background
Les articles de la catégorie : Politique

Le port de l'écharpe, insigne de la République

Je me souviens d'une personne qui avait raillé Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon, car il portait son écharpe à l'envers par rapport aux autres maires de la région qui l'entouraient durant un événement. J'ai donc rappelé à cette dernière les différentes règles relatives au port de l'écharpe car en effet, en tant qu'insigne de la République Française, son port est strictement réglementé.

Pour les maires et conseillers municipaux, c'est l'article D2122-4 du code des collectivités locales qui réglemente le port de l'écharpe. Son dernier alinéa énonce que l'écharpe se porte obligatoirement de l'épaule droite au côté gauche. Et lorsqu'il est porté comme tel, l'ordre des couleur est rouge blanc bleu avec le bleu près du col. L'objectif est de marquer une distinction avec les parlementaires (députés et sénateurs) qui eux le porte dans l'ordre traditionnel du drapeau français, c'est-à-dire bleu blanc rouge avec le rouge près du col. Une alternative pour les élus locaux est le port en ceinture. Dans ce cas là, il faut impérativement mettre la couleur bleue en haut. En résumé:
image utilisateur

Il convient de distinguer Monsieur le Maire des autres conseillers. Pour ce faire, il faut regarder les glands qui pendent de l'écharpe. S'ils ont des franges d'or, c'est que c'est le Maire. Si elles sont en argent, alors c'est que c'est un adjoint ou un conseiller municipal.
image utilisateur

En théorie, c'est le maire et les adjoints qui portent l'écharpe en leur qualité d'officier de l'état civil, les conseillers municipaux doivent la porter seulement quand ils remplacent le maire ou un adjoint et quand il célèbre un mariage sous délégation du maire. Après, il y a une relative tolérance sur cette règle.

Il convient de porter la fonction la plus élevée donc M. Collomb avait raison de la porter à l'inverse des maires car c'est un sénateur.

Outre la France, les eurodéputés ont également une écharpe bleue:
image utilisateur

Enfin, les Grand-Croix de l'ordre de la Légion d'Honneur et de l'ordre National du Mérite ont le droit à une écharpe respectivement rouge et bleu.
image utilisateur

image utilisateur

Rappelons enfin que les insignes étrangers et donc le port de l'écharpe par un français doivent relever d'un pays souverain et une autorisation de port délivré par le Grand Chancelier de la Légion d'Honneur conformément à l'article R160 et R161 du Code de la Légion d'Honneur et des médailles militaire.

Le Concordat d'Alsace-Moselle

Aujourd’hui, on va parler de la laïcité de l’État. J’imagine que vous savez que l’État est laïc. Cela signifie qu’il y a une séparation entre l’Église et l’État, l’État devant rester neutre. Ainsi ce dernier n’a plus de religion officiel reléguant cela à la sphère privée et donc de la pensée propre à chacun. Puisque il est libre aux personnes de choisir leur religion (ou d’être athée), toutes les religions sont acceptées sur le territoire français et l’État défend la liberté de culte.

C’est dès 1905 avec la loi sur la séparation de l’Église et de l’État que cela a commencé. L’article 1 de la loi du 9 décembre 1905 prévoit que «La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ». Cependant, avant même la séparation de l’Église et de l’État, ce dernier respectait la liberté de culte en témoigne l’article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi». Enfin, elle est présente dès le premier article de notre Constitution, au plus haut niveau de droit donc, «La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances».

Force est de constater que la laïcité est une valeur forte, défendue de longues dates, sur toute la France. Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Non, je m’égare là :D . Je voulais dire qu’il existe un territoire sur lequel la séparation de l’Église et de l’État n'est pas effectifve. Il y a évidemment certains lieux d’outre-mer mais j’en reparlerai sans doute dans un autre article, je parle bien de la France métropolitaine. C’est l’Alsace et la Moselle.

En effet, en 1905, lors de la séparation, l’Alsace-Moselle était allemande. La loi française ne s’y appliquait pas. À la sortie de la première Guerre Mondiale, nous avons récupéré ces territoires. On a ensuite fait une mise en conformité avec la loi française avec la loi du 1 juin 1924 mais l’article 7 annonce qu’est conservé «la législation locale sur les cultes et les congrégations religieuses». Fort bien mais qu’elle est donc cette législation ?

Il faut remonter en 1801. Napoléon Bonaparte, premier Consul de la République et préparant son Empire, était soucieux de contrôler la religion. Il fît alors un Concordat, c’est-à-dire, un accord entre un État et le Saint Siège, où l’État se charge de rémunérer les ministres du culte, en échange l’État nomme ses évêques. Je parle bien ici uniquement de leur nomination, on verra un peu plus loin, ce que cela signifie. La construction des bâtiments, leurs rénovations, etc. reste le problème des fidèles.

Ce Concordat n’a point été enlevé par les allemands et ainsi l’article 7 de la loi 1924 énonce la conservation de ce dernier. Le conseil d’État réaffirma l’application du Concordat en Alsace-Moselle le 24 janvier 1925. Et nous ne l’avons toujours pas enlevé. De ce fait, il est toujours en vigueur.

Mais concrètement, ça change quoi ? L’Église n’étant plus distincte de l’État, les ministres du culte (prêtes/pasteurs/rabbins…) sont considérés comme des fonctionnaires. L’accord Lang-Couplet de 1993 les définit comme des fonctionnaires de catégorie A et bénéficiaires des Assedic en cas de chômage.

En outre, comme déjà mentionné plus haut, l’État nomme ses évêques. C’est le seul État qui nomme ses évêques sur une partie de son territoire. Comment cela se passe ? Le nonce apostolique, nom donné à l’ambassadeur du Saint Siège, propose 3 évêques possibles à la Congrégation pour les évêques du Saint-Siège. Ce dernier propose un candidat au Pape qui choisit oui ou non. En cas d’acceptation, l’Élysée en est alors informé par le biais du nonce. Celui-ci choisit alors de le nommer ou pas. Si c’est le cas, il publie un décret tenu secret et informe le Saint-Siège. Le Pape fait alors une bulle (document pontifical) pour l’investiture canonique de l’évêque nommé. L’Élysée en est averti puis les deux protagonistes se mettent d’accord sur une date. Et à la date convenue, la nomination est publiée simultanément au Journal Officiel et l'Osservatore Romano.

Mais outre les institutions et leurs ministres du culte, c’est aussi l’Éducation qui change grandement. En effet, il y a dès l’école primaire des cours religieux. Cependant, on a quand même le choix, par mot des parents, d’en être dispensé, on a alors droit à des cours de morale. Les cours religieux se poursuivent jusqu’à collège. Il y a également des facultés de théologie avec un diplôme d’État de théologien visant à former les professeurs entre autre.

Donc voilà, en France métropolitaine, la laïcité n’est pas de partout. L’Alsace-Moselle est sans doute l’exception qui confirme la règle. Mais je tenais à le souligner car peu de gens le savent. Et parmi ceux qui le savent, beaucoup pensent que cela vient de l’Allemagne alors que c’est bien Napoléon qui l’a fait. Évidemment, aujourd’hui, son objectif n’est plus de contrôler l’Église, c’est juste qu’on ne s’en soucie guère et que les Églises veulent garder leurs acquis sociaux.

La Marseillaise

Allez, aujourd'hui, je me sens d'attaque pour faire un article sur notre hymne nationale. C'est vrai, après tout, on la chante, mais vous ne savez peut-être pas grand chose sur elle.

Bon, on commence doucement, où a été écrite la Marseillaise?

À Strasbourg, évidemment. C'est le Baron Dietrich, maire de Strasbourg, qui rencontra Rouget de Lisle dans une loge maçonnique qui l'incita à écrire des chants patriotiques. C'est donc en avril 1792 que Rouget de Lisle la compose.

Très bien, autre question alors. Pourquoi on a fait la Marseillaise? Serait-ce un chant révolutionnaire fait pour fédérer les français contre la monarchie française ("aux armes, citoyens")?

C'est un chant de guerre mais pas contre la monarchie française. Revenons au contexte de l'époque. Nous sommes en 1792, on a pris Paris depuis 1789, j'imagine que vous avez déjà entendu parler de la prise de la Bastille. La monarchie est maintenant sous contrôle et sous surveillance. Il y a une monarchie constitutionnelle. Forcément, les pays voisins ne voient pas cela d'un très bon œil. Mais rien ne se passe pour le moment. En juin 1791, il y a la fuite de Varennes où le roi et sa famille tentent de s'enfuir vers le saint empire romain germanique avec la complicité du marquis de Bouillé (qui est fustigé dans la Marseillaise d'ailleurs). Le roi est arrêté à Varennes où il est reconduit aux Tuileries. Suite à cet évènement, les révolutionnaires n'ont plus confiance en le roi et veulent en finir de la monarchie pour faire la République. Sous bonne surveillance, ils savent que leur sort est prêt d'arriver.

Pour rappel, Louis XVI a comme épouse Marie Antoinette d' Habsbourg-Lorraine, qui est issue d'une immense famille impériale de l'époque. Les Habsbourg dirigent le saint empire romain germanique, l'Autriche évidemment, la Hongrie, la Bohême, le royaume de Naples et de Sicile. Et ils n'apprécient guère qu'on touche à une des leurs. L’ Autriche déclare alors la guerre à la France le 20 avril 1792. L'armée du bas Rhin organise alors la résistance aux frontières. Et justement, Rouget de Lisle est militaire, capitaine du Génie à Strasbourg et écrit une chanson nommée "Chant de guerre pour l'armée du Rhin" qui deviendra par la suite La Marseillaise. C'est donc un chant de guerre visé contre l'Autriche pour défendre les idéologies révolutionnaires.

Mais alors comment cela se fait-il qu'on l'appelle la Marseillaise?

Voilà une bonne question. C'est un membre du "Club des amis de la Constitution de Montpellier", le docteur Mineur qui la chanta alors à Montpellier. Invité ensuite au "Club des amis de la Constitution de Marseille", il la chanta de nouveau. Le chant est alors publié dans un journal du Sud "le journal des départements méridionaux" comme "Chant de guerre des armées aux frontières". Ces "club des amis de la Constitution" étaient là pour coordonner le départ des volontaires du Midi vers le front. Ils montèrent ainsi vers Paris le 30 juillet 1792. Durant le voyage, il adopte le chant comme marche. Il la chante durant leur voyage. Lors de leur arrivé à Paris, ils la chantèrent évidemment et les parisiens la nommèrent "La Marseillaise".

La Marseillaise reste malgré tout un chant révolutionnaire.

Et en tant que chant révolutionnaire, il fut réutilisé dans d'autres révolutions, comme en 1797 en Italie lors de la chute de la République Sérénissime des doges de Venise ou encore en Russie. En 1917, lorsque Lénine rentre en Russie, il a été accueillit par la Marseillaise. Mais devenue hymne nationale français, la Marseillaise représentait désormais le pouvoir étatique français. Du coup, on lui préfére désormais "L'international".

La Marseillaise, hymne nationale

Elle est décrétée chant national dès 1795. Interdite ensuite sous le Première Empire, il faudra attendre 1830 pour qu'elle soit réinstaurée et la III ème République de 1879 pour qu'elle devienne hymne nationale. Et depuis, elle ne l'a jamais quitté.

Sous la 5ème République, l'article 2 de la Constitution la définit comme hymne national (L'hymne national est La Marseillaise ). (Aparté: L'armoirie de la France, logo que l'on retrouve sur tous les passeports français, qui est sur le site de l'Élysée est défini nul part et n'a donc strictement aucune valeur légale. Personnellement, je milite pour qu'on l'instaure armoirie officielle( Armoirie )).

La loi Fillon a rendu obligatoire l'apprentissage par les classes de maternelle et primaire, de la Marseillaise depuis 2005, une bonne chose selon moi. De même, avec LOPSI, il y a maintenant le délit d'outrage à l'hymne nationale sanctionnée d'un emprisonnement de 6 mois et 7 500 euros d'amende.

Il n'y a évidemment pas qu'un couplet.

À l'origine, il y en avait 15. C'était trop long. On l'a beaucoup modifié car certains passages étaient jugés trop violent (c'est un chant de guerre, ne l'oublions pas). Donc on l'a éludé un peu pour la rendre hymne respectable. On en compte aujourd'hui 6. Il y en a également un septième nommé "couplet des enfants".

Marchez ou Marchons?

Rouget de Lisle était capitaine. Il commandait ses troupes donc ils ordonnaient. Ainsi, c'est "Formez vos bataillons, Marchez". Mais on suppose que quand les troupes chantèrent, ils utilisaient "Formons nos bataillons, Marchons". Ainsi, on a fait un mixe des deux. Quand le chanteur chante le refrain, c'est 2ème personne du pluriel et quand les chœurs reprennent le refrain une deuxième fois, c'est 1ère personne du pluriel. S'il n'y a aucun leader et que c'est une foule qui la chante lors d'évènements politiques par exemple, c'est la 1ère personne du pluriel. On s'inclut dedans.

Eh bien! Chantez maintenant.

Les paroles sont disponibles ICI

Une vidéo de la Marseillaise complète à l'exception du couplet des enfants :
v3LAtdaNrNE?rel=0&hd=1

Une autre que j'affectionne, plus entrainante, avec le couplet des enfants mais non entière : _bzjVw9RR08?rel=0&hd=1

Famille de France

Aujourd'hui, je viens vous présenter une association familiale nommée Famille de France. Peut-être certain d'entre vous la connaissent, elle était très puissante dans les années 90 dans la protection de l'enfance, pour lutter contre la banalisation de la violence et du sexe ainsi que pour préserver le modèle familial traditionnel. Aujourd'hui encore, elle perpétue son action et j'ai rencontré un cadre de cette association afin d'en parler plus précisément.

Tout d'abord, bonjour. Pourriez-vous nous présenter Famille de France et ses valeurs ?

Bonjour. Famille de France fédère 64 associations des familles regroupant 7 300 familles adhérentes. Elle a été créée en 1947 dans sa forme actuelle. Elle représente 45 000 familles adhérentes environ au niveau national. Familles rurales représente 130 000 adhérents environ. L’objet social est la défense des intérêts matériels et moraux des familles. Elle intervient auprès des pouvoirs publics dans le domaine de la politique familiale.
C’est un mouvement généraliste qui défend toutes les familles ; quelle que soit la composition de la famille, ce qui est important c’est l’intérêt de l’enfant.

Ces engagements se matérialisent sous quelle forme ? Quelles sont les différentes actions menées par Famille de France ?

Le mouvement rédige sans cesse des communiqués de presse sur tous les sujets qui concernent les familles et écrit souvent aux parlementaires.
Il n'y a qu'une seule grande action annuelle, l’enquête rentrée scolaire.

Je m’excuse d’avance de la question que je vais poser mais, dans les années 90, Famille de France avait une grande influence. Que cela soit dans les films, les émissions de télévisions ou les jeux vidéo, vous luttiez contre la présence de violences et d’allusions sexuelles. Actuellement, on voit bien que cette époque est finie. Peut-on dire que Famille de France ait perdu son combat ? Que son poids ait baissé à cause de cette défaite qui n’a pas empêché une évolution des mœurs et donc une perte de son soutien populaire ?

La position du mouvement a été considérée comme très rétrograde. Le mouvement a pris une réputation de ringards auprès des jeunes. Nous avons toutefois travaillé sur la norme PEGI qui s’applique aux jeux vidéos afin que les pictogrammes soient plus clairs pour les parents. Ce qui est le cas maintenant. Pour le reste, il aurait fallu mettre en place des formations et informations pour les parents plutôt que de lutter contre une évolution des mœurs. Oui, le mouvement a perdu ce combat car le président Henri Joyeux n’a écouté personne et ce sont ses positions personnelles qui apparaissaient dans les médias. Le mouvement est passé de 100 000 familles adhérentes à 45 000 en 10 ans, tout est dit.

À l’heure où les grandes lignes politiques sont dictées par Bruxelles, Famille de France défend-elle la famille au niveau européen également ou cela reste-t-il local, en France?

Nous siégeons à la COFACE, Confédération des associations familiales de l’Union européenne au titre de Familles de France. Effectivement beaucoup de mesures concernant les familles sont décidées par les instances européennes, il est donc important de participer aux réflexions qui ont lieu dans les groupes de travail de la COFACE et dont les thèmes sont déterminés par des programmes mis en place par la Commission européenne.

Donc Famille de France est une association, cela veut dire qu’on peut y adhérer. Comment et pourquoi faut-il y adhérer ?

Il faut adhérer au mouvement familial car cela permet de défendre les valeurs auxquelles nous sommes attachées. De plus il est important de défendre les intérêts des familles et la politique familiale de la France qui depuis un an est menacée dans ses fondements par l’actuel gouvernement.

Y a-t-il une cotisation à s’acquitter ?

Oui il y a une cotisation de 23 euro/an et par famille qui permet à la Fédération de mener toutes les actions et évènements comme la Journée du sport en famille, le concours Jeunes Talents, les conférences sur la parentalité, les services de médiation familiale, le conseil conjugal et familial, l’accompagnement des associations des familles locales qui offrent de très nombreux services aux familles etc.

Personnellement, je n'ai plus d'autres questions. Je tenais à vous remercie pour cette interview. Souhaitez-vous ajouter quelque chose et/ou faire le mot de la fin?

Le mouvement familial n’est pas assez connu du grand public alors qu’il œuvre tous les jours à la défense de la famille et a contribué à la mise en place de la politique familiale de la France qui permet à notre pays d’avoir le deuxième indice de fécondité le plus élevé d’Europe.

Mais qui dirige l'Union Européenne?

En cours d'économie, on a parlé de l'Union Européenne. Et notre professeur nous a posé cette fameuse question : Qui dirige l'Union Européenne? En d'autres termes, quand un pays a un problème avec l'Union Européenne, il s'adresse à qui? Et derrière cette question en apparence simpliste se cache une réelle interrogation.

Bah, il y a un président des pays membres qui, tous les 6 mois, devient président de l'Union Européenne. Yann enfin, tu le sais? Cela n'a rien de compliqué. :ange:

Ah d'accord, donc ce président décide et c'est bon alors. Mais le Parlement Européen ne sert-il donc à rien? :euh:

Bien sûr que si, allons. C'est lui qui détient le pouvoir législatif. C'est-à-dire qu'il peut voter les propositions de loi. Il le partage avec le Conseil de l'Union Européenne.

Car évidemment, il y a un Parlement Européen et un Conseil de l'Union Européenne. Le Conseil, c'est la réunion des dirigeants, ou leurs représentants, des États membres, celui où est tiré tous les 6 mois le fameux président de l'Union Européenne. Le Parlement Européen fonctionne comme un parlement traditionnel, il y a des députés européens issues de chaque État membre et a un président, actuellement M. Martin Schulz. Donc eux, ils votent les lois, ok. Les lois que le Conseil propose, j'imagine.

Du tout, techniquement, le monopole de ce que l'on appelle l'initiative législative est détenu par la Commission Européenne.

C'est vrai, la Commission Européenne. C'est le pouvoir exécutif de l'Union Européenne. Elle est "gardienne des traités", veille à leur exécution. C'est un peu une sorte de gouvernement pour l'Union Européenne. Techniquement, il n'y a qu'elle qui peut proposer des lois et le Conseil et le Parlement ne décide que sur proposition de la Commission Européenne. Cependant, car cela serait trop simple, les États membres peuvent prendre des initiatives dans le cadre de la Politique Étrangère et de Sécurité Commune (PESC) puis la Coopération Policière et Judiciaire en matière Pénale (CPJP). Ce qui fait que près de 85% des propositions de loi vient du Conseil car à trait à ces domaines. La Commission Européenne a également un président, actuellement c'est M. José Barroso

C'est bien, tu me dis comment marche l'Union Européenne avec qui fait quoi, etc. Mais il y a bien, malgré tout, quelqu'un qui représente l'Union Européenne à l'étranger, dans les conférences internationales.

Bien sûr, c'est M. Herman Van Rompuy


Oo C'est qui ce brave Monsieur dont je n'ai jamais entendu parler?

C'est le président des présidents :D . Plus précisément, c'est le président permanent (permanent voulant dire pour 2 ans évidement XD ) du Conseil de l'Union Européenne. En ce sens, il est supérieur au président qui n'est élu que pour 6 mois. Techniquement, on voulait que cela soit lui qui représente l'Union Européenne lors des conférences et autres conventions internationales, pour éviter que les dirigeants étrangers changent tous les 6 mois d'interlocuteurs menant peut-être une politique différente de son prédécesseur. Mais ce dernier, vous l'aurez sans doute remarquer, est très discret. C'est plus un diplomate de l'ombre qu'un homme médiatique. Du coup, c'est le président élu pour 6 mois qui s'y colle :D .

Ho, c'est donc lui qui gère l'Union Européenne.

Oui, sauf si ta demande porte spécifiquement sur l'euro. Là, il vaut mieux s'adresser au président de l'Eurogroupe, actuellement M. Jeroen Dijsselbloem. Car oui, comme 17 pays parmi les 27 possèdent l'euro, on s'est dit qu'on allait faire un groupe spécial pour ces pays. On a donc fait l'Eurogroupe où se rencontre les différents ministres des Finances des pays membres pour discuter de la politique à adopter.

:waou: D'accord, je m'y perds un peu je t'avoue.

Bien sûr, cela se fait également avec la participation de la Banque Centrale Européenne, jouant un rôle majeur dans ce domaine. Actuellement présidé par Mario Draghi, la Banque Centrale Européenne participe également aux réunions de l'Eurogroupe.


Voilà, dans toute sa splendeur, l'Union Européenne.

Le déroulement d'une élection

Ma mère a été interpellée pour être au dépouillement, elle n'était pas libre. Mais elle était surprise qu'on lui demande, elle pensait que c'était au gens du bureau de vote de dépouiller. Ainsi, je me suis dit, je vais vous expliquer comment fonctionne un bureau de vote.

Composition du bureau de vote

Un bureau de vote est composé au minimum d'un président ( membre du conseil municipal) et de deux assesseurs de partis différents. Un assesseur est une personne représentant un candidat qui est là pour surveiller le bon déroulement de l'élection et y contribuer. Il faut absolument ces trois personnes minimum pour ouvrir le bureau de vote. Néanmoins, ils ne vont pas siéger 24h/24 au bureau de vote. Il faut qu'ils mangent. C'est pour cela que chacun peut avoir un suppléant qui est présent pour les remplacer. Ce n'est pas obligatoire mais en théorie, si on n'a pas de suppléants, on est coincé au bureau de vote. Il y a également une secrétaire chargée de faire le lien avec le bureau centralisateur, chargée des procurations et de faire les procès verbaux.

Mise en place du bureau de vote

Les gens du bureau le mettent en place le matin avant ouverture (pose des affiches réglementaires, mise en place des isoloirs, du registre et on met l'urne (avec un compteur d'ouverture) scellé avec deux cadenas, dont les clefs sont remises à la présidente et à l'assesseur de l'opposition, pose des bulletins des candidats et des enveloppes, avoir le code électoral...). Le bureau peut ensuite ouvrir.

Déroulement du processus de vote

Les gens viennent, ils prennent chaque bulletin des candidats et une enveloppe. Ils vont dans l'isoloir, mettent leur bulletin dans l'enveloppe et jettent les autres dans la poubelle prévue à cet effet. On se dirige vers le bureau. On présente une pièce d'identité et sa carte d'électeur. L'assesseur dit à haute voix le nom complet de la personne et son numéro. L'autre assesseur cherche dans le registre le numéro et énonce à son tour le nom. Cela doit correspondre. Si c'est le cas, le président appuie sur le levier de l'urne pour laisser passer le bulletin (et incrémenter le compteur). Sinon, on cherche le nom de la personne sur le registre. Si elle n'y est pas, elle ne peut pas voté. Sinon on modifie son numéro sur la carte d'électeur (ça arrive généralement quand on utilise une vieille carte) mais c'est bon, elle peut voter. La personne doit alors signer le registre et on lui rend ses papiers après.

Toutes les 2h, on doit regarder le nombre de votants et faire le pourcentage à partir du compteur (fiabilité à discuter, la dernière fois où j'étais assesseur, il y avait une différence de 5 bulletins mais le but est de faire des estimations). La secrétaire informe alors le bureau centralisateur du nombre de vote et du pourcentage.

Validité du bulletin

Comme le parti pirate l'a fait, les bulletins mises sur Internet et imprimés par les gens sont autorisés. Néanmoins, attention, il y a des obligations de dimensions (10.5x14.85cm pour deux noms), il doit être imprimé sur du papier blanc et doit être unicolore. Il doit y figurer le nom du candidat en gros et le nom du suppléant en caractère plus petit. Il ne doit y figurer aucune marque distinctive du votant et aucune insulte ne doit y figurer. Donc là, vous vous dites, si je respecte ces conditions mais que je fais un bulletin manuscrit, je peux? C'est valide conformément au R104 du code électoral.

Dépouillement (vérification du nombre)

Les membres du bureau ont deux tâches. D'un côté, on compte les signatures sur le registre. De l'autre, la présidente et l'assesseur de l'opposition déverrouille l'urne et comptabilise le nombre réel de bulletin (on peut avoir, je le rappelle, une différence par rapport au nombre affiché par le compteur). Le nombre de bulletin et le nombre de signature doivent être absolument égaux. Si ce n'est pas le cas, il y a un problème (et faut recompter). Si tout correspond, on fait des grosses enveloppes de 100 bulletins (non ouverts) que l'on remet aux scrutateurs.

Dépouillement (scrutateur)

Durant la journée de vote, les membres du bureau doivent recruter des scrutateurs volontaires. C'est des personnes qui vont aidées au dépouillement. Leur nombre varie selon le nombre de votants dans le bureau de vote mais doit être un multiple de 4. En effet, les scrutateurs vont être par groupe de 4. Un va ouvrir l'enveloppe et donner le bulletin à un autre scrutateur. Celui-ci va dire à haute et intelligible voix le nom du candidat. Les deux autres scrutateurs ont une fiche avec les candidats chacun ayant des cases à cocher de 1 à 100. Une jonction est faite à chaque dizaine. Dès la dizaine atteinte, ils doivent le dire à haute voix. Si les deux ne le disent pas en même temps, il y a un problème et faut recompter les bulletins. Les scrutateurs font les totaux et doivent arriver à 100. Si ce n'est pas le cas, il y a un problème. Les votes blancs et nuls sont comptabilisés. Les membres du bureau sont là pour veiller au bon déroulement du dépouillement et répondre aux potentielles questions des scrutateurs. "J'ai deux bulletins de vote dans une enveloppe, c'est nul?" et on lui répondra "si c'est des bulletins différents, c'est nul. Si c'est deux pour le même candidat, cela compte pour une seule voix pour le candidat, jetez l'autre papier pour éviter toute confusion".

Dépouillement (le final)

Toutes les enveloppes de 100 dépouillées, une des deux fiches d'un groupe de scrutateurs (qui doivent être identique) est rapportée à la secrétaire qui s'amuse avec les chiffres pour calculer les résultats finaux. Ensuite, la présidente et la secrétaire doivent se rendre au bureau centralisateur pour annoncer les résultats du bureau de vote. Et voilà!

En cas de problème

Peu importe à quelle phase on est, en cas de problème, on appelle la présidente et/ou la secrétaire. S'il n'a pas de solutions prévus, on appelle le bureau centralisateur pour résoudre le problème. Le problème doit ensuite être reporté sur le procès verbal.

Conseiller municipal

Bonjour à toutes et bonjours à tous.

Aujourd'hui, j'ai envie de vous présenter différentes fonctions politiques. En effet, je juge que si beaucoup de personnes se désintéressent de la politique, c'est en grande partie car ils ne savent pas de quoi il en retourne. On l'a vu avec les cantonales. Pour débuter, je souhaiterai présenter la fonction de conseiller municipal. Cependant, plutôt que de faire un grand laïus, j'ai trouvé plus interactif de le faire sous forme d'interview. Je suis donc allé interroger un de mes conseillers mucipaux, Clément Delorme.


Donc avant d’aller plus loin, pourrais-tu te présenter un peu, dire qui tu es ainsi que ton parcours ?

Je m’appelle Clément Delorme, j’ai 23 ans, je suis statisticien de profession, et Conseiller municipal d’Oullins depuis le mois de mars. Je suis oullinois depuis toujours, et j’y ai étudié jusqu’à mon bac S, au lycée du Parc Chabrières en 2006. J’ai commencé à m’investir politiquement cette année-là, pendant la campagne présidentielle en 2007, et pour ma commune à partir de 2008, avec l’élection municipale.

Être conseiller municipal, c’est avant tout faire partie du conseil municipal. Quel est son rôle ?

Le Conseil municipal a pour rôle de gérer les affaires de la commune. C’est le plus petit niveau de représentation en France, et ce sont donc les élus les plus proches des citoyens qui y siègent. Le Conseil municipal n’a pas tous les pouvoirs, notamment si la commune appartient à une communauté de communes (le Grand Lyon pour Oullins). Il a tout de même la gestion de la voirie, de la propreté, des aménagements locaux, des écoles maternelles et élémentaires ou encore de la police municipale. Il subventionne des associations locales, culturelles ou sportives, et doit entretenir toutes les structures et équipements communaux, comme les gymnases ou les salles municipales, et l’ensemble des parcs et espaces publics.

Par la même, quelle relation a le conseil municipal avec le maire ? Par exemple, en cas de conflit entre le conseil et le maire, la situation est bloquée ou c’est le choix d’un des parties qui est exécuté (si oui, celui duquel) ?

Le Maire préside le Conseil municipal, qui est lui-même composé d’une Majorité et d’une Opposition, issues de l’élection municipale. Les règles de répartition des sièges assurent une large majorité pour la liste arrivée en tête (les trois quarts des sièges à Oullins), de façon à ce que la commune puisse être gérée efficacement.
Le rôle de l’Opposition est logiquement de s’opposer à la politique mise en place, et d’émettre des contre-propositions. Il s’agit pour elle de représenter la partie (minoritaire) de la population qui n’a pas choisi de voter pour l’équipe vainqueur de l’élection. Aussi, les conflits peuvent être plus ou moins marqués entre la Majorité, dirigée par le Maire, et l’Opposition.
Mais plusieurs groupes peuvent composer la Majorité et l’Opposition, suivant les listes en concurrence lors de l’élection municipale. Il peut donc y avoir des désaccords au sein même de la Majorité et au sein même de l’Opposition. Même si tout le monde appartient au même parti politique, tout le monde n’a pas forcément les mêmes opinions et des débats sont alors menés pour trouver des terrains d’entente, et définir une ligne commune.

Les élus doivent s’occuper de la vie dans leur ville. Je suppose qu’il y a des tâches bien définies que chaque conseiller municipal doit gérer ?

Les élus de la Majorité ont effectivement pour mission de gérer les affaires de la commune, et des adjoints, proposés par le Maire en tout début de mandat, sont élus par le Conseil municipal. Ils sont une dizaine à Oullins, comme dans la majorité des communes similaires, dont le Conseil municipal compte 35 sièges. Il y a également une poignée de Conseillers municipaux, qui ne sont donc pas adjoints, qui sont tout de même chargés d’une responsabilité, d’une « délégation ». Ils apportent donc un soutien aux adjoints dans la gestion de leur délégation. Quant aux autres conseillers municipaux, leur rôle est plus mineur et plus transversal, car s’ils peuvent apporter une aide ponctuelle sur tel dossier ou tel projet, ils doivent surtout donner leurs conseils. Ils doivent aussi faire preuve, comme les adjoints et les conseillers délégués, de présence lors des différentes manifestations sur la commune.
Un projet est d’abord élaboré par l’adjoint en charge du dossier, entouré des services concernés de la ville, voire d’élus ou d’acteurs locaux, dans le cadre d’un comité de pilotage, par exemple. Une fois ce projet prêt, il passe par une première instance : le « Conseil d’Adjoints », qui réunit, comme son nom l’indique le Maire et les adjoints de la commune. Les premiers avis sont collectés, et le cas échéant des modifications sont apportées avant le passage dans une deuxième instance : le « Bureau Municipal ». Cette fois, ce ne sont pas les seuls adjoints qui sont réunis, mais l’ensemble des élus de la Majorité. Là encore, des questions et des avis sont émis, avant le passage dans une troisième instance : les Commissions.
Tous les élus font partie de ces commissions, qui se réunissent avant les Conseils municipaux. Au nombre de cinq à Oullins, je fais personnellement partie de la commission « Affaires scolaires, Jeunesse et Sports ». Elle ne s’est réunie qu’une fois lors des six derniers mois. Il s’agit surtout de discuter les dossiers qui seront présentés au Conseil municipal, avec les élus de la Majorité bien sûr, mais également avec ceux de l’Opposition. Selon l’importance des dossiers, il peut être choisi de réunir toutes les commissions en une unique « Commission générale », où tous les dossiers sont discutés par tous les élus. C’est ensuite le temps du Conseil municipal, au cours duquel les textes sont votés.

Être conseiller municipal est-ce un travail à plein temps ? Ou bien, faut-il avoir un travail à côté ?

Être élu nécessite du temps, c’est incontestable, mais la quasi-totalité des élus locaux a toujours une activité professionnelle. À Oullins, seuls le Sénateur-Maire et le Député n’exercent plus leur fonction d’avocat, mais en raison surtout de leur activité parlementaire. Par ailleurs, si le Maire et les adjoints (voire les conseillers municipaux, selon les choix faits) perçoivent une « indemnité », on ne peut pas parler de « salaire ». En effet, le montant de l’indemnité, variable selon la commune, n’est pas comparable avec celui d’un salaire, et la philosophie n’est pas la même, puisqu’« élu » n’est pas un métier ou un travail en tant que tel, mais une mission que l’on exerce au service de l’intérêt général.

Parlons, si tu le veux bien, de l’élection. Comment sont élus les conseillers municipaux ? Par quel type de scrutin ? Pour combien de temps ?

Avec plaisir ! Comme je l’ai évoqué plus haut, les conseillers municipaux sont élus sur des listes, qui comptent autant de noms qu’il y a de sièges dans le Conseil (à Oullins, 35). Le nombre de sièges dépend naturellement de la taille de la population de la commune. Il y a deux tours à cette élection, qui a lieu tous les six ans. Les deux, trois, quatre listes arrivées en tête (ou plus, selon leur pourcentage) au premier tour sont qualifiées pour le second.
Si une liste réunit la « majorité absolue », soit plus de 50% des voix exprimées, elle est élue dès le premier tour. La répartition des sièges se fait toujours selon les scores obtenus par chacune de ces listes en présence. Pour garantir la parité des Conseils municipaux, les listes sont constituées alternativement d’hommes et de femmes. La personne en « tête » de la liste victorieuse est généralement élue Maire, lors de la première séance du Conseil municipal.
Me concernant, j’étais 29ème de la liste menée en 2008 par François-Noël Buffet. Nous avons gagné cette élection, mais seulement avec 27 sièges. Bien que co-victorieux, je n’ai donc pas intégré le Conseil municipal. C’est à l’occasion du décès d’une Conseillère municipale, que j’ai été appelé à la remplacer, car en cas de vacance (décès ou démission), ce sont les « suivants de liste » qui accèdent au Conseil. C’est pourquoi je suis devenu élu en mars 2011, en plein milieu du mandat.

Et pour ces élections, quels sont les critères à avoir pour être éligible ? Je suppose qu’il y a une limite d’âge mais y-a-t-il d’autres critères ? Par exemple, faut-il nécessairement habiter dans la ville ou faut-il nécessairement être membre d’un parti ?

On est éligible à ces élections dès sa majorité, c'est-à-dire 18 ans, quelle que soit sa position sur la liste. On peut donc être maire de sa commune à 18 ans. Le seul critère pour intégrer une liste (ou pour en mener une), c’est payer tout ou partie de ses impôts sur le territoire de la commune. Être locataire d’un simple garage peut donc théoriquement suffire pour être un candidat. Il faut signaler que pour une très grande ville comme Lyon, qui compte des arrondissements, on peut être élu d’un arrondissement sans nécessairement y habiter, puisqu’être lyonnais suffit, quel que soit l’arrondissement d’implantation du candidat.
Pour ce qui est des partis, rien n’est naturellement obligatoire. Chaque élection est ouverte à tous les citoyens, depuis l’élection présidentielle, jusqu’à l’élection municipale. Mais il est incontestable que nombre de listes sont bâties en fonction des proximités partisanes.

Passons un peu plus dans l’avis subjectif, pourquoi tu as voulu être conseiller municipal, quelles étaient tes attentes et ont-elles été comblées ?

Pour moi, être élu, c’est proposer ses services et s’impliquer au service de tous. Il ne s’agit pas de se couvrir de gloire, d’autant moins que les citoyens n’ont pas toujours conscience de l’abnégation et de l’investissement de leurs élus, qu’ils soient de droite ou de gauche, d’ailleurs.
Lors d’une élection municipale, lorsque l’on construit le projet, qu’on en débat, qu’on le présente et qu’on le défend, on se prend très facilement à en imaginer une réalisation simple et rapide. Aussi, pour moi qui étais encore novice, il était à la fois décevant et difficile de réaliser à quel point le « temps politique » était long, et combien de temps était nécessaire pour l’installation même d’une équipe, tandis que la moitié des élus l’avaient pourtant déjà été, avant 2008.
Mais au-delà, être élu, c’est la possibilité de faire nombre de découvertes et de rencontres. Le fonctionnement d’une collectivité, les fonctionnaires et le travail qu’ils réalisent, les différentes associations existantes et leurs activités, les élus de la ville et la gestion de la municipalité, … Je dois ajouter avoir aussi appris sur moi-même, depuis le forgement d’une conviction, jusqu’à la présidence d’une réunion, en passant par la négociation et la formulation d’une idée ou d’une question.

Mon site, c’est aussi et avant tout, un site d’informatique (notamment web), donc parlons un peu de ce domaine. Les élus doivent être à l’écoute de la population. Penses-tu qu’ils se doivent d’être présents sur la Toile (avoir un blog et/ou être actif sur les réseaux sociaux comme toi, par exemple) pour mieux pouvoir échanger, débattre ou au moins informer la population ?

La politique, ce n’est pas juste de la communication, mais elle en a besoin. Les citoyens ont besoin d’avoir des informations, ainsi que d’être écoutés. On parle beaucoup de la présence des élus sur les marchés, ce qui est une tradition dans nos localités, mais les marchés de demain, ce sera forcément Internet, et les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, ce sont surtout les jeunes que les élus tentent de toucher par ce moyen, pour la transmission d’informations, le lancement de débats ou la signature de pétitions. Les commerçants, qui investissent de plus en plus la Toile également, constituent aussi un lectorat privilégié par ce mode de communication. Mais tout le monde n’est pas encore familiarisé avec cet outil, du moins pour la démocratie locale. Le Web ne peut donc pas être en 2011 un outil exclusif, mais il n’en est pas moins complémentaire, et ne doit surtout pas être négligé.

Quelles qualités, selon toi, faut-il avoir pour être conseiller municipal ?

Être Conseiller municipal, ou tout simplement élu, nécessite du temps, de l’implication, de l’énergie, de la conviction, et une grande ouverture d’esprit. Il faut de l’humilité pour considérer de pas tout connaître, ne pas tout savoir, et il faut être prêt à revenir sur ses a priori. Le contact avec les gens, c’est une « école des réalités ». D’autres élus pourront te répondre bien d’autres choses, suivant les ressentis de chacun, mais je crois que tous seront d’accord avec ma définition.

Personnellement, je n’ai pas d’autres questions. Aimerais-tu ajouter quelque chose ?

Simplement te remercier, Yann, pour ce coup de projecteur que tu consacre aux élus, dont le rôle est finalement bien méconnu. J’espère par mes réponses avoir répondu à tes questions, ainsi qu’à celles de tes lecteurs, et pourquoi pas, avoir fait naître des vocations.

La suppression du Bac

Si j'ai commencé à écrire mon tout premier article non-informatique sur l'Éducation Nationale, ce n'est pas un hasard. C'est tout simplement parce que c'est un sujet qui me tient à cœur. Nous sommes en pleine semaine du BAC général et technique, ceux du BAC pro ayant commencé depuis un moment. Mais les gens se focalisent que sur le BAC général et sa traditionnelle épreuve de philo qui, comme chaque année, signe le départ de ce grand examen de fin de cursus. Et comme chaque année également, on vient taper sur le BAC. L'année dernière, je me souviens, il était question de le réformer encore, il y a quelques années, on a fait les épreuves anticipées d'Histoire-Géo rendant la matière facultative en terminal. Cette année, on parle carrément de la suppression du baccalauréat.

Un des arguments chocs et qui a fait grand bruit est son coût. Un calcul a été réalisé par le principal syndicat de chefs d'établissement, le SNPDEN. Ce dernier estime que le BAC coûterait environ 1.5 milliard d'euros par an, là où l'inspection général évalue le coût à 90 voire 100 millions d'euros. Comment expliquer une telle différence? C'est très simple, le SNPDEN comptabilise les 3 semaines de cours supprimées en juin pour préparer le Baccalauréat. Or les enseignements et les coûts de fonctionnement continuent d'être payé. Cette suppression est bien imputable à l'examen. Donc pour le SNPDEN, c'est inclus dans son coût. Et c'est là qu'on voit la magnifique manipulation de chiffre. Absolument pas. La suppression est due au BAC, si on supprime le BAC, il n'y a plus aucune raison de supprimer les 3 semaines de cours. De ce fait, les profs et les coûts de fonctionnement seront toujours à payer. Donc ce fameux milliard d'euros sera à payer, BAC ou pas BAC. La différence est juste que d'un côté, il n'y a pas cours pour que les étudiants préparent le BAC et que le lycée se prépare à organiser les épreuves et de l'autre, il y a des cours. Mais dans tous les cas, on le paiera. Ainsi peut-on blâmer le BAC pour ce milliard? Non! Ce n'est que de la fumisterie ce 1.5 milliard d'euros. Par contre, je concède que les coûts ont augmenté à cause de la complexification de l'examen (plus de langues, d'options facultatives, etc).

Mais encore une fois, je vais revenir sur mon premier article. Faut-il toujours parler prix lorsqu'on parle d'investir sur la jeunesse, les générations d'après, préparer le futur, du savoir de nos enfants? Non seulement leur interprétation des chiffres est fausse mais en plus, je trouve que l'argument financier n'a pas sa place.

On l'attaque ensuite traditionnellement sur son inégalité. Encore une fois, une étude vient mettre le feu aux poudres et vient de l'Éducation Nationale. On constate que les enfants d'enseignants ont 90% de chance d'avoir le BAC contre 27.6% pour des enfants de parents inactifs ou 38% pour les employés de services. Il en faut moins pour les magnats de l'égalité pour hurler à la discrimination, que tout le monde n'évolue pas dans les mêmes conditions. En effet, certains parents ne peuvent pas toujours aider leurs enfants, leur payer un accès à la culture (des sorties, des livres, Internet...), leurs enfants ne fréquenteront pas les mêmes établissements dont la qualité varie. Mais justement, j'ai envie de dire, justement. Que vous soyez riche ou pauvre, 20 ans ou 15 ans (c'était les extrêmes de ma classe et ont tous deux eu le BAC), devant le sujet d'examen, nous sommes tous égaux. Même sujet, copie corrigée de manière anonyme donc sans préférence. Il n'y a pas de scandales de sujets plus dur ou moins dur pour un tel, il n'y a pas de favoritisme. On est tous égaux face aux sujets. Il n'y a pas de distinction entre un BAC obtenu dans un lycée de quartier et un grand lycée élitiste, le BAC a la même valeur pour tous.

Ceux qui sont pour la suppression du BAC prônent bien souvent pour favoriser le contrôle continu, plus équitable soi-disant. En effet, on peut être très bon toute l'année et pour le BAC, ne pas être bien, avec le stress et on tombe sur le sujet qui ne fallait pas et voilà, on n'a pas le BAC alors qu'on est bon. Déjà, si on est bon, il n'y a pas de "sujet qui ne fallait pas" et puis il y a les rattrapages. Mais surtout, il y a quoi de plus subjectif que le contrôle continu? Sérieusement?! Cela dépend clairement du niveau d'exigence de l'école. Et pour ça, j'ai une anecdote que j'aime bien raconter et je ne vais pas m'en priver ici. J'ai eu la chance de faire ma scolarité dans un établissement assez élitiste. J'avais une amie en 3e qui tournait vers les 10 de moyennes et a obtenu son Brevet. À cela, l'école lui a dit: "Désolé, nous ne vous acceptons pas dans notre lycée. Votre niveau est trop faible." Cette amie ne voulait pas redoubler et est allé dans un lycée publique un peu moins exigent, en seconde donc. Elle est première de sa classe avec 17 de moyenne générale. Cette anecdote démontre bien le caractère subjectif du contrôle continu vu qu'un 10 dans l'établissement A vaut un 17 dans l'établissement B. Les lycées des beaux quartiers que les pauvres ne pourront s'offrir sans se saigner à blanc auront un super diplôme top qualité alors que ceux des quartiers défavorisés, même si on est très bon, sera mal perçu. Est-ce ça que vous voulez? Et là, je parle des exigences des écoles pour montrer la subjectivité du contrôle continu mais dans une classe, lors d'un contrôle, lorsque le prof corrige les copies de ses élèves, involontaire ou non, il aurait tendance à être plus clément envers les élèves qu'il apprécient (pas forcément les chouchoux mais ceux dont il sent que l'élève suit, s'implique...) qu'envers ceux qui perturbent le cours créant sans le vouloir une discrimination. En effet, selon le rapport qu'il entretient avec l'élève, la note sera meilleur ou moins bonne. On ne parle pas de 5 points, soyons clair. Mais je pense que vous me comprenez malgré tout. En outre, avez-vous entendu parler de ce scandale à l'académie d’Orléans-Tours? L'académie a eu des mauvais résultats au BAC l'année précédente et pour ne pas être dans le bas du classement à nouveau, les inspecteurs ont demandé aux professeurs de français de gonfler les notes des élèves, allant même jusqu'à proposer une grille d'évaluation sur 24 points. Cela a fait scandale car c'est un examen national, contrôlé, avec l'attention de la presse et donc ce n'est pas juste et équitable envers les autres élèves d'autres académies. Maintenant, si on laisse tout le monde faire sa tambouille dans son coin, plus d'examen centralisé, des contrôles ponctuels fait par les profs dans le cadre du contrôle continu, la surveillance et la dénonciation de ce genre de pratiques serait beaucoup plus difficile. Et les proviseurs ont tous à y gagner. Ils demandent à leurs profs d'être clément, pas trop saquer et l'établissement obtient des bonnes réussites et de bonnes statistiques dont ils pourront se vanter. Heureusement, on peut le voir dans l'article, il y a encore des professeurs avec de la déontologie qui sont outrés par les demandes de la hiérarchie...Mais comme mentionné, c'est la hiérarchie, ils doivent plier ou partir. Donc franchement, critiquer le BAC pour son inégalité mais prôner une alternative encore plus inégale, cela me fait doucement rire. D'autant que le contrôle continu est déjà en place dans la branche professionnelle et qu'en disent les professeurs? La SNUEP, Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel, juge la mesure néfaste, constate que le niveau régresse et que ce n'est en rien équitable.

Ensuite, on l'attaque sur le stress. Oui, les pauvres petits choux sont sous pression à cause de l'examen. Et bien tant mieux. Il y a bien un moment où il faut leur dire que la vie ne se résume pas à faire la fête le samedi soir, sortir, jouer. Il faut les confronter au stress car la vie professionnelle et universitaire n'auront pas cette douceur. Donc à 17/18ans si on ne leur apprend pas à faire face à un stress parfois intense, ils se trouveront fort dépourvus plus tard. Car dans la vie, au travail, on est sous pression donc autant s'y habituer jeune. Des fois, il faut arrêter de vouloir surprotéger nos enfants et gueuler "les pauvres font un effort, ils sont stressés, c'est mal". Cessons cette politique du moindre effort. Les révisions d'avant le BAC, le fameux bachotage, c'est chiant, compliqué, mais ça fait partie de l'examen, cela fait partie de la formation. Cessons avec ces piètres arguments.

Non, la vraie question et la véritable problématique est : "De nos jours, à quoi sert le BAC? Quel est son utilité?". C'est là qu'est le cœur du problème. Et là, je vous suis pleinement, actuellement, il n'a plus aucune valeur. On le brade. Il n'y a qu'à voir les programmes. Je n'arrête pas de les critiquer, on enlève de plus en plus de choses. On nivèle par le bas et c'est une très mauvaise décision. Je l'ai déjà critiqué dans mon précédent article, mais le niveau baisse, c'est incontestable. On rend l'épreuve plus facile pour que le plus de gens l'ait. Il devient petit à petit comme le Brevet, on l'a globalement tous donc tout le monde s'en moque royalement et il est considéré comme normal de l'avoir.

Alors là, j'en vois déjà houspiller que c'est méchant envers ceux qui n'arrivent pas à l'avoir, que c'est quand même une épreuve difficile et que ça reste un diplôme prestigieux. Non! Sincèrement, non! Vous ne pouvez pas me dire que le BAC est un diplôme prestigieux, de haute valeur alors qu'à l'heure actuelle, il y a 84% de réussites. Maintenant des grandes surfaces le demandent pour être caissière. C'est un des gros problèmes. Il y a tellement de gens qui ont le BAC qu'il a perdu son côté élitiste. C'est devenu quasiment une norme d'avoir le BAC et donc les entreprises le demandent à tort et à travers. Avant, le BAC et ses différentes mentions permettaient de trier mais ce n'est plus le cas désormais. Si on veut ressortir, il faut faire des études supérieurs. Or, tout le monde n'est pas fait pour faire des études universitaires. On a tendance à oublier tant de belles autres formations. Les CAP, les BAC professionnels, l'apprentissage, etc. sont d'excellents moyens pour accéder à un métier. Mais non, notre société se focalise sur le BAC général et technique. Cela serait les gens encore, on s'en moque, mais les recruteurs le demandent souvent là où des diplômes et formations alternatifs sont possibles. Et c'est un problème majeur. On peut réaliser de grandes choses sans avoir le BAC. Par exemple, Fabrice Luchini, Michel Drucker, Michel Denisot, Patrick Bruel, Jean-Pierre Foucault, Pierre Bérégovoy, Alain Ducasse, François Pinault ou Jean-Claude Decaux n'ont jamais eu leur BAC et pourtant, ils s'en sont bien sortis. Entreprises et recruteurs, arrêtez cette hégémonie du BAC.

Autre voyant de l'inutilité du BAC, les études supérieurs. Avant, on avait les fameux dossiers scolaires et le BAC avec les mentions qui nous permettaient d'entrer dans telle ou telle école supérieure. Au final, de plus en plus d'écoles font leurs propres sélections. Ne pouvant plus se fier au BAC, il n'est plus rare de voir des écoles avec entrée sur concours ou sur examen. Preuve que le supérieur se détache davantage du diplôme, c'est l'initiative "admission post-bac" où l'on apprend si on est inscrit dans tel établissement avant même d'avoir passé l'examen. Il n'est plus le garant d'une certaine qualité alors le système s'en détourne.

Alors le critiquer, c'est bien. Mais que proposer comme solution pour pallier au manque de valeur du BAC? D'aucuns prêchent la suppression. Moi, je m'interroge pour mettre quoi à la place. Je suis ouvert à la discussion. Mais si c'est pour mettre le contrôle continue, je ne pense pas que cela soit une bonne chose. Pour moi, il faut rehausser le niveau du BAC, augmenter les exigences. On n'est pas là pour le donner, il doit aller aux méritants. Plus de gens vont le rater, et donc? Ce n'est pas une tare mais une opportunité. On remarque, en ratant le BAC, qu'on n'a pas forcément bien appris les connaissances vues au loin de la formation et on nous offre l'opportunité de redoubler pour consolider ces dernières. Je trouve cela nettement mieux que baisser le BAC et si vous savez mais pas trop, on vous laisse passer quand même et après dans le supérieur, c'est casse-gueule et vous vous découragez voire vous décrochez. Le but originel du BAC est quand même de certifier un certain niveau d'aptitude et de savoir. Redorons le BAC et rendons le à nouveau élitiste pour que ceux qui l'auront, riches ou pauvres, soient considérés comme des gens de qualité. En faisant cela, on casse la norme du BAC, la valeur du BAC vient de sa difficulté à l'avoir. Dans le même temps, on communique davantage sur les diplômes et formations alternatives (apprentissage, CAP, BEP, BAC pro...). En effet, tout le monde ne sera plus fait pour prendre le BAC. Il faut casser ce préjugé, tu veux réussir, avoir plein d'opportunités, passes ton BAC (général et technique). Il y a d'excellents métiers dans l'artisanat par exemple où l'apprentissage est fondamentale. Je le sais, mon père est maitre tapissier décorateur. Il n'a pas le BAC général et pourtant, il a beaucoup de travail et il gagne bien sa vie. N'est-ce pas ce qui compte? Car si c'est faire un BAC général, de grandes études, tous ça pour aller dans un marché saturé, à quoi ça sert alors qu'on a besoin de bouchers, de boulangers, de coiffeurs, d'artisans... Ces formations ne sont pas inférieurs au BAC. Je les trouve même plus intéressante car plus spécialisé. Vous voulez faire coiffeur, vous faîtes une école de coiffure, pas un BAC général où vous ferez des maths, de la physique... L'idée, vraiment, est de casser l'hégémonie du BAC, ne plus le rendre populaire mais plus difficile à avoir (donc beaucoup plus de mérites lors de son obtention) ce qui permet de mettre en avant d'autres formations plus adaptées aux ambitions des élèves.

Donc non, malgré son actuel inutilité, je suis contre la suppression du BAC, c'est une étape importante qui clos un cycle éducatif, en l'occurrence le lycée. Mais on doit lui rendre son rôle d'examen qui est réellement d'évaluer le niveau des élèves et non de s'abaisser à leur niveau. Arrêtons le BAC comme "the one best way" (comme disait Taylor) et croire qu'il "fabrique" les meilleurs élèves et mettons en avant les autres diplômes. Mais surtout, il ne faut pas briser le diplôme national pour des diplômes locaux, ce qui serait terrible à mon avis.

Une société indifférenciée

J’ai écrit une new à propos de mon avis sur le mariage homosexuel, cette fameuse question dont on n’arrête pas de parler. Un avis qui, évidemment, n’engage que moi mais qui était spécifiquement sur le mariage homosexuel et ses potentielles conséquences. Cependant, dans cet article, j’ai envie d’élargir énormément le débat et souligner une tendance que j’ai remarquée depuis quelques années. Cette pensée est d’ailleurs soutenue par Éric Zemmour, que je considère personnellement comme un des grands penseurs de notre temps. On peut être d’accord ou pas d’accord, il n’empêche qu’il réfléchit, c’est un penseur.

Ainsi le sujet du jour est, comme le titre le suggère, la société indifférenciée. Depuis un long moment, on cherche à faire de notre société une société indifférenciée, c’est-à-dire, composée d’individus et non plus, d’hommes et des femmes. On essaie de casser les moult distinctions qui séparent et différencient les deux genres pour les rapprocher de plus en plus vers un archétype commun. Pour se faire, il faut casser l’ordre traditionnel où la femme serait opprimée par l’homme, il faut émanciper la femme du joug des hommes.

Pourquoi les femmes dépendaient-elles des hommes ? Car c’était eux qui travaillaient dans les mines, dans les usines ou aux champs… C’est eux qui ramenaient l’argent qui permettait à la famille de vivre. Pour éradiquer cela, on a fait travailler la femme, c’est parfois même elles qui le réclamaient. Avant, pourtant, elles travaillaient. Elle travaillait aux champs pour avoir de la nourriture, elles entretenaient le foyer familial et surtout, tâche importante, elles s’occupaient pleinement de l’éducation des enfants. Allez demander à une femme aux foyers si ça, ce n’est pas du travail. Bien sûr que si, le problème est que l’homme et la femme ont ici deux rôles différents. L’un s’occupe de ramener de quoi vivre et l’autre s’occupe de la vie familiale. Non, il faut briser cela, les femmes sont des travailleuses en puissance, elles doivent pouvoir travailler comme les hommes et s’assumer financièrement. Homme ou femme, tous des travailleurs.

Il y a plein d’exemples comme cela, on pourrait citer le droit de vote des femmes, la mise en place de la parité dans de nombreux domaines… C’est ce qu’on appelle l’égalité des sexes. En somme, une femme et un homme ont les mêmes droits et les mêmes possibilités. Beaucoup de mouvements se sont battus pour cela, d’accord. Mais le problème est qu’actuellement, on va encore plus loin. Précédemment, je disais, les deux travaillent mais ils ont des rôles différents. Néanmoins, on souhaite supprimer cette distinction de rôles. On veut qu’il n’y ait plus qu’un genre. Quand je dis un genre, ça outrepasse le sexe biologique, c’est la fameuse théorie du genre. En somme, c’est la société, notre environnement, qui dicte notre rôle. Et on veut faire une société indifférenciée, c’est-à-dire que femme ou homme, malgré quelques différences incontestables biologiquement parlant, c’est la même chose. Ils sont interchangeables.

Et le mariage homosexuel est un excellent exemple de cette idéologie. On est en train de nous dire qu’épouser un homme ou une femme, c’est pareil. Du moment qu’on s’aime, que cela soit un homme ou une femme, cela n’a peu d’importance, ils sont interchangeables.

Or il faut choisir un genre. Qu’est-ce qui arrange le capitalisme ? C’est la femme sans aucun doute. C’est elle, l’acheteuse compulsive. Nous ne sommes plus un pays producteur, preuve en est, la désindustrialisation du pays. Cela est bon pour la Chine ou l’Inde. Maintenant, on est un pays de consommateurs et nous devons donc avoir des consommateurs. Et rien de mieux pour cela que les femmes. Donc il faudrait faire tendre l’homme vers l’archétype de la femme.
Le problème est qu’ils sont assez fiers ces hommes, ils ont une virilité, un honneur. C’est des combattants, des transgresseurs. Il faut détruire cette combativité qui les endurcit. Pour se faire, on a considérablement allégé le service militaire. On n’apprend plus à combattre, être autoritaire, avoir un caractère bien trempé.

Ensuite, on doit féminiser les hommes. Les femmes travaillent au même titre que les hommes donc les hommes doivent aussi s’occuper des enfants, nettoyer la maison, faire la cuisine… Attention, certains hommes sont heureux de le faire, je ne dis pas le contraire. Je dis juste qu’anciennement, ce n’était pas leur rôle. On trouve même des hommes au foyer maintenant. Pour ne pas aller jusqu’à cet extrême, on a par exemple l’allongement du congé de paternité pour que les hommes s’occupent plus de leur famille.

Et enfin, les brebis galeuses, on va les insulter, les traiter de macho. Tous ceux qui osent dire qu’hommes et femmes sont différents, qu’ils ont des rôles différents, sont traités de machos, de réacs, de personnes contre l’égalité des sexes…

Après, évidemment, il faut nuancer mon propos. Mais la mouvance que je dénote est celle-ci. Après, il y a des gens qui tentent de résister, notamment en banlieue et qui essaient de se forger une virilité, pour reprendre le terme de Zemmour, barbare. Ils ne veulent tellement pas perdre cette virilité, cet honneur, qu’ils l’ont développé à l’excès. Cela se bat pour un regard car cela est une insulte à son honneur, c’est un manque de respect. On a soumis les femmes à l’excès où elles ne peuvent plus faire ce qu’elles veulent, sortir quand elles veulent, comme elles veulent. C’est totalement archaïque et excessif et donc dangereux mais ce sont des personnes qui se battent pour conserver un modèle traditionnel alors qu’on leur enlève de plus en plus les moyens de le faire. La conscience collective ne l’accepte plus et ces gens réagissent en se marginalisant et cela est regrettable.

Donc voilà, je ne fais que constater cette idéologie, cette mouvance, pour une société indifférenciée. Après, personnellement, je suis pour la conservation du modèle traditionnel. Pour moi, hommes et femmes ont des rôles différents mais complémentaires et tous deux importants. L’un est chef de famille, l’autre est chef du foyer. Vous pouvez me traiter de macho dans le sens où je ne veux pas m’occuper de certaines tâches. Après, je ne me considère pas comme supérieur à la femme, je suis d’ailleurs ravi de débattre avec ces dernières et elles disposent tout autant de capacités intellectuelles que les hommes voire plus que certains.

Le conseiller général

Je continue avec la présentation des fonctions politiques. Et cette fois, je vais traiter de celle de conseiller général. Comme la dernière fois, je vous propose une interview d'un de mes conseillers généraux, M. Ubaud.

M. UBAUD, bonjour et merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions. Tout d’abord pourriez-vous, s’il vous plait, vous présenter ainsi que votre parcours ?

Je me suis engagé très jeune en politique, au Mouvement des Jeunes Socialistes alors que j’étais lycéen au Parc Chabrières. En 1983, à l’âge de 24 ans, je suis élu Conseiller municipal dans la majorité de gauche de notre commune. La même année je deviens secrétaire de la section PS d’Oullins. Je me présente à une première élection citoyenne sur mon nom en 1998 et les Oullinois m’accordent alors leur confiance : je suis depuis cette date leur Conseil général puisque réélu en 2004 et 2011. En 2001, je suis désigné par l’assemblée départementale pour siéger au Sytral et m’occuper des transports en commun dans notre agglomération : je suis plus particulièrement le dossier du métro à Oullins que la nouvelle majorité de gauche au Grand Lyon et au Sytral décident de porter.

Donc nous sommes là pour parler de la fonction de Conseiller général. Vous êtes donc avant tout membre du Conseil général. Pouvez-vous nous expliquer quel est le rôle de ce Conseil ? Quels sont les domaines dans lesquels ce conseil intervient ?

Plus logiquement le Conseil général devrait porter le nom de Conseil départemental puisque cette assemblée gère les affaires du département, pour nous le département du Rhône. Son budget s’élève à 2 milliards d’euros, ce qui le place au même niveau que celui du Conseil régional Rhône Alpes qui compte pourtant huit départements. La moitié de cette somme est consacrée au social, à l’insertion, à l’aide aux handicapés, aux personnes âgées ou dépendantes. Les autres compétences sont les collèges (5 à Oullins), les routes départementales (3 à Oullins), l’aide aux communes (1,2 millions d’euros pour la ville d’Oullins en 3 ans), l’aide aux associations (410 000 euros par an). Personnellement je siège à la commission « aménagement du territoire, économie, transport et voirie »

Quelle relation entretient le Conseil général avec les conseils municipaux ? En cas de conflit, est-ce le département qui a l’autorité ou bien la situation est-elle bloquée jusqu’à ce qu’un des partis cède ?

En France, les collectivités locales sont indépendantes les unes des autres et il n’existe pas de lien hiérarchique entre elles. Cependant, elles collaborent, notamment dans le financement de projets et l’apport d’aides diverses, comme je l’évoquais précédemment. Le Conseiller général est donc élu directement par les citoyens qu’il représente au niveau départemental sans lien direct avec le Conseil municipal.

Être conseiller général, est-ce un travail à plein temps ? Avec quelle périodicité le conseil se réunit-il ?

Etre élu local n’est pas un travail au sens professionnel du terme, c’est un mandat électoral. Bien évidemment il faut se rendre disponible, parfois la journée, très souvent en soirée et le week end. Le Conseil général se réunit tous les deux mois en Commission permanente et en séance publique, auxquelles s’ajoutent les réunions de commissions thématiques, le Sytral en ce qui me concerne. Etre conseiller général s’accompagne d’une présence au quotidien auprès des associations et des habitants si l’on veut connaître leurs besoins et pouvoir les aider à mener leur action indispensable au vivre ensemble. J’attache une importance particulière à cette proximité.

Quels sont, selon vous, les qualités requises pour être conseiller général ?

S’intéresser à la vie publique, aimer le contact, connaître la réalité du terrain, avoir le sens de l’écoute pour mener au mieux et au plus près des préoccupations des gens les projets que nous devons porter et défendre pour tenter sans cesse d’améliorer la situation de vie du plus grand nombre.

Parlons si vous le voulez bien des élections qui se sont déroulées il y a peu. Comment sont élus les conseillers généraux et par quel scrutin ? Pour combien de temps sont élus les conseillers généraux ? Les élections se font-elles par moitié comme pour le Sénat ou bien entièrement comme lors des municipales ?

Effectivement, les élections cantonales ont eu lieu en mars dernier à Oullins. je remercie les Oullinois de la confiance qu’ils placent en moi car chaque scrutin voit mon score progresser. Les Conseillers généraux sont élus pour 6 ans et par moitié tous les 3 ans. La loi sur le Conseiller territorial devrait supprimer ce mandat, mais si la gauche, comme je l’espère pour mes concitoyens, gagne la présidentielle de 2012, cette loi, contraire à la démocratie et au bon fonctionnement des collectivités locales, sera abandonnée. Nous sommes à l’inverse de cette loi désastreuse favorables à un acte 3 de la décentralisation pour dynamiser et renforcer nos territoires.

Quel sont les critères pour être éligible ? Tout le monde peut-il se présenter à condition d’avoir plus de 18 ans ?

Pour être candidat à l’assemblée départementale, il faut tout simplement être inscrit sur les listes électorales du département. Depuis 2008, le candidat est accompagné d’un candidat remplaçant. Les deux candidats doivent être de sexe différent. En mars dernier j’ai donc mené campagne avec ma collègue Conseiller municipale : Joelle Séchaud.

Mon site, c’est aussi et avant tout, un site d’informatique (notamment web), donc parlons un peu de ce domaine. Les élus doivent être à l’écoute de la population. Pensez-vous qu’ils se doivent d’être présents sur la Toile (avoir un blog et/ou être actif sur les réseaux sociaux) pour mieux pouvoir échanger, débattre ou au moins informer la population ?

J’ai ouvert un blog il y a plusieurs années déjà. Grâce à sa fréquentation, je suis donc présent sur le net. Je communique aussi régulièrement avec un autre support : une « newsletter » avec laquelle mes collègues PS et moi-même diffusons nos interventions du Conseil municipal et abordons des sujets d’actualité. Aux moments forts de la politique comme les dernières cantonales ou les primaires citoyennes, nous communiquons aussi avec des newsletters spécifiques.

Personnellement, je n’ai pas d’autres questions. Aimeriez-vous ajouter quelque chose ?

Je souhaite saluer l’initiative citoyenne que vous menez à travers votre blog et vous remercier pour cet entretien.