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La morale douteuse des comptines

02 Nov

2014

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Écrit Par  Yann Bidon
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La morale douteuse des comptines

Alors aujourd'hui, j'ai décidé d'attaquer les comptines de notre enfance. Car on adore les chanter aux enfants et une fois adultes, on a souvent quelques réminiscences, souvent la ritournelle mais on n'oublie souvent de quoi elles parlent réellement.

Alors attention, je ne parle pas des sens cachés. Beaucoup de comptines sont en fait des chansons paillardes masquées, déguisées. Mais celles-ci sont tellement camouflées qu'on ne les comprend même plus. Ainsi "Il court, il court, le furet" est une contrepèteries anticléricales donnant "il fourre, il fourre, le curé" ou encore dans "Au clair de la Lune", "faire le briquet" peut effectivement dire faire des étincelles pour allumer un feu ou autre, mais c'est aussi une ancienne expression pour dire "faire l'amour"...La chandelle prend de suite un autre sens. Ou encore dans "Il était une bergère", cette chanson prend tout son sens quand on connait l'ancienne expression "laisser le chat aller au fromage" qui signifie "avoir perdu son pucelage". Mais cela est suffisamment enfoui que nos petites têtes blondes ne sauraient comprendre.

Toutefois, il y a des comptines qui traitent dans leur narration de choses discutables et ce, de manière totalement explicite et compréhensible par les enfants. Intéressons-nous par exemple à "Mère Michel". Vous savez "C'est la mère Michel qui a perdu son chat, qui crie à la fenêtre à qui le lui rendra. C'est compère Lustucru qui lui a répondu: Allons Madame Michel votre chat n'est pas perdu"...Mais que se passe-t-il après déjà? Je vous propose de l'écouter en entière.

Donc récapitulons l'histoire, une femme perd son chat. Un homme le retrouva mais plutôt que lui rendre naturellement, il préféra lui soutirer une récompense. La pauvre mère Michel, victime d'un odieux chantage, céda et décida, tout ingénue, d'accorder un baiser au père Lustucru. Mais le père Lustucru est mercantile et préfère le vendre... Leçon de la comptine, soyez des connards et quand vous trouvez un truc qui ne vous appartient pas, soutirer une récompense au propriétaire ou vendez le. Bravo, clap clap. Juste comme ça, cela s'appelle du vol si vous avez les moyens de le rendre à son propriétaire et que vous ne le faîtes pas.

D'autres sont plus glauques comme par exemple "Il était un petit navire". Vous allez me dire que c'est mignon "il était un petit navire, il était un petit navire, qui n'avait ja-ja-jamais navigué, qui n'avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé" et "ohé ohé matelots, matelots naviguent sur les flots, ohé ohé matelot, matelots naviguent sur les flots". Oui, ça c'est mignonnet. Écoutez la suite:

Encore une fois, résumons, c'est un petit navire qui n'avait jamais navigué. Je pense que le navire est une litote pour parler de l'équipage du navire car ils manquent clairement d'expérience vu que ces derniers n'ont pas apportés assez de vivres. Du coup, ce qui devait arriver arriva et les vivres vinrent à manquer. Du coup, ils se sont dit qu'il allait se bouffer entre eux. Bon, la chanson se finit bien car après une prière, des poissons sauteurs jaillirent de l'eau pour tomber sur le navire. Mais quand même, c'est une chanson cannibale. Cela parle de manger des humains. Quand vous n'avez plus rien à manger les enfants, mais mangez vos compagnons allons. Cette chanson aborde ce sujet tellement légèrement avec des questions genre "à quelle sauce on va le manger?" ou encore "on doit le faire cuire ou le fricasser (poêler)?" ... Mais oui, écoutez cette belle ritournelle les enfants, elle est géniale...

On continue? "Ah les crocodiles", cela vous parle? "Ha les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles, sur les bords du Nil, ils sont partis, n'en parlons plus.". Bon, je ne vous fais pas languir plus que ça, je vous invite à écouter la comptine :

Il manque le dernier couplet où le crocodile, par cette crainte, retourna auprès de ses petits enfants et l'éléphant devient tout fier. Rien de bien utile. Bref, déjà une comptine qui parle de guerre, ça me gène un peu. L'enfant va alors nous demander "c'est quoi la guerre?" et on va lui devoir lui expliquer qu'on aime s'entretuer. Mais passons, la chanson montre bien que la guerre n'est pas joyeuse puisque le crocodile y va en reculons, ses pieds traînant dans la poussière. Ce qui m'interpelle plus, c'est la fin de la chanson. Le crocodile part en guerre contre les éléphants, il tombe sur un. Que fait-il? Il fuit. Alors vous allez me dire "c'est pour dire au enfant que la guerre, c'est mal, faut dire non à la guerre". Oui, on peut dire non à la guerre mais dans ce cas, on n'y va pas. Là il part en guerre et face au combat, il fuit. Cela s'appelle de la désertion. Tout d'abord c'est lâche et c'est illégal et vous ne souhaitez pas aller en cour martial, croyez moi. On promeut la couardise! En plus, le dernier couplet le souligne bien, c'est par crainte qu'il a fui. Donc vous avez une peur? Surtout ne l'affrontez pas, fuyez les jambes à votre cou rejoindre votre petit cocon familial.

Une dernière pour la route? Allez "À la claire fontaine". Elle n'a pas une réelle morale douteuse, elle n'est pas méchante. Mais écoutez là, c'est quand même une grosse chanson de dépressif:

C'est l'histoire d'une fille toute triste car elle aime un garçon (horrible). Le garçon se propose avec un bouquet de roses (trop romantique :please: )... Mais elle le refusa ( Oo mais pourquoi?) mais elle souhaite le garder comme ami. Forcément, le garçon, venant de se faire friendzoné, la quitte définitivement. Et elle, elle pleure, elle juge cela injuste et regrette que la rose fût cueilli (bah oui, c'est forcément à cause de la rose). Et à côté de ça, elle perpétue à dire "Il y a longtemps que je t'aime". Bah alors? Pourquoi as-tu agi ainsi alors? Ca montre tellement que les histoires d'amour, c'est compliqué. La fille l'aime mais le repousse et est triste que le garçon part.... Tout va bien. Vous voulez une corde? Vous voulez vraiment que j'endors mon enfant avec ça?

Tout ça pour dire, on ne retient généralement que les premiers couplets de ces comptines qui ont marqués notre enfance et pourtant quand on les regarde de plus près...bah ce n'est pas si jolie que ça, ça parle de choses plus discutables parfois et ce, même quand on ne prend que le premier sens. Donc bon, les comptines, c'est mignon mais avec modération pour certaines.

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