucoup plus développée que la normale. De même, dès qu’ils arrêtaient de conduire pendant un long moment, durant leur retraite par exemple, cette partie régressait. D’autres études ont confirmé à plusieurs reprises cet effet. C’est donc par la stimulation, l’apprentissage et la pratique que l’on améliora nos capacités intellectuelles (d’où l’importance de faire des activités cérébrales régulières, tel que participer à mes jeux, énigmes et autres :D ). De là, il n’appartient qu’à nous de les stimuler.

« Mais les femmes sont plus à l’aise dans le domaine sentimental, émotionnel et dans la communication et les hommes sont plus dans la raison, l’adresse, et plus résistant aux stress comme le disait d’ailleurs cet employé de Google ». Allons, honoré lecteur, vous devriez savoir que les généralisations sont nocives. Il y a toute façon un bout de vérité là-dedans. Mais avant de crier au sexisme, qu’il soit bien dit que ce n’est pas dû à une prédisposition biologique. Bien que toute le monde ne remplisse pas ces cases et je ne m’aventurerai pas à mettre des gens dans de tels lieux communs, globalement, il se trouve que cette affirmation est plutôt vraie. Mais cela est uniquement dû à l’éducation qu’on leur a fourni qui est elle-même sexuellement orientée. Les garçons seront d’avantage pousser à faire des activités physiques tels que le sport et à jouer à des jeux-vidéos de tir / de combat ce qui va augmenter leur adresse. Au contraire, les filles seront plus orientées vers des activités artistiques et relationnelles avec les dinettes, les cours de danses, les arts, les poupées… Lorsqu’une fille va se blesser, on va être aux petits soins pour elle et on va faire en sorte qu’elle ne recommence plus, là où des garçons qui sont casse-cou seront encouragés à persévérer, faut qu’ils vident leur tremplin d’énergie. Lors d’un conflit, on attend plus d’un garçon qu’il se dresse alors qu’on viendra en aide à une fille en détresse plutôt que la laisser se battre par elle-même. Ce que je dis ici est un peu caricatural, mais je pense que vous êtes apte à saisir ce que je tends à démontrer. Notre éducation diffère à cause de notre sexe et va donc stimuler des parties différentes du cerveau. Et de fait, on sera donc plus actif dans ces parties là et c’est ce qui rend au global l’affirmation vraie. Mais le fait que ça dépende de notre éducation signifie également que c’est entièrement relatif à chaque famille et qu’on pourra très bien avoir des filles très raisonnables, sportives, actives et des garçons fleurs-bleus, maniant bien la communication interpersonnelle… Et quand je dis éducation, c’est plus global que celle dispensée par la famille, c’est vraiment tout ce qu’on a appris de la vie, de nos expériences passées et de nos erreurs passées notamment. Notre passé est le champ d’apprentissage de notre cerveau et ce qui l’a façonné. Et donc, certes, notre expérience de vie est influencée par notre genre car on n’agira pas forcément pareil en face d’une fille ou un garçon et nos attendus seront différents, mais ceci est purement le fruit de nos mœurs de société et il est totalement possible de s’en dépêtrer et de suivre un autre chemin. Ce n’est pas une fatalité et encore moins une prédisposition génétique. On veut nous construire comme cela mais en changeant de milieu ou de mode de pensées, on peut totalement changer notre cerveau. Il ne faut pas être manichéen. Il n’y a pas homme-femme. Chaque cerveau a sa singularité. Des chercheurs ont voulu étudié cela. On a mis des hommes et des femmes dans un IRM et on leur posa le même calcul cérébral. Les images cérébrales ont montré que chaque sujet a mobilisé son cerveau de manière différente pour aboutir au même résultat. Chacun a sa propre stratégie de résolution et sollicitera diverses parties du cerveau pour arriver à la même solution. Cela montre bien l’individualité du cerveau, il est propre à chacun et non pas juste propre au sexe comme certains pourraient le penser.

Donc soyez heureux, vous êtes unique et surtout vous pouvez développer ce que vous voudrez. Pour cela, il suffit d’apprendre et de souvent pratiquer. L’avenir vous est ouvert et fort de ces connaissances, arrêtez de propager ces clichés et légendes sur le cerveau :D

08 Jun

2017

Écrit Par  Yann Bidon

La rupture diplomatique visée contre le Qatar

La rupture des relations diplomatiques entre l’Arabie Saoudite et ses alliés tel que les Émirats Arabes Unis et l’Égypte d’un côté et le Qatar de l’autre a fait pas mal couler d’encre et a engendré pas mal de réactions à droite et à gauche. Je me devais donc d’apporter également ma modeste contribution au débat et c’est ce que je vais tenter de faire via cet article. Je vais tenter de réagir aux commentaires générales et réactions usuelles face à cette annonce et j’espère que vous saurez y voir un peu plus clair dans toute cette histoire.

Mais ce ne sont pas tous des pays musulmans ?

Ma réponse la plus spontanée serait « et alors ? ». Vous savez, en Europe, on était tous chrétiens. Et je vous assure que si vous lisez l’Histoire européenne, ça n’a absolument pas empêché de nous mettre sur la gueule plus d’une fois. Bien que la religion ne puisse pas être invoqué comme casus belli, il est toujours dans l’objectif d’une nation de défendre ses intérêts et étendre son influence (et pourquoi pas son territoire). En l’occurrence, le fait que les pays du Moyen-Orient aient une forte population et un pouvoir proche de la religion musulmane ne les empêchent en rien d’avoir des conflits entre eux. C’est un argument plutôt à côté de la plaque.

D’autant plus qu’à l’instar de la chrétienté, l’Islam est pluriel. On a des catholiques, des protestants, des orthodoxes, des anglicans, des mormons, des témoins de Jehova… tous sont chrétiens et partagent une histoire et une croyance commune mais ça diffère sur certaines manières de faire, sur certains textes à suivre ou interprétations de ces derniers, à quelle institution ou Église se vouer… Certains courants sont plus intégristes que d’autres. Et surtout, ça a été une cause supplémentaire de massacres intrinsèques. Eh bien, figurez-vous que l’Islam est semblable. Elle n’est pas unique et il y a plusieurs courants dont les principaux sont le chiisme, le sunnisme et le kharidjisme. Sachant qu’eux-mêmes ont des sous-mouvements comme le wahhabisme dont l’Arabie Saoudite en est le chantre international. Donc franchement, dire qu’ils ont la même religion, ça ne veut rien dire.

Soit mais ils sont tous deux sunnites, non ?

Oui mais encore une fois, on s’en moque de ça, même si c’est plus cultivé comme question. Faut plus voir ça comme un Game of Thrones (ça vous parle plus ça). Faut regarder les influences, la politique et la stratégie des États.

Pendant très longtemps et avec l’aval des américains et des européens, ce fut l’Arabie Saoudite qui gérait la région. Les grandes réunions et meetings sur le monde oriental ne se faisait pas sans eux, ils se sont posés comme porte-parole du monde arabe. Sauf que depuis sa création en 1932, de nombreuses nations ont percé comme en 1971, lorsque les anglais se sont retirés de la région et les émirats sous protectorat britannique ont repris leur propre gestion, certains se sont rassemblés, formant les Émirats Arabes Unis et d’autres ont refusé de rejoindre cette union et en ont profité pour déclarer leur indépendance comme le Qatar et le Bahreïn. Depuis, les deux premiers ont bien monté, surtout grâce aux ressources naturelles formidables dont leurs terres regorgent. Je pense notamment au gaz pour le Qatar. L’influence du Qatar est grandissante à l’échelle de ses investissements dans le monde entier et notamment en France où Nicolas Sarkozy leur a donné un avantage fiscal pour les attirer. Autre point majeur d’influence, Al Jazeera, une chaine de télévision diffusée à l’international et prend de la place, devenant même le diffuseur d’une coupe de monde de foot. L’Arabie Saoudite n’aime pas qu’on menace son leadership sur la région.

Outre ses achats mirobolants, la Qatar a tissé des liens avec de nombreux mouvements islamistes comme le Hamas très actif sur la bande de Gazas ou encore les frères musulmans, une grosse organisation transnationale dont le printemps arabe lui a été hautement profitable car ayant pu prendre le contrôle sur bon nombre de pays à cette occasion. Et l’Arabie Saoudite n’aime pas du tout les frères musulmans.

Car faut pas croire, la position de l’Arabie Saoudite est aussi contestée dans le monde musulman et même dans le pays. Les Saoud doivent leur pouvoir grâce aux extrémistes religieux du wahhabisme. Donc forcément, la situation religieuse est assez fondamentaliste, ce qui chagrine les musulmans progressistes. Mais dans le même temps, les radicaux reprochent les relations du pays avec les occidentaux et notamment avec l’ennemi tout désigné, les États-Unis d’Amérique. Les US et encore récemment avec le discours de Trump ont rappelé les pays à leurs responsabilités et invité notamment l’Arabie Saoudite à durcir ses actes pour lutter contre la dérive terroriste dont la région semble être le terreau. Une petite tapette sur les doigts qui froissent l’orgueil des dirigeants de l’Arabie Saoudite, une petite accusation de ne pas être à la hauteur.

Donc au final, pas de guerre religieuse, juste un problème d’égo ?

Déjà, ne nous emballons pas, ce n’est pas une guerre. C’est une rupture diplomatique. C’est plus un avertissement et un rappel à l’ordre. On n’est pas encore à la guerre. Mais plus qu’un problème égo, c’est vraiment un jeu de pouvoir pour la région. Et…je n’ai pas encore tout dit et effectivement, la religion a un peu sa part de responsabilité mais pas avec le Qatar…Avec l’Iran.

L’Iran est un très grand pays (en termes de superficie) et dispose également de ressources naturelles importantes et qui font sa fortune. Contrairement à ses voisins, ce dernier est chiite, progressiste et tient des élections plus démocratiques qui ont d’ailleurs donné vainqueur un progressiste en la personne de Rohani. Comme si ça ne suffisait pas, il soutient le régime de Bachar Al-Assad honni en Europe et aux USA et soutient militairement les rebelles du Yémen contre une coalition menée par nul autre que l’Arabie Saoudite depuis 2014 (et la guerre civile dure toujours mais ça, on n’en parle pas, faut mieux parler des ruptures diplomatiques, les symboles valent mieux que la vie des enfants massacrés là-bas).

Inutile de vous dire que dans la région, l’Iran, c’est le diable. D’ailleurs lors de son discours, Trump a clairement ciblé l’Iran comme l’ennemi, appuyant encore la haine value par l’Arabie. Mais tout le monde n’est pas aussi radical qu’eux. Oman, le Koweït et le Qatar travaillent volontiers avec l’Iran faisant fi des distorsions religieuses et du haro mis par les Saoudiens. Alors Oman et le Koweït sont plus docile et reste dans le giron saoudien. Le Qatar lui est plus indépendant et insoumis.

Cette mise au ban par les pays de la région ambitionne de remettre le Qatar dans le rang et de réorienter sa politique notamment étrangère sur l’Iran et lui rappeler que c’est eux les patrons, c’est eux les gendarmes de la région et que maintenant, ça suffit. C’est un coup de force dans un bras de fer de contrôle de la région et d’influence mondiale. L’Arabie Saoudite veut se réaffirme et se remettre sur le devant de la scène en montrant qu’elle gère les choses, elle recadre les pays dissidents et continuent la guerre froide avec l’Iran, conformément à la volonté américaine. Après, c’est compliqué pour la Qatar car ils partagent avec l’Iran leur immense puits gazier.

Et genre, ils n’ont rien trouvé comme raison que « Le Qatar soutient des organisations terroristes ». Ils ne sont pas un peu hypocrites sur les bords ?

Tout à fait. L’Arabie Saoudite est loin d’être une image de Sainteté. Je rappelle mon article sur le projet afghan et la création d’Al-Qaïda. Elle est soupçonnée de financer bien des mouvements armés de manière indirecte et discrète. Ainsi leur voir exposer ses torts au Qatar m’a fait bien rire. Mais c’est de la politique. Ils ne vont pas dire qu’ils ont financé et armé (ou aidé à armer) des organisations terroristes causant des milliers de morts, vous pensez bien. Il parait que ça fait mauvais genre au diner des nations.

Et donc que va-t-il se passer maintenant ?

Je ne suis pas Madame Irma moi ! Je me souviens de Fouquet qui, à faire trop bling bling et m’as-tu vu à vexer des Hommes puissants et ça a causé sa chute. Peut-être est-ce ce qui va arriver avec le Qatar (mais j’en doute). Vont-ils se plier? C’est compliqué, c’est un gros aveu de faiblesse et actuellement, ils sont plus dans la posture de l’atteinte à la souveraineté. Les tensions montant ainsi, va-t-on partir faire une dégradation voire une explosion du monde arabe ? Il ne faut peut-être pas abuser. L’Iran et l’Arabie Saoudite ne s’entendent pas du tout, du tout et pourtant, il n’y a pas de guerre frontale entre les deux car ils sont suffisamment intelligents pour savoir que ça serait bon pour personne. Donc avec un pays comme le Qatar où ils ont plus d’accointance, je ne pense pas. Je vois personnellement plus ça comme une tentative de l’Arabie Saoudite à se repositionner comme le gendarme de la région et remettre ainsi les brebis égarées dans le droit chemin. Après les cartes sont dans les mains du Qatar. Va-t-il se plier ou affirmer sa souveraineté et à quel prix ? Bah c’est à lui de moi, pas à moi, cessez de m’importuner ! Moi, je dis des faits pour expliquer les causes, pas des prédictions.

10 Apr

2017

Écrit Par  Yann Bidon

Il faut surmonter dialectiquement nos altérités réciproques

Mais qu’est-ce donc que ce titre alambiqué ? C’est une citation d’Hegel, un philosophe allemand, que Acadomia avait repris lors d’une campagne de pub. Vous avez sans doute pu la voir dans un métro ou bus. La volonté de la pub était volontairement d’être pédant pour que vous n’y comprenez rien et qu’on vous fasse comprendre que vous avez besoin de cours. Je vous propose néanmoins, et gratuitement, de disséquer un peu cette phrase. Commençons par l’altérité. On reconnait ici le préfixe alter- comme dans alter-égo, altermondialiste…, on peut donc en conclure que ça a un lien avec « autre ». Et vous auriez raison, l’altérité est un concept philosophique désignant tout ce qui est autre, ce qui n’est pas dans notre vision des choses, dans notre vision du monde, ce qu’on appelle plus communément notre paradigme. Les altérités, c’est donc tout ce qui sort du cadre, qui ne va pas dans notre sens. Pour vulgariser, je peux dire que c’est tout ce qui nous est différent. Donc lorsqu’on parle d’altérités réciproques, on veut dire que chacun de nous à une vision différente des choses et on va aboutir à des avis, valeurs, positions divergentes. Et c’est cette divergence d’opinions qu’il va falloir surmonter mais pas n’importe comment, dialectiquement. La dialectique est une pratique philosophique très prisée durant la Grèce Antique. C’est l’art de dialoguer avec des personnes d’avis opposés afin justement d’affiner sa propre pensée et en tirer le meilleur de cette confrontation d’idées. Cela rejoint le triptyque « thèse – antithèse – synthèse ». On a notre propre position, c’est notre thèse. On va alors débattre avec une personne avec un avis différent et va donc nous fournir l’antithèse. De là, il va falloir en tirer le meilleur pour pouvoir s’élever et avec une opinion plus précise, améliorée. C'est d'ailleurs cette dernière phase qui la distingue du débat, le but n'est pas à tout prix de convaincre l'autre mais de tirer des enseignements de ce dernier pour affiner sa propre position. C’est en confrontant deux visions différentes qu’on voit la tangibilité de nos choix et ce qu’il faut creuser au besoin. Cela permet également de soulever des points auxquels on n’aurait pas pensé autrement. Ce n’est pas qu’on est bête mais simplement qu’on a, justement, une expérience et un paradigme différents, ainsi, on ne pense pas toujours à tout. Cette phrase d'Hegel traduit donc la nécessité de surmonter nos différences pour en tirer le meilleur et, en conclusion, grandir.

Pourquoi je parle de ça? Récemment, j'ai posté sur mon Facebook politique une message faisant suite au second débat présidentiel et sur un certain candidat notamment. Des gens du bord opposé au mien ont alors exprimé leur désaccord. J'ai alors tenté d'expliquer mon raisonnement et ma pensée plus en détail. Mais je peux généraliser sur l'entièreté de ma page où, in fine, j'ai surtout des commentaires contestataires. Des amis plus proches de mes idées me demandent alors pourquoi je conserve ces personnes? Pourquoi je m'évertue encore et toujours à leur répondre alors qu'ils ne changeront pas? Pourquoi ne les virais-je pas de ma page pour pouvoir être en paix? La réponse réside dans cette citation de Hegel. C'est par l'apport de l'autre et surtout de ceux qui nous sont opposés que l'on grandit. C'est très bien de se sentir soutenu mais globalement, ça n'apporte rien. D'ailleurs, la plupart de ces personnes se contentent de mettre des likes plutôt que de mettre un commentaire avec des arguments complémentaires ou rebondir sur une chose qu'on a dite. Alors que les contestataires, eux, ce sont les premiers à réagir avec plus ou moins de véhémence. Ils vous challengent. Ils décident de confronter votre pensées par la leur. Cela se trouve, ils vont me prouver, par la solidité de leurs arguments et la cohérence de leur raisonnement, que j'ai tort sur un point. Ils auront alors "gagné" et réussi à me convaincre. Mais je n'ai pas perdu la bataille, il n'y a pas de perdant si on est capable de faire de la dialectique. Je me suis enrichi de cette discussion. Elle m'a apporté un complément. Alors bien sûr, sur le moment, ça peut faire mal. On se dit "ha il est chiant avec ses théories communistes/frontistes/centristes/gauchistes/droitards". Mais objectivement, c'est surtout eux qui nous pousse le plus à réfléchir, à se positionner davantage, à remettre en perspective ce que l'on croit. C'est en se mettant constamment en question, en nous poussant dans nos retranchements qu'on tend le plus vers l'objectivité.

J'entends beaucoup parler de tolérance, de vivre ensemble de part et d'autres. Je trouve hélas que ces mots ont perdu de leur substance. C'est devenu "supporter leur présence", ils sont là, on ne va pas les emmerder mais on ne se mêle pas plus. On "fait avec". Mais ce n'est pas ça le vivre ensemble, ce n'est pas ça la tolérance. C'est accepter l'autre, c'est s'enrichir de ses différences et l'enrichir également. Lorsqu'on est en entreprise, je me moque bien de la religion de mon collègue. On œuvre ensemble pour réaliser notre travail. Hé bien, ici, c'est pareil. On a des avis différents mais on échange et on s'apporte mutuellement pour atteindre un idéal, pour toucher du doigt la vérité. Car foncièrement, on n'est pas si différent que ça, on cherche tout à vivre dans un monde meilleur où l'on pourrait y être heureux. La manière d'y atteindre est différente mais l'objectif final est le même. Ce n'est donc qu'en surmontant nos altérités réciproques qu'on pourra s'élever.

Alors, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. J'adore être avec des personnes de mon bord. Je passe d'excellents moments avec eux et ça, rien ne le remplacera. Ce sont mes amis. Et ils m'apportent aussi énormément quand je discute profondément avec eux. On peut se donner des arguments, des exemples, des idées, parler de notre vécu et de nos expériences. On est là quand ça va mal, on s'entraide, solidaire. Moi, plutôt qu'un like de soutien, quand je vois qu'un ami se fait lyncher à cause d'un de ses propos, je lui montre mon soutien et apporte ma pierre au débat pour montrer les raisons qui l'on amené à dire ça. On explique, on fait de la sensibilisation, on débat. Les réunions politiques servent notamment à ça. La personne explique sa position et ses choix, pourquoi il a fait ça, pourquoi il lutte. En outre, je reste relativement convaincu de mes valeurs et bien qu'ouvert à la discussion, je reste sur un certain noyau dur, un socle de repères qui me sera très difficile de récuser. Mais je ne suis pas dans le rejet de l'autre.

Une chose que je trouve nocif aujourd'hui en politique est la polarisation de celles-ci. Il y a maintenant des chasses gardés. Des positions dites "de droite" et d'autres "de gauche". Je pourrai très bien l'expliquer mais Science4All a déjà fait une excellente vidéo que je vous invite à regarder <youtube>UIQki2ETZhY

On tend alors vers deux camps de plus en plus marqués, divisés et avec une vision de l'autre de plus en plus délétère. On se dirige vers un schisme politique et idéologique de plus en plus important. C'est regrettable sachant qu'on est amené à vivre tous ensemble. C'est en rejetant les gens comme on a tendance à le faire désormais et en vivant "entre soi" comme le pousse les sites comme Google, Facebook, etc, en favorisant des résultats proches de notre vision, qu'on se marginalise, qu'on se radicalise et ce n'est bon pour personne. Donc ami lecteur, vous pourrez continuer à "critiquer" au bon sens du terme (si c'est un reproche stérile, continuez à vous abstenir^^).

26 Nov

2017

Écrit Par  Yann Bidon

La peur de l'échec

Honoré lecteur, j’ai une question pour vous : « Qui a 4 pattes le matin, 2 pattes le midi et 3 pattes le soir ? ». Si vous avez répondu « L’Homme », vous avez réussi, mes félicitations ! Vous êtes intelligent et surtout cultivé. Je n’en attendais pas moins de vous, je sais que mon public est plutôt doué pour ce genre de choses.

Sachez que ce que je viens de faire n’est pas bien. On croit bien faire en louant l’intelligence des personnes. Ils ont correctement agit alors on les félicite, cela nous semble tout à fait normal. Hélas, cela peut les desservir. C’est, du moins, ce que tend à démontrer les travaux du docteur Carol Dwerk. Récompenser en cas de réussite amène surtout la personne à craindre l’échec. En effet, la personne peut réagir comme suit : « On me complimente car j’ai bien agi et c’est agréable mais que se passe-t-il si on ne réussit pas ? Je passerai pour un idiot. C’est nul ! Je dois réussir, je dois montrer que je suis intelligent ». Cela amène à une peur de l’échec et les incite ainsi à ne surtout pas prendre de risques, car ils risqueraient d’échouer, donc de « décevoir » et de passer pour un idiot. Ils vont alors fuir les situations périlleuses, ou s’ils les acceptent, ils se mettront une pression folle alors que l’anxiété est nocive. De même, on dénature l’objectif de la pratique. La finalité n’est pas d’avoir l’air intelligent mais d’apprendre quelque chose, de s’améliorer. Tout ça car on pousse, par les compliments, à une obligation de résultat. Tu veux des encouragements, faut que tu réussisses ! Sinon, tu n’auras rien ou pire, une remarque désagréable. Cela amène ces personnes à fuir les problèmes, cacher leurs échecs, critiquer un élément externe (celui qui a fait l’épreuve, le système, l’environnement, les conditions de l’épreuve) ou encore à feindre l’ennui et le désintérêt pour ne pas s’y frotter. Il faut au contraire changer de paradigme et non plus saluer le résultat mais les efforts déployés pour essayer d’y arriver. Si je posais un problème mathématique à un doctorant en math dont c’est la passion, sa résolution sera instantanée et sans effort. Si je pose la même à une personne pas matheuse mais que cette dernière cherche un moment, me pose plein de questions, s’interroge, essaie des trucs et finit finalement par y arriver, n’est-elle pas plus « méritante » d’un compliment ? L’effort est ce qu’on devrait saluer plus que le résultat. Et quand je dis effort, je parle de toutes les aptitudes et compétences qui ont pu être démontré durant la phase de recherches, comme la « persévérance », « la créativité », « l’ingéniosité », « le processus de recherche », « la maïeutique », ce que le Dr Dwerk appelle le processus (process en anglais).

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. En aucun cas, je ne veux mettre en avant l’échec et je ne fais absolument pas ça « car les pauvres bout-de-choux, faut les ménager ». Non, si vous me connaissez, j’exècre ce genre de réflexion. Je ne dis pas ça car c’est plus facile. Simplement, la peur de l’échec est une tare, vraiment. Si aujourd’hui, on n’ose pas assez entreprendre, c’est en parti à cause de ça. Quand on regarde les gens qui ont réussi, on y voit des génies, des gens incroyables et doués. On ne voit pas tous les échecs qu’ils ont subis en amont. Ainsi, Walt Disney a vu sa première société d’animation faire faillite, il s’est fait renvoyer d’un journal par manque d’imagination et lors de l’élaboration du parc d’attractions de nombreuses banques lui ont refusé tout financement (la légende dit dans les 300 refus mais ça, c’est la légende). Ford a fait couler 5 entreprises avant de réussir avec Ford Motor Company. Vous trouverez bien d’autres exemples illustres sur le net. Car le pire, ce n’est pas l’échec, mais de rater une occasion de construire quelque chose de formidable par peur d’échouer. Il est rare de réussir dès le premier coup. Tout simplement car on ne connaît que peu. Or, c’est par l’expérience qu’on apprend et même si on échoue, on a appris à connaître. Nous ne sommes plus en terre inconnue mais en terrain connu. L’échec doit être une opportunité d’apprendre. Si on tombe, c’est pour mieux remonter. Remonter plus fort, plus averti, plus alerte. C’est une occasion de tirer parti de ses erreurs. Et on est ainsi dans une démarche d’amélioration continue. L’échec n’est qu’un jalon vers une maitrise supérieure et une perception accrue. Ainsi, il ne faut pas valoriser l’échec mais faire cesser cette phobie paralysante.

En outre, les valeurs que l’on prêche comme « la sensibilité artistique », « l’intelligence », « la culture » sont perçues comme des aptitudes…je ne dirai pas inné car la culture n’est pas inné…mais disons « on l’a ou on ne l’a pas ». Cela sert parfaitement d’excuses quand on ne veut pas faire quelque chose. Combien de fois ai-je entendu « Non mais je ne suis pas bon avec les chiffres » pour justifier ne pas s’intéresser aux maths ? Pourtant, il n’y a à aucune aptitude qui est fixé dans le marbre. C’est seulement par la pratique qu’on en apprend la maitrise. Il n’y a pas de dons absolus innés que personne ne pourrait égaler. Il y a des facilités, des personnes qui vont avancer plus ou moins vite. Mais avec du travail, on pourrait atteindre leur niveau. Il n’y a rien d’inaccessible. Simplement, à un instant T, certains ont assimilé des choses et d’autres non. Mais plutôt que taper sur les doigts de celui qui échoue, ce qui va juste l’inciter à décrocher, on lui dit qu’il n’a pas encore acquis tel concept. Une école à Chicago a développé le concept du « yet », « encore » en français. « X didn’t understand this concept…yet ». C’est un petit mot, c’est tout bête et peut paraître anodin si ce n’est anecdotique mais croyez-moi ça compte. Et ce n’est pas moi qui le dit mais les études éprouvées du Dr Dwerk.

Elle a formalisé cela en deux concepts : Fixed Mindset et Growth Mindset. Lorsqu’on est dans un état d’esprit « fixed mindset », on pense « on n’est bon ou on ne l’est pas », « je n’aime pas échouer », « je n’aime pas les challenges trop élevés », « si tu es meilleur, je me sens menacé », « mes compétences déterminent tout », « si je bloque trop, je ragequit », « j’aime qu’on salue mon intelligence ». À l’inverse, lorsqu’on est en « growth mindset », on pense « Avec un peu d’efforts, je peux apprendre n’importe quoi », « je me challenge sans cesse pour toujours progresser », « Si j’échoue, c’est une occasion d’apprendre », « si je bloque trop, je reprends calmement et m’opiniâtre », « j’aime qu’on salue mes efforts et ma persévérance». On prend deux groupes d’élèves de sorte que la moyenne des notes soit sensiblement la même. D’un côté on utilise tous les préceptes que j’ai susmentionné et de l’autre, on garde le système normal. Au départ, les deux évolueront pareillement mais au bout d’un moment, les notes du groupe « Growth Mindset » augmenteront. Cela s’explique simplement. Leurs finalités sont différentes, les fixed mindset veulent paraître intelligents alors que les growth mindset ont une appétence à apprendre de nouvelles choses quitte à échouer lamentablement. Mais ce n’est pas grave, c’est juste qu’ils n’ont pas ENCORE acquis ce qu’il fallait mais cela viendra avec du temps, de la volonté et de la pratique.

Ses traits de caractère ne sont pas immuables. Un « fixed mindset » peut devenir un « growth mindset ». Ce n’est pas évident, cela demande un travail sur soi et la perte de certains réflexes comme celui de s’autoflageller en cas d’erreur (ne plus se dire « t’es nul, bon à rien, tu n’y arriveras jamais »). C’est vraiment une nouvelle vision des choses et ça ne se change pas comme ça. Mais franchement, cela en vaut la peine. Ne plus sentir le poids de l’échec, ne plus se scarifier à chaque erreur, ne plus craindre d’avoir l’air idiot, ne plus chercher à se mettre en avant et réussir à tous prix et en toutes circonstances, c’est un soulagement énorme et de l’anxiété et du stress en moins. Et le must est qu’en plus, vous grandirez plus vite. On a donc tout à y gagner à passer au growth mindset. Et cela commence déjà par vous-même sur les remarques que vous vous faites et celles que vous faîtes aux autres. Saluer les efforts et le processus plus que le résultat.

01 Oct

2017

Écrit Par  Yann Bidon

La hiérarchie céleste, angelologie

L’Angélologie désigne l’étude des anges ou plus exactement de la hiérarchie céleste car comme vous le verrez prochainement, les anges ne sont qu’une infime partie de cette hiérarchie. Je précise en amont que je ne suis pas un croyant mais que ce genre de sujets m’intéresse et j’en parle comme je peux parler de la mythologie grecque. Voyez donc cet article comme les résultats de recherches d’un curieux fasciné par les histoires. Notez également que je vais parler de l’angélologie de l’Église Catholique Romaine et non celle de la Kabbale ou de l’Islam.

L’Angélologie n’est pas une matière à prendre à la légère. C’est une discipline inculquée dans les universités pontificales en cours d’angélologie et démonologie pour tous les prêtes souhaitant devenir exorciste. Pour cela, l’Église Catholique Romaine se base sur les travaux de Saint Thomas d’Aquin, auteur de la Somme Théologique, qui s’est lui-même basé sur les travaux de Pseudo-Denys l'Aréopagite. La hiérarchie céleste se composerait de 9 chœurs réparties dans 3 degrés.

Le 1er degré


Le 1er degré est chargé de l’interaction avec la Terre. Elle représente l’action de Dieu avec nous.

Les anges



Parmi les entités célestes que l’on connaît le mieux, les anges occupent une bonne place. Et c’est normal compte tenu de leur rôle. Ce sont les messagers de Dieu. Ce sont les intermédiaires entre le monde céleste et le monde d’ici-bas, ce qui explique que ce sont les êtres dont on a le plus de témoignages de manifestations dans les écrits bibliques. Leur rôle est de nous guider sur le droit chemin. Saint Basile énonce que chaque personne possède un ange gardien qui veille sur lui. Cela peut être cohérent car bien qu’on ignore leur nombre total, on sait que leur nombre est à minima de 10 mille millions (Daniel 7.10). En outre, les anges ne se marient pas ni ne meurent (Luc 20.34-36). La vision de l’ange ailé ne date que du IVe siècle après J.C. Les anges sont sous la direction de l’archange recteur d’Ordres Gabriel, qui éveille notre ressenti.

Les archanges



En témoigne le préfixe arch-, les archanges sont des anges supérieurs. Ce sont des messagers exceptionnels de Dieu pour les nouvelles importantes comme pour l’Annonciation. Ce sont des anges plus puissants qui n’hésitent pas à combattre physiquement comme lors de la bataille de 21 jours entre l’armée perse et l’archange Michel (ou Michaël) et Daniel (Dan 10.13).

Seul 3 archanges apparaissent dans la Bible, on a Michel, prince de la milice céleste, Raphaël, protecteur des voyageurs et Gabriel, le messager céleste. Toutefois, le livre apocryphe d’Enoch en présente d’autres tels que Ouriel/Uriel, Ragouel/Raguel, Sariel, Rémiel, Barachiel, Jéhudiel, Seatiel. À la question, pourquoi toujours un nom en -el, tout simplement car êl en hébreu désigne Dieu. Michel par exemple vient de Mîkhâ'êl qui signifie « Qui est comme Dieu ».

Il faut savoir que chaque chœur est dirigé par un archange. Celui prend le nom d’archange recteur d’Ordres. Oui, les archanges sont juste le second niveau. Donc certains archanges dirigent des entités célestes plus importantes qu’elles. Mais n’est-ce pas le fils de Dieu qui a dit « les premiers seront les derniers » ? Pour les archanges, l’archange recteur d’Ordres est Raphaël qui éveille notre discernement.

Les Principautés



Au sommet du degré des anges, on trouve les principautés. Ces derniers dirigent et éclairent les anges et archanges. Ils sont les gardiens non pas des personnes mais des grandes cités, des pays voire des continents ainsi que des grandes communautés et institutions (notamment l’Église). Leur mission est de veiller à l’exécution du plan divin (dont ils sont informés par les sphères d’en haut) et ainsi de conserver et d’alimenter la foi dans les régions dont ils ont la charge. Ce sont des êtres unificateurs qui doivent souder leur région d’influence par l’Amour divin et peuvent s’appuyer sur les niveaux inférieurs pour cette tâche.

Dans l’iconographie qui nous vient de Byzance, les principautés sont des êtres grands et majestueux, vêtus d’une armure et équipés d’armes de combat tel que des haches et des lances. Outre l’aspect guerrier, ils portent une couronne et sont munis d’un sceptre, artifices propres au rang de principauté. Leur archange recteur d’Ordres est Haniel qui nous aident à ouvrir notre cœur.

Le 2nd degré



Le 2nd degré est celui qui se charge de transmettre la lumière divine et les commandements de Dieu. C’est également le bras armé chargé de lutter contre les démons.

Les Puissances



Les puissances sont un ordre établi garant de l’équilibre cosmique, entre le ciel et la Terre. Les anges de la naissance et de la mort font partie de cet ordre. C’est notamment eux qui gèrent la distribution des pouvoirs terrestres et arbitrent entre les différentes Principautés. C’est d’ailleurs de ce rôle que leur vient leur nom. Elles veillent au respect du plan divin et se doivent d’éliminer tous les obstacles allant à l’encontre de celui-ci.

Pour cela, leur domaine est plus spécifiquement la nature humaine. Ils sont chargés de hisser l’humain vers la parole divine et de chasser toutes corruptions et vicissitudes des forces du mal, représenté par les démons. L’Homme ne peut accéder à l’Amour, la Justice et la Vérité de la triade supérieure qu’en étant pur et intègre. Leur rôle est alors de faire en sorte qu’ils le restent en chassant tous perversions. Ils sont les gardiens de l’Histoire collective et de la conscience. Ce sont eux qui purgent les Justes et leur permet d’avoir une foi sans faille ni doute. Etant donné que c’est les prêtres qui guider les Hommes vers Dieu sur le plan terrestre, les Puissances veillent sur ces derniers et au bon exercice de leurs fonctions sacerdotales. Ce sont des guerriers de Dieu et lui sont entièrement dévoués, on les représente ainsi portant une armure et un casque et avec des armes offensives tels des lances et défensives tels des boucliers. Leur archange recteur d’Ordres est Camael qui nous aide à rayonner.

Les Vertus



Les Puissances chassent les démons mais ça ne suffit pas, il faut élever l’Homme. Il faut qu’il découvre sa vraie nature, son rôle à jouer dans ce monde pour qu’il puisse pleinement participer à l’œuvre de Dieu. Les Vertus sont là pour diffuser massivement l’énergie divine et donnent la force dans le cœur des Hommes pour entreprendre leurs grands desseins. La chaleur qui irradie notre cœur vient d’eux. C’est eux qui déclenchent notre appétit spirituel, notre quête de nous-même, notre introspection. Et une fois nos objectifs déterminés, ce sont eux qui nous donne le courage et la ténacité de les mener à bien. Ce sont eux qui donne l’énergie aux pêcheurs de ne pas abandonner et succomber aux sirènes du côté obscure.

Les Vertus gèrent le monde matériel et assurent le maintien des lois qui la régissent (comme celles de la physique par exemple). Par leur volontiers ou quand l’ordre leur est donné, ils ont la capacité de briser occasionnellement ces règles et engendrer ainsi un acte habituellement impossible. C’est ce qu’on appelle un miracle. Lorsque miracle il y a, c’est qu’une Vertu l’a autorisé. Maitre des miracles et prodiges, ils sont souvent représentés avec un livre et/ou une baguette. L’archange recteur d’Ordres est Michael qui nous pousse à agir.

Les Dominations



Au sommet de cette seconde sphère se trouve les dominations. Ce sont les esprits les plus élevés en dignité, libérés des passions, dépravations et tentations. Ainsi, ils sont dignes de recevoir les ordres de Dieu. Ayant pris connaissance des directives divines, les dominations vont commander tous les groupes célestes inférieurs afin de réaliser ces ordres. Ce sont les bureaucrates célestes, ce sont eux qui ont les ordres et gouvernent tous les autres afin de les réaliser. Ce sont des dirigeants, des donneurs d’ordres, d’où leur nom, les dominations. Bien que lié aux affaires d’ici-bas, ils ne manifestent quasi jamais sur le monde terrestre et laisse ça aux niveaux inférieurs. Ils luttent contre ce qui enchaine l’âme des Hommes comme les mauvaises habitudes, les addictions, l’obscurantismes, les préjugés, les superstitions et les attachements serviles. Ils inspirent à la purification des désirs et des passions même s’ils laissent le libre arbitre aux Hommes.

Les Dominations sont représentées dans des forme humaines mais d’une beauté angélique. Ils ont les attributs princiers (le sceptre et la couronne) mais ont également l’orbe de lumière ornant leur sceptre ou le pommeau de leur épée s’ils ne la portent pas à la main. Leur archange recteur d’Ordres est Zadkiel qui nous aide à gérer.

Le 3e degré



Le 3e degré est composé d’êtres célestes qui ont le privilège de servir Dieu, de l’approcher et le contempler. Ils incarnent les trois dimensions spirituelles transcendantes de Dieu que sont l’Amour, la Vérité et la Justice.

Les Trônes


Pour être un trône digne d’un roi, ce dernier doit être élevé, beau et solide. Ce sont trois attributs (l’élévation, la beauté et la solidité) que l’on retrouve dans le chœur des Trônes. Ils sont l’incarnation de la Justice et de l’Autorité divine. Ils sont la fondation du monde et veillent sur les planètes. Ils ont le privilège de servir de siège à Dieu d’où leur nom.

De nombreux passages bibliques les évoquent et pourtant, ils n’ont pas d’iconographie fixe, on ne les représente guère dans nos monuments ecclésiastiques. Leur archange recteur d’Ordres est Zaphkiel ou Cassiel qui nous aide à assumer.

Les Chérubins



Si je vous dis un petit angelot nu avec de petites ailes, ça vous parle ? Eh bien sachez que ceci est un Putto, une catégorie d’ange du premier niveau surtout utilisé dans les représentations artistiques mais ce n’est point un chérubin. Décris plusieurs fois dans la Bible, Dieu demanda à ce qu’on les sculpte sur l’Arche d’Alliance et en donne la description dans l’Exode 25:18-22. De même, on a leur description dans leur sculpture dans le temple du roi Salomon dans 1 Roi 6.23-28. Ce serait des êtres jeunes avec une paire d’ailes. Toutefois, Ézéchiel prétend en avoir vu un en vision et avait une forme totalement différente. C’était un être à 4 têtes, une d’un homme, une d’un veau, une d’un lion et une d’un aigle. Ce dernier leur donne également 6 ailes. On parle de chérubins tétramorphes.

Leurs attributs sont la sagesse et la science. Ils sont là pour guider les chercher vers la Vérité et la compréhension de ce monde. Ce sont également les gardiens des secrets divins et les délivrent qu’aux êtres en étant digne. Ils représentent les astres et les constellations dont la lumière lointaine nous semble inaccessible mais dont nous sommes malgré tout capable de percevoir. Ils protègent l’arbre de la Vie ainsi que le jardin d’Eden avec leur épée flamboyante. Enfin, ils protègent Dieu et son domaine. Leur archange recteur d’Ordres est Raziel qui nous aide à nous éveiller.

Les Séraphins



Voici enfin le chœur supérieur à tout autre : les séraphins. Ces êtres brulent littéralement de l’Amour de Dieu. Ils sont si brillants qu’aucun être inférieur ne peut le regarder fixement. Doté de 6 ailes, ils sont alors obligés d’utiliser 2 ailes pour se masque le visage et 2 ailes pour se cacher le reste du corps pour ne pas bruler les yeux de son interlocuteur de l’Amour véritable. Les 2 dernières ailes lui servent à voler. Ils entourent Dieu et chantent ses louages.

Ils sont le feu purificateur qui brule les pêchers et notamment les 7 pêchers capitaux. Ils aident les Hommes à trouver le sens de la vie et leur voie. Ce sont ces anges qui émettent la lumière divine et tous les chœurs inférieurs ont mission de transmettre leur lumière aux Hommes. L’archange recteur d’Ordres est Métatron qui nous aide à participer au plan divin.

04 Aug

2017

Écrit Par  Yann Bidon

Empêcher l'autocomplétion d'un champ par le navigateur

Salut à toutes et salut à tous,

Lorsqu'on met le focus sur un champ, les navigateurs modernes nous proposent l'historique des saisis pour les champs du même "name". Cette fonction peut être bien pratique. Toutefois, il arrive qu'on souhaite désactiver cette fonctionnalité, notamment quand on fait des jeux où la vitesse de saisi importent.

Heureusement, le HTML5 a pensé à cette problématique et a ajouté aux balises input un nouvel attribut nommé "autocomplete" prenant comme valeur on et off. Découvrez comment l'utiliser dans cette courte vidéo.

Bon visionnage ;)

<youtube>VgVl2GEUVPo?rel=0&hd=1

16 Apr

2017

Écrit Par  Yann Bidon

Le vote utile

2002, la France se prépare à voter pour la présidentielle d'avril. Après 5 ans de cohabitation, le président sortant, Jacques Chirac, officiellement investi par le RPR, et le premier ministre sortant, Lionel Jospin, officiellement investi par le PS, sont donnés comme favoris. Comme je l'ai déjà expliqué dans un précédent article dénonçant les dérives de notre système électoral, ce dernier favorise le bipartisme. Ainsi, tout le monde s'attend à un duel au sommet entre Jospin et Chirac. La presse se faisait écho du duel de titan à venir et tout deux menèrent une grande campagne. Je me souviens d'un journaliste qui proposait à Jospin différent scénarios et un d'eux était "et si vous n'étiez pas au second tour", ce à quoi Jospin avait répondu qu'il avait beaucoup d'imagination mais que cette dernière a quand même ses limites. Il était persuadé d'être qualifié au moins au second tour.

Et c'est compréhensible, il a le système avec lui. Ce dernier favorise le bipartisme car en votant pour un parti tiers (dont on peut être plus proche) mais qui est plus petit, on pénalise le plus grand candidat proche de nos valeurs et principes. Notre voix, bien qu'importante pour ce petit candidat, est "perdue" dans le sens où elle n'est valable qu'exclusivement pour ce petit candidat qui n'a, en théorie, aucune chance d'être élu. Elle se fait alors au détriment du "grand" candidat le plus près de notre tendance politique et favorise ainsi le camps opposé quel qu'il soit. De là est né le principe de vote utile. On est incité à ne plus voter pour le candidat qui nous est, dans l'absolu, le plus proche mais le grand candidat de la tendance qui nous est la plus proche. Qu'on soit clair, ceci est un fléau anti-démocratique. Je le dénonce mais pour l'heure, le système électoral est ainsi fait. Alors on a le second tour pour reporter nos voix sur les "grands" mais encore faut-il que ces derniers soient qualifiés. Or, contrairement aux législatives où au dessus d'un certain pourcentage, on est qualifié au second tour, donnant ainsi des seconds tours à trois voire quatre candidats, les présidentielles ne prennent que les deux meilleurs, point. Le vote utile est alors encore plus impératif.

Sauf qu'en 2002, les gens n'ont plus voté utile. Cela peut s'expliquer par plusieurs choses (une élection étant toujours complexe). Tout d'abord, la campagne médiatique pro-jospin qui le plaçait en grand vainqueur. En conséquence, certaines personnes se sont dit "je peux me permettre pour une fois de voter pour mes réelles convictions car de toute façon, il sera qualifié, ce n'est pas ma voix qui va changer quoi que ce soit" (sauf que si tout le monde se dit ça...). En outre, Jospin avait un programme assez proche de Chirac et on lui reprochait de ne pas avoir un programme assez socialiste. Ainsi des gens de gauches ont préféré voter pour d'autres candidats plus à gauche. Ainsi, en 2002, les "petits partis" ont eu de bons résultats comme Arlette Laguiller de "Lutte Ouvrière" avec 5.72%, Noël Mamère de "Les verts" avec 5,25 %, Olivier Besancenot de la "Ligue communiste révolutionnaire" avec 4,25 % ou encore Robert Hue du "Parti communiste" avec 3,37 % et pour le lol, Christiane Taubira du "Parti radical de gauche" avec 2,32 %. Sauf qu'à coup de 4/5% par ci par là, ils réduisent le pourcentage restant. La droite relativement unie derrière Chirac eu 19,88 % des voix et l'extrême droite est toujours unie derrière la figure de Jean-Marie Lepen avec 16,86 %. Finalement, avec l'éparpillement des voix de gauche, Lionel Jospin ne remporte que 16,18 %. Et c'est ainsi que le favori fut finalement écarté dès le premier tour de la fonction suprême. Au final, le fait qu'on le déclare favori l'a plus défavorisé qu'autre chose. Et c'est ainsi que le peuple de gauche a dû se résoudre à choisir entre Lepen et Chirac (ou ne pas voter ou voter blanc mais qui sont, à ce jour, sans incidence). Jospin n'a pas su mobiliser derrière sa candidature, il n'a en réalité pas su appeler les gens à voter utile. Alors évidemment, on ne le dit pas, on ne dit pas au gens "voter utile" car ça fait mauvais genre. On préfère diaboliser le camps opposé tel que "voter pour moi ou vous aurez un tel ou un tel après". Mais ne nous leurrons pas, on demande à voter utile. Tout simplement car sans ça, de grands partis peuvent s'écrouler (face à un autre grand parti opposé et jamais en faveur d'un petit parti de notre bord car sinon ça aurait pu être cool).

Marquez par cet événement inattendu, les partis se sont alors organisés pour endiguer cette situation. La réponse trouvée fut d'organiser des primaires en amont de l'élection officielle. L'idée est de réduire ainsi les candidatures divergentes mais proches en faisant une pré-sélection en interne afin de présenter un candidat porté par une tendance politique unie! Hélas, on n'est pas doué à ce jour. On l'a vu lors de la primaire socialiste de 2012, lors de la présidence de l'UMP, lors de la primaire socialiste et de droite de 2017. Lors des campagnes pour les primaires, on se met tellement sur la gueule qu'au final, il est relativement compliqué de nous rabibocher après. Alors on peut se mettre en mode "suiveur" car on a perdu mais on n'est pas aussi impliqué et uni que cela. Et au final, je juge que les primaires font plus de mal à notre famille politique que si c'était nommé. Ok, on sera frustré si notre poulain n'est pas choisi et on gueulera contre le président du parti et les instances dirigeante et d'investiture mais au moins, il n'y a pas cette campagne de guerre, de dénigrement, etc. Donc pour moi, les primaires, bien que créées en réponse au vote utile et à l'éparpillement des voix, ne sont absolument pas la solution.

Bien qu'une infamie, aujourd'hui, je ne peux qu'appeler à voter utile pour les élections de 2017. Je sais que Fillon a de nombreuses casseroles mais je ne vote pas pour un saint, je vote pour un programme. Et celui de François Fillon est celui qui me correspond le plus. Je peux être déçu par l'homme, mais il est hors de question pour moi d'aller me rabattre sur des petits partis comme Debout la France. J'ai toute la sympathie du monde pour Nicolas Dupont-Aignan mais voter pour lui, c'est retirer une voix à Fillon. Or le duel sera très serré pour le second tour et je ne veux pas pénaliser ma tendance politique. Me retrouver avec un duel Marine Lepen - Jean-Luc Mélenchon ou Marine Lepen - Emmanuelle Macron, très peu pour moi! Si la France continue encore 5 ans dans ces dérives, on ne s'en relèvera pas. Il faut des reformes profondes. Si vous avez des valeurs de droite, ne vous abstenez pas, ne votez pas pour un petit parti, votez pour le seul qui a les capacités d'être élu et qui est de votre bord. C'est le seul moyen pour que votre tendance politique soit représentée au second tour. C'est triste...mais le système est ainsi fait.

26 Mar

2017

Écrit Par  Yann Bidon

Initiation au jeu de Nim

J’ai envie de débuter une série d’articles sur la théorie des jeux. C’est un domaine particulièrement intéressant des mathématiques et surement un des plus ludiques. Je vous propose de démarrer par une catégorie extrêmement simple de jeux qu’on appelle couramment les jeux de Nim.

Pour ceux qui l’ignorent, les jeux de Nim sont une catégorie de jeux où deux joueurs s’affrontent au tour par tour et qui consistent à prendre ou déplacer des objets en respectant certaines règles pour passer d’un état à un autre (sans avoir la capacité de revenir à un état précédent) jusqu’à atteindre une position de victoire. Cela a l’air assez flou comme ça, n’est-ce pas ? C’est normal, c’est une définition générique car les jeux de Nim englobent un nombre de jeux assez large même si derrière, il y a toujours la même logique. Un des jeux de Nim les plus connus a été rendu populaire à notre époque par une épreuve de Fort Boyard, celle des bâtonnets. Deux joueurs ont devant eux un plateau où se tient un certain nombre de bâtonnets. À chaque tour, le joueur a la capacité de retirer un, deux ou trois bâtonnets. Celui qui retire le dernier bâtonnet a perdu. Ceci est un jeu de Nim, on a deux joueurs qui alternent, chacun peut retirer un certain nombre d’objets fixé par les règles initiales et on arrive à une situation finale qui est de vider le plateau tout en sachant que celui qui prend le dernier perd. En outre, il est impossible de retourner à un état précédent car on ne peut que retirer des bâtonnets. À l’inverse, les échecs par exemple ne sont pas un jeu de Nim car on peut totalement revenir à une position antécédente. Par exemple, je bouge mon cavalier, mon adversaire fait de même puis je remets mon cavalier à sa place initiale et mon adversaire fait de même. Ici, on vient de passer d’un état de l’échiquier à un autre strictement identique. Cela signifie que tout ce qu’on va voir pour être sûr de gagner dans un jeu de Nim ne peut pas s’appliquer dans un jeu d’échec.

Je me dois également de préciser certaines caractéristiques inhérentes au jeu de Nim. Il n’y a pas, dans un jeu de Nim, de notion de hasard. Si je prends l’ensemble des jeux avec des dés par exemple, tel que les petits chevaux, ce ne sont pas des jeux de Nim. C’est également un jeu qui se doit d’avoir ce qu’on appelle des informations complètes et parfaites. Cela signifie qu’on connait exactement l’ensemble des variables qui constituent le jeu. Dans mon jeu des bâtonnets, je vois combien de bâtonnets au total et je sais combien moi et mon adversaire avons la capacité de retirer. À l’inverse, la plupart des jeux de cartes ne sont pas des jeux de Nim tel que le Black Jack ou le Poker car nos informations ne sont pas complètes et parfaites tant on ignore la main de nos adversaires. Là encore, pour ces jeux, c’est d’autres stratégies qu’il va falloir adopter que celle du jeu de Nim. Enfin, un jeu de Nim est un jeu à somme nulle. Cela signifie que si je gagne une manche alors l’autre joueur en perd obligatoire une. Il n’y pas de situations où tout le monde est vainqueur ou perdant. Vous notez que tout ça est assez restrictif mais c’est normal, on a dit qu’on commençait simple. On ne va pas se lancer dans des probabilités ou des graphes à circuits.

Dans tout jeu de Nim, la stratégie est la suivante. La phase la plus complexe est la première, il va falloir lister l’ensemble de tous les états possibles du jeu. En un sens, ce n’est pas difficile, c’est juste long et rébarbatif. Après, on a des ordinateurs pour faire ça maintenant. Ensuite, on tisse les liens qui, en fonction des règles, nous permette de passer d’un état à l’autre. Imaginons dans notre jeu des bâtonnets (qui se fait très bien avec des allumettes aussi), on commence avec 12 éléments alignés. On a donc une liste décroissante de 12 à 1 et comme on peut retirer un, deux ou trois à chaque tour, alors chaque élément est lié à son élément-1, élément-2 et élément-3. Cela nous donne le graphe orienté suivant :

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Une fois le graphe fait, vous venez de faire le plus dur du travail. Maintenant, il faut déterminer les états finaux. Dans le cas de notre jeu de bâtonnets, il n’y en a qu’un. C’est quand il en reste plus qu’un. En effet, si on arrive à la fin de notre tour au cas où il n’en reste plus qu’un, on a gagné car l’autre n’a d’autre choix que de le retirer. Mais dans d’autres jeux de Nim, il peut y avoir plusieurs états gagnants. Le but est de les répertorier. À partir de là, on va voir tous les états qui pointent sur eux. Dans notre cas, par exemple, on a le 2, 3 et 4. Ces cas sont considérés comme perdants. Pourquoi ? Car si à la fin de votre tour, vous atterrissez sur un de ces états, votre adversaire peut atteindre la position gagnante et donc vous perdez. On ne veut pas ça. Par contre, c’est tout le sort qu’on souhaite à notre adversaire. C’est pour ça que nous allons chercher un état qui ne mène qu’à des états perdants. Est-ce qu’on a cela ? 5 mène à 2, 3 et 4 qui sont tous perdants. Ainsi, si j’arrivais sur 5, mon adversaire n’aurait d’autres possibilités que de venir sur un état perdant. On dit que 5 est un état gagnant. Et comme 5 est un état gagnant, on reproduit le même processus qu’avec 1. Les états qui pointent dessus sont déclarés perdants et on cherche un état qui pointe que sur des perdants. Il devient un nouveau gagnant et on continue jusqu’à arriver à l’état initial. Ces éléments gagnant sont appelés noyaux. Dans notre cas, on arrive au résultat suivant :

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Comme notre logique est bien faite, on note que les éléments du noyau peuvent être tous atteint en deux tours. C’est trivial vu que les perdants pointent forcément sur un gagnant et qu’un gagnant ne pointe que sur des perdants. Ainsi, si à la fin de votre tour, vous arrivez sur une situation gagnante, alors vous êtes sûr de gagner si vous jouez bien. Votre adversaire n’ayant pas le choix de tomber sur un cas perdant, vous devrez alors rejoindre le prochain cas gagnant. Si votre êtes sur 9 et que votre adversaire en retire 3 et atterrit donc sur 6, n’allez pas sur 4 mais sur 5. De même, si vous commencez, allez vite en 9 en en retirant 3.

Ainsi, les jeux de Nim ne sont guère intéressants si on joue avec des personnes éclairées car dès le début, vous pouvez savoir qui a gagné ou perdu. Je prends par exemple, le morpion ou tic-tac-toe, je pense qu’on y a tous joué étant enfant. Une fois qu’on sait bien y jouer, au bout du second coup, on sait si on gagne ou si on fait un match nul (si le joueur joue bien, car sinon, il peut commettre des erreurs et on peut les exploiter pour gagner). Après, bien que déterminable, on ne s’amuse pas toujours à calculer les noyaux d’un graphe dans notre tête. Car créer le graphe peut s’avérer parfois complexe bien que possible. Par exemple, si je prends le puissance 4, le nombre de configuration possible est énorme. Mais on peut le faire (ce qui me permet de vous dire que si deux joueurs jouent parfaitement au puissance 4, si le premier joueur met son pion au milieu, il est assuré de gagner et à l'inverse s'il le met sur les extrémités, il est assuré de perdre). Malgré tout, sur les Nim, cette stratégie marche toujours. Je vous laisse l’essayer sur ce petit jeu. Vous et votre adversaire vous retrouvez devant cette pile. À chaque tour, vous devez retirer un morceau. Attention toutefois, Si vous prenez une pièce, vous êtes obligé de prendre toutes les pièces qui sont au-dessus de celle-ci. Celui qui prend le dernier morceau avec le crane a perdu. Vous débutez, quelle pièce devez-vous prendre ?
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