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Les articles de la catégorie : Culture

Retenir facilement des nombres

Bonjour à tous, aujourd'hui, un article un peu spécial car on va parler de la mémoire et notamment comment retenir facilement des nombres. En effet, notre cerveau est très fort pour mémoriser des souvenirs car c'est une scénette concrète. Nonobstant, il a beaucoup plus de difficultés pour enregistrer des choses abstraites. Si je vous demande de mémoriser "courage", "loyauté", "chaleur", "mémoire" et "senteur" et de me les ressortir dans deux jours exactement, vous aurez beaucoup plus de mal à les retrouver que si c'était "chat", "boulangerie", "pluie", "téléphone" et "livre". Contrairement aux premiers, vous pouvez imaginer un chat qui va se mettre à l'abri dans une boulangerie alors qu'il pleut. Voyant ce chat, la boulangère appelle avec son téléphone la propriétaire qui était en train de lire un livre. Ce genre de scénette vous permet de vous souvenir beaucoup facilement des choses. Car oui, votre cerveau, même s'il est très cartésien, a une mémoire visuelle très développée et donc il est plus facile de se représenter et se souvenir de choses concrètes que de choses abstraites.

Or, les nombres sont abstraits. Bien qu'on peut visualiser leur écriture (1, 2, 3,...), comme ou pouvait le faire avec "courage", "loyauté"..., on les retiendrait plus facilement si on les associait à des choses concrètes. Et il se trouve que c'est justement ce qu'utilise les champions de la mémoire. Le but est de développer ce qu'on appelle une table de rappel. La table de rappel est un tableau associatif qui va attribuer à un nombre une représentation physique. Cette table de rappel nous est propre. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de bonnes ou mauvaises tables de rappel, le but est vraiment que ça vous parle. Car le but in fine de la table de rappel est que ça devienne un automatisme. Si je vous dis un nombre, direct vous allez penser à son associé dans votre table, à l'instar de ce que vous faites pour les tables de multiplication. Au début, vous avez dû les apprendre par cœur, puis maintenant, c'est un automatisme. Si je vous dis 2 x 7, vous n'allez pas parcourir les tables pour aller jusqu'à 2 puis parcourir la table de 2 pour arriver à la 8e ligne et voir que 2 x 7 équivaut à 14. C'est devenu un automatisme. Globalement, votre table de rappel sera pareil. Au départ, il va falloir vous le répéter plusieurs fois, les apprendre par cœur et au bout d'un moment, vous vous en souviendrez automatiquement. Et comme les multiplications, on va y aller par pallier, petit à petit. Évidemment, on ne va pas encoder tous les nombres. Cela serait très compliqué. On pourrait se contenter comme les multiplications de le faire de 0 à 9. Toutefois, il y a un intérêt particulier à le faire de 0 à 99 car ça permet de diviser le nombre de nombres à retenir par 2 et on regroupe souvent les chiffres par deux. Les numéros de téléphone en sont un parfait exemple.

Tout le travail pour le moment va être de remplir votre table de rappel. Comme je vous l'ai dit, elle vous est propre donc vous pouvez imaginer votre propre code. Cependant certaines personnes peuvent se retrouver un peu désemparées et ne sachant pas par où commencer. Permettez-moi donc de vous donner quelques clés. Il y a plusieurs codes possibles, un qui peut vous aider est le code chiffres-rimes. L'idée est d'associer votre nombre avec un mot dont la fin rime avec le nombre. Par exemple, pour le 1, on peut l'associer à un train, ou à un bain, le 2 à un feu ou à un cheveux, le 3 à une oie, ou à un roi, et ainsi de suite. Prenez toujours des éléments physiques. Pour 3, ne prenez pas joie par exemple, car c'est abstrait. Le plus utilisé et celui que j'utilise est le code chiffres-sons, aussi appelé le système majeur. L'idée est de retenir un petit tableau, très simple qui va associer un chiffre à un son :

0

s z

1

t d

2

n

3

m

4

r

5

l

6

j ch ge

7

k c gu

8

f v ph

9

p b



Ici, on se concentre sur les consommes et leur sonorité et le principe de ce système est de remplir notre table de rappel en mettant des voyelles pour en faire des mots qui utilisent dans l'ordre ces sonorités. Par exemple, la table de rappel que j'utilise et qu'on trouve facilement en ligne (si vous ne souhaitez pas vous embêter à faire la vôtre) :
image utilisateur

Maintenant, quand on vous dit un numéro de téléphone du style 04 78 50 82 65 (je ne sais absolument pas qui c'est, je l'ai inventé pour l'exemple), vous pensez : Rat Café Lasso Van Châle. Vous vous retrouvez avec plus que 5 images à retenir et comme énoncé précédemment, on retient plus facilement des images que des écritures. Cette technique marche vraiment et peut vous aider à retenir de grands nombres tels que des numéros de comptes, les 100 décimales de pi ( y a de meilleurs techniques dédiées à ça mais cette technique générale peut s'y appliquer), tout ce que vous voulez. Couplez avec le palais mental, vous pouvez aller vraiment très loin et augmenter signification votre mémoire numérique. Je vous invite à apprendre par cœur dizaine par dizaine. Quand vous maitrisez bien votre dizaine, que c'est devenu un automatisme, vous ne réfléchissez même plus, vous passez à la dizaine d'après.

Voilà, j'espère que cela vous sera utile.

Jeu : Retrouvez la version anglaise de ces chansons

Ce jeu est très simple et il va vous faire saigner les oreilles :D . Les années 60/70/80 sont un chef d'oeuvre des chansons anglaises francisés. À l'époque, l'anglais n'était pas aussi courant qu'aujourd'hui et surtout, on préférait parler français. Du coup, nos chanteurs hexagonaux n'ont pas hésiter à reprendre certains grand hits anglophone et à les adopter. En commentaire de ce statut, je vais mettre des vidéos de ces musiques et votre but sera de trouver la chanson anglaise en usant du reply. Je précise aussi que nos chanteurs ont aussi inspiré parfois, du coup, il y aura aussi des chansons français postérieures à la version anglaise.

Chariot - Petula Clark - 1962


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I will follow him - Sister Act



Déprime - Sylvie Vartan - 1983


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Sweet dreams - Eurythmics



Qui est ce grand corbeau noir? - Ringo - 1979


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Video killed the radio star - Buggles



Mon nez, mon nez - Plastic Bertrand - 1983


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Money, money, money - ABBA



Elle chantait ma vie en musique- Gilbert Montagné - 1973


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Killing Me Softly - Roberta Flack



Les filles nous on veut du fun - Helena Lemkovitch - 1984


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Girl just wanna have fun - Cyndi Lauper



Je vous aime ainsi - Jeanne Mas - 2001


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All by myself - Céline Dion



Heureux tous les deux - Franck Alamo - 1963


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Happy together - The turtles



Le temps de fleurs - Dalida - 1968


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Those were the days - Mary Hopkin



Fiche le camps, Jack - Richard Anthony - 1961


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Hit the road Jack - Ray charles



La vie chante - René Simard - 1972


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Life is life - Opus



Danse ta vie - Sylvie Vartan - 1983


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What a feeling - Irène cara



La terre promise - Richard Anthony - 1994


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California dreamin' - The mamas and the papa



Reste avec moi - Mireille Mathieu - 1998


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Unbreak my heart - Toni Braxton



Si demain" - Bonnie Tyler et Kareen Antonn - 2003


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Total eclipse of the heart - Bonnie Tyler



L'homme en noir - Sylvie Vartan - 1964


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Oh Pretty Woman - Roy Orbison



Baby love - Annie Philippe - 1965


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Baby Love - The Supremes



Une poussière dans le cœur - Line Renaud - 1967


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Can't take my eyes off you - Frankie Valli



Quel monde merveilleux - Roger Whittaker - 1968


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What a wonderful world - Louis Armstrong



Goldfinger - John Williams


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Le générique de Goldfinger



Et je m'en vais - Eva - 1978


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It's an heartach - Bonnie Tyler



Toutes les mêmes - Sacha Distel - 1976


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Love is all - Roger Glover



Marylène - Martin Circus - 1975


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Barbara Ann - Beach Boys



Aime - Noam - 1980


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Remember my name - Irène Cara



Tu vis encore - Stephend - 1996


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The show must go on - Queen



La méditerranéenne - Hervé Vilard - 1983 (ok, c'est italienne pour elle)


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L'italiano - Toto Cutugno



Tir groupé sur Cloclo



1962 - Belle! belle! belle!


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Made to Love - Phil Everly



1963 - Si j'avais un marteau


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If I Had A Hammer - Trini Lopez



1974 - Le téléphone pleure


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Telephone Call - George and Tammy and Tina



1976 - Cette année là


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December, 1963 - The Four Seasons



Science et Religion : Ami ou ennemi?

Ma philosophie peut se résumer à “je crois que ce que je vois”. Je me vois comme un scientifique qui ne se base que sur la raison et les faits. Il y a indubitablement des choses qu’on ne peut pas encore expliquer. Le mot important dans cette phrase est “encore”. Je considère qu’il y a toujours une explication logique que nous ne sommes simplement pas encore en mesure d’appréhender. Car non, nous n’avons pas la science infuse. Avant, nous traitions de sorcières les personnes faisant des choses qu’on ne pouvait expliquer, on parlait de magie. Et la science a pu démontrer et expliquer bon nombres de tours qu’on était incapable de comprendre avant. Pour moi, l’inexpliqué relève simplement de ce manque de connaissances à l’instant T et non pas d’un être suprême et autres déités. Cet agnosticisme m’amène à penser que les notions tel que le Destin, le Karma, Dieu(x), l’Amour allégorisé ne sont que des chimères inventées par l’Homme pour se rassurer dans son ignorance et la peur de l’inconnu. “Pourquoi le sort s’acharne sur moi? - Car c’est ton destin, Dieu en a décidé ainsi”. C’est pratique et cela nous permet même de nous dédouaner de nos propres erreurs. “Pourquoi l’Amour me refuse le bonheur?” Mais pour moi, tout cela n’existe pas et à dire vrai, je le pense toujours. Mais là n’est pas la question.

L’objectif de ma réflexion du jour est de se demander si justement la Science ne devrait pas faire disparaître la Religion, si la raison ne devrait pas l’emporter sur la croyance aveugle, si au final, la Religion n’est qu’un vestige d’une époque ancienne et qu’on devrait détourner les gens de cet obscurantisme. Eh bien, contrairement à ce que peut laisser présager mon profil, je dirais que non. J’irai même plus loin en disant que les deux sont essentielles et complémentaires pour l’épanouissement et l’évolution de l’Homme. Ce n’est pas parce que je ne pratique ni ne crois moi-même que je ne peux comprendre toute l’utilité et tous les apports bénéfiques de la Religion pour l’être.

Alors avant d’aller plus loin dans la réflexion, je pense qu’il est souhaitable de définir ces deux notions. Il est important, si ce n’est impératif, de comprendre que je les prend dans leur sens large. Je ne me borde pas aux grands cultes ni aux sciences de notre époque.

Quand je parle des Sciences, c’est un immense système reposant sur des faits et implémentant par inférence des lois, des règles, des méthodes afin de rendre ce système logique. Par exemple, le système de numérotation, les appellations changent, on peut dire 1, un, I, uno, one,... Mais la logique reste la même, derrière. Quand on prend un objet, on a une unité de cet objet. Rajoutons une unité équivalente de cet objet, on vient de doubler, c’est un fait indubitable donc on a deux. Si on enlève une unité de cet objet, irrémédiablement, on retombe sur une unité. Peu importe ce qu’on prend comme unité, le système de calcul reste le même. De cela, on peut en définir des règles, 1+1 = 2 et 2-1=1, tout cela est logique. Les Sciences, c’est l’ensemble de tout cela, des faits, des inférences pour former un système logique. Cela peut être aussi bien du réel tel que la physique, la médecine, le géologie, l’astronomie, etc, que de l’immatériel comme les sciences politiques économiques et sociales ou la psychologie. Certaines sont des Sciences dures dans le sens où elles sont absolues, ça va être dur de révolutionner la loi de la gravité, elle s’impose à nous, on ne fait que constater. D’autres sont plus flexibles avec différentes écoles de pensées notamment dans l’immatériel où il n’existe pas de règles absolus mais où on peut en déduire des règles, des concepts et des principes applicables. Voilà, comprenez bien que je prends le sens très large.

La Religion suit également la même logique. Je ne me borne pas au Christianisme, l’Islam, le Judaïsme, le Bouddhisme, le Shintoïsme, etc. Je parle Religion au sens large. Ciceron définissait la Religion comme “le fait de s'occuper d'une nature supérieure que l'on appelle divine et de lui rendre un culte”. C’est le cas de nos trois grandes religions occidentales actuelles mais aussi ancienne comme les mythologies grecs, égyptiennes, nordiques, védiques.... Mais moins le cas avec le Bouddhisme qui est plus une école de pensée, une manière de vivre reposant sur l’humain et non une autorité supérieure. Bien qu’on honore Siddharta Gautama, le Bouddha, c’était un chef spirituel, un sage mais non un dieu. Donc je relativiserai les propos de Ciceron et dirai qu’une Religion est un ensemble de croyances et rites par un groupe ou une communauté relevant du domaine spirituel, ésotérique comme exotérique. C’est très large comme vous le voyez. L’objectif n’est pas de se limiter à un dogme mais de voir les apports de cette spiritualité sur l’Homme.

La Religion est présente de tout temps et partout. Dès les origines de l’Homme où l’on vénérait la Nature nourricière, jusqu’à nos jours, de notre civilisation jusqu’à la petite tribu tribale. Pourquoi ce besoin de croire en quelque chose de plus grand? Le divin transcende-t-il donc les âges? Tout d’abord, comme précisé dans l’introduction, l’Homme déteste l’inconnu. Cela l’amène très vite à se poser des questions dites existentielles comme “Quel est le rôle de la vie?”, “Y a-t-il une vie après la mort?”, “Qui a créé ce monde dans lequel on vit?”, tout cela sont des questions insolubles. Il n’existe pas UN rôle pour la vie. Personne ne se réveillera pour témoigner de ce qu’il y a après. On a beau repousser les découvertes sur notre monde, galaxie, univers, on peut toujours s’interroger sur ce qu’il y avait avant. Il y a eu un big bang qui créa l’univers. Ok mais qu’est-ce qui a provoqué le big bang? On ne sait pas. On est dans le noir. Et la Religion apparaît alors comme une réponse à ces interrogations. C’est de la croyance, il n’y a pas de preuves arrêtés mais cela comble ces vides qui pourraient tourmenter nos âmes.

En réalité, c’est bien là un des rôles de la religion, s’occuper de notre âme. L’âme, du latin amina voulant dire respiration/souffle, est ce qui nous anime en tant qu’être vivant. On a un aspect physique, le corps alimenté par une pompe, le cœur, qui fait fonctionner un moteur, le cerveau, qui fait tourner la mécanique, nos muscles. Mais le corps n’est qu’un réceptacle pour notre soi, ce qui fait notre être. Nous ne sommes pas qu’une machine, nous avons une conscience propre qui nous caractérise, c’est cela l’âme. Et cette âme peut être tourmentée par nos émotions, nos envies, nos regrets et nos frustrations. Or tout être tend au bonheur. La religion souhaite nous amener à ce que Épicure appelle l’ataraxie, la quiétude absolue de l’âme et pour atteindre cette ataraxie, il faut suivre l’enseignement de cet être divin qui cherche à nous élever, qui doit nous servir de modèle. Pour cela, généralement tout une série de valeurs et principes de bonnes conduites vers lesquelles les croyants doivent tendre est prônée par les religions. Cela passe notamment par l’inculcation du bien et du mal.

Le religion est aussi un immense vecteur social et c’est là une des plus grandes forces de la religion et qui la fait subsister depuis si longtemps. Partager des rites, un mode de vie et de pensée permet de réunir les individus. Autant on se bagarre pour nos différences, autant on s’unit pour nos ressemblances. On se regroupe quand on partage une même culture et la religion forge en partie cette culture commune. Outre le côté pensée, il y a les édifices et offices religions, les idoles et autres symboles. Tout cela fonde une unité de groupe et forme ainsi une communauté. Toutes ces rencontres apportent beaucoup à l’Homme d’un point de vue social mais aussi épanouissement personnel. Rappelons la pyramide de Maslow qui classe les différents besoins attendus par l’Homme, au troisième niveau en partant du haut, il y a le besoin d’appartenance. L’Homme aime se sentir au sein d’un groupe, c’est une étape importante de son accomplissement. La religion a permis d’unir des peuples voire des civilisations. Bien sûr qu’elles ont été cause d’innombrables morts par la guerre, les sacrifices… mais a permis aussi d’incroyables unions et perpétuations de personnes.

Enfin la religion est porteuse d’espoir. Bien souvent, elle autorise la rédemption sans forcément tomber dans la miséricorde. Cela passe parfois par des rites d’expiations, des prières...mais elle apporte toujours l’espoir d’un avenir meilleur. La religion prêche la confiance en l’avenir, que ce n’est que des tests de leurs déités, que si on agit bien, alors le bonheur nous attend, dans cette vie ou dans l’autre. Et c’est là aussi une des grandes forces de la religion, faire garder l’espérance même dans les périodes les plus noires. Or, comme le veut l’adage, “l’espoir fait vivre”. Cela permet d’endurer bon nombres de sévices sans plier dans l’espérance q’un jour, la roue tourne.

Bien sûr, tout cela se heurte à l’absence de preuves réelles, c’est de la croyance pure. Ce qu’on appelle la foi. Or, nous sommes dans un matérialisme croissant accompagné par la montée de l’agnosticisme et de l’athéisme. On attribue cela au développement de la Science. Celle-ci se reposant sur des faits et des raisonnements peut démontrer ce qu’elle avance et démontre bien souvent le contraire de ce que prêche la religion. Par exemple, la théorie de Darwin a montré qu’on ne vient pas de la poussière ou d’une déité mais qu’on est né d’une évolution génétique des grands singes, Galilée a prouvé le modèle héliocentrique. Pendant des années, Science et Religion ont cohabité, mais là, la Science s’attaque à ce que dit la Religion, s’attarde à démontrer que c’est irréaliste, là où la Religion parle du divin. À partir de là, Science et Religion ne se sont plus entendues. Sans preuve et indémontrable, les gens se sont détournés de plus en plus de la Religion vu comme un ramassis de belles paroles pour se tourner vers le réel, le pragmatisme et la Science. C’est l’imperium de la raison, la sanctification de l’esprit. C’est démontrable, explicable et prouvable. Cela a permis des avancées bien réelles avec les outils, l’optimisation des ressources, les machines. Là où la Religion, elle, ne restait qu’une pensée. La Science faisait avancer, cela nous cultivait et nous apportait du savoir sur la compréhension de notre monde, de façon beaucoup plus logique que la croyance aveugle. Et cela est extrêmement important.

Toutefois, elles ne devraient pas se faire la guerre. Elles ont des rôles différents. L’un incarne la tête / la raison, l’autre le cœur / les émotions. Et les deux sont nécessaires à l'épanouissement de l’Homme. Il nous faut notre intelligence par avoir un esprit critique, analyser les situations, pouvoir innover. Nonobstant, il nous fait aussi quelque chose en quoi croire pour pouvoir avancer. On a beau avoir une belle voiture, un moteur plein, si on ne sait pas où l’on souhaite aller, alors nous stagnons, on divague, on erre. Après, nul besoin d’Église pour cela vous me direz, on peut se battre pour notre famille, pour nos amis, les personnes qui nous sont chères. Pourtant, il y a, et il y aura toujours des laissés pour compte, des gens abandonnées, des gens qui se sentent seules au fond d’eux même s’ils sont entourés et qui n’osent pas parler de leurs problèmes ou qui ne peuvent pas, des gens désillusionnées, dévastées par le fatalisme. D’après de nombreuses études, les personnes qui ont une plus proche vision du réelle sont les dépressifs. Ils n’enjolivent pas comme le font les autres. Ils ont vu, ils ont assimilé et on en déduit que ce n’était pas ce qui les attendait. Comment rêver dans un monde pragmatique où tout serait une suite de cause-conséquence, où des règles inextricables régisseraient le monde? Il nous faut des illusions, des chimères, des choses en quoi croire pour nous pousser à exister. Et la Religion essaie de répondre à ce besoin.

D’autant qu’elles ne sont en rien incompatibles. Je sais qu'aujourd’hui, on a l’habitude d’opposer Science et Religion, mais pendant des années, elles ont travaillé de concert. Pendant des siècles, les chercheurs étaient principalement les membres religieux, des druides jusqu’aux professeurs d’université. Je me souviens de Kant, grand philosophe du XVIIIe siècle, prouver l’existence de Dieu par un triangle dans “Critique de la raison pure”, ou encore Descartes, alors prêchant le rationalisme (qui deviendra par la suite le cartésianisme), accepter et démontrer que Dieu existe dans le “Discours de la méthode”. Ces arguments ontologiques n’ont en rien affectés leur intelligence et leurs pensées. Je dirai même plus, la Science a besoin de la Religion. La Religion, c’est tout un tas de valeurs et de principes moraux et de là vient l’éthique. Qu’est-ce qui nous empêche de faire de l’eugénisme? De modifier les embryons? De modifier notre corps par le transhumanisme? Scientifiquement, rien. On pourrait faire des recherches, des expériences dessus. Et d’ailleurs, certains le font, énième preuve de l’érosion de notre éthique. Mais pour beaucoup, on le refuse, par conscience. Rabelais disait “ la science sans conscience n'est que ruine de l'âme”. La Science aveugle est tout aussi dangereuse que le fanatisme religieux. La Science et la Religion s’autorégulent, chacun empêchant l’autre d’aller trop loin et c’est une bonne chose. Il ne faut pas que l’une efface l’autre, il faut qu’elles œuvrent main dans la main, le corps et l’esprit, le cerveau et le cœur.

La Science et la Religion.

L’immortalité est-elle possible ?

Voici une bien grande question. C’est également une quête pour bons nombres de personnages de fiction, héros comme méchant. Toutefois, bien que fiction, on est en droit de se demander si cela est réellement possible et non juste chimérique. Il va donc de soi que de nombreux scientifiques de toutes ères se soient tentés à l’exercice. Et hypothétiquement, c’est possible. Mais pour le moment, rien n’est prêt ni fait. Mais soyons précis, je parle ici de mort naturel, d’immortalité biologique. Ça, oui, dans un futur potentiel, on pourrait le faire (si tant est qu’on ne les interdise pas pour des raisons éthiques et économique).

Pour bien comprendre comment vivre éternellement, il faut comprendre pourquoi on meurt. Simple diront certains. Notre cœur cesse de battre. En l’absence d’une pompe, le sang ne monte pas alimenter le cerveau. Ce dernier s’éteint et c’est terminé. Et…c’est juste mais c’est une vision relativement macroscopique. Et il n’y a aucun problème avec cela mais ça masque toute la complexité de la mortalité. Votre cœur bat bien depuis votre enfance. Pourquoi, d’un coup, il dirait « J’en ai marre, j’arrête ! » ? Il y a bien une raison particulière. Je précise évidemment que je parle ici de mort naturel. Pour les meurtres ou accidents, la vision macroscopique va bien. Mais quid de l’âge ?

Allons donc plus en profondeur. L’erreur de la vision macroscopique est de vous voir comme une seule et unique entité. Or c’est loin d’être le cas. Vous n’êtes que la résultat d’un amas organisé de cellules, dans les 100 000 milliards de cellules. Et il faut savoir que chacun a sa propre espérance de vie. En effet, une équipe de chercheurs suédois eut l’idée d’appliquer les méthodes de datation (notamment le carbone 14) pour estimer l’âge de nos cellules à différentes étapes et ainsi estimer leurs durées de vie, car hélas toutes ne se valent pas. Ainsi, je cite l’article de Jean-Luc Nothias, « une cellule de peau a ainsi une durée de vie de 3 à 4 semaines avant d'être renouvelée. Un globule rouge vit lui quelque 120 jours. Une cellule de la rétine ne dépasse pas la dizaine de jours. Une cellule de foie ou de poumon vit de 400 à 500 jours tandis que les cellules tapissant la surface de l'intestin ne tiennent que 5 jours […] Ils ont ainsi pu montrer que la plupart des cellules d'un corps humain ont moins de 10 ans. Les plus vieilles, dans la catégorie de celles qui se renouvellent, sont les cellules des parois de l'intestin et celles des muscles des côtes qui atteignent 15 ans ». Ainsi globalement, tous les 15 ans, notre corps est entièrement différent. Sachant qu’on perd à peu près 20 milliards de cellules chaque jour. Comme vous vous en doutez, on ne meurt pas à 15 ans, comment cela se fait-il donc ? Car évidemment, il y a des morts mais également des « naissances » si je puis dire. De nouvelles cellules sont créées via la division cellulaire. En somme, une cellule mère va se diviser en deux cellules filles identiques. On vit donc avec des clones et c’est grâce à ça que nous existons d’ailleurs, c’est ce clonage qui fait qu’on reste « nous ». Mais du coup, ok, j’ai des cellules qui meurent mais d’autres apparaissent donc ça compense. Donc où est le problème ? Pourquoi vieillissons-nous et mourrons-nous si ça ne vient pas de l’âge individuel de nos cellules qui engendre cela ?

Il faut savoir qu’une cellule ne peut (en théorie) pas se diviser infiniment. Vous connaissez surement ce qu’est l’acide désoxyribonucléique, soit l’ADN. C’est une séquence de nucléotides qui contiennent les informations génétiques nécessaire à notre bon fonctionnement. C’est donc un élément précieux qu’il faut protéger. Et évidemment les parties les plus sensibles sont les extrémités de l’ADN qui ont le plus de risque de s’effilocher et de se perdre lors de la copie durant la division cellule. Mais que la Nature est bien faite ! On a les télomères pour pallier le problème. Les télomères sont des séquences de nucléotides qui se répètent (chez l’homme, c’est TTAGGG) et qui n’est pas codante. Elle ne sert à rien et peut littéralement se perdre. Elle agit en bouclier pour la vraie séquence codante elle. Et pour être sûr qu’elle ne fusionne pas avec un autre chromosome, elle se replie sur elle-même. Elle agit, en fait, comme le bout de vos lacets, vous savez, ce bout de plastique qui protège les filaments de vos lacets. Eh bien les télomères, c’est ça ! Ça protège les parties sensibles en se mettant aux extrémités et en se repliant sur elle-même. Génial me direz-vous mais quel est le rapport avec notre sujet. Bah ils protègent bien de l’effilochement mais comme je l’ai dit, il y a aussi la copie qui ne prend pas tous les longueurs de l’ADN et ils rognent du coup, non pas sur les parties codantes mais sur les télomères. Mais ils rognent quand même et bien que les télomères soient long, il y a un moment, ça lâche. Il va finir par ne plus s’enrouler sur lui-même, on va donc avoir une partie de l’ADN qui ne sera plus en pair. La cellule diagnostique cela comme une corruption de l’ADN et c’est un des signaux pour lancer l’apoptose, autrement dire la mort cellulaire. L’apoptose est un mécanisme d’autodestruction qui décomposent la cellule en plein de petites organelles qui vont se faire phagocyter par les globules blancs.

Donc résumons, on a des cellules qui meurent mais ce n’est pas grave car elles se multiplient. Mais toutefois, elles ne peuvent pas se multiplier à l’infini. Du coup, sur le temps, on en perd forcément. Cela provoque un phénomène d’usure qu’on va appeler la vieillesse. Et in fine, on va avoir le cœur qui va lâcher après bien d’autres organes et c’est fini. Solution, faire en sorte qu’on puisse se renouveler éternellement ou arrêter l’apoptose. La seconde est une fausse bonne idée.

En effet, notre immortalité ne peut pas passer par l’immortalité de nos cellules. Pourquoi ? Car qu’est-ce qui se passerait si elle devenait immortelle ? Elle s’agrègerait du fait de la division cellulaire. Imaginez que vous doublez le nombre de vos neurones, c’est génial. Mais votre petit crane va être bien rempli et ça va dont être compressé et ce n’est pas bon du tout pour le bon fonctionnement de ce dernier. Et vous savez le pire ? Cela existe et cela est même beaucoup trop courant à mon goût. Cela s’appelle le cancer. Le cancer, c’est un amas de cellules qui sont insensibles aux signaux d’apoptose et donc ne la déclenche jamais. De facto, par division cellulaire, cet amas qu’on appelle tumeur grossit et va donc faire pression sur ce qui existent au risque de tout casser. Je ne sais pas vous mais je ne tiens pas à avoir le cancer donc, on ne va pas chercher à arrêter l’apoptose. C’est une mauvaise chose.

Bon, ok. On ne tue pas la mort. Mais on peut faire en sorte que le cycle continue indéfiniment. C’est-à-dire que des cellules meurent mais que d’autres naissent pour compenser et donc « nous », on reste éternellement. Eh oui, on peut totalement le faire. Sérieusement. On connaît une enzyme nommée la télomérase dont le rôle est justement de faire en sorte qu’on copie bien les télomères lors de la division cellulaire. S’ils ne se réduisent plus à chaque division alors, ce cycle pourrait potentiellement continuer sans fin. Il y a juste un petit problème. Des tests ont été mené sur des cellules humaines de culture et les résultats sont là. Elles agissent comme si elle était plus jeune. Sauf qu’elles ont aussi la fâcheuse tendance à devenir cancéreuse également. En effet, pour être immortelle, il se trouve que les cellules cancéreuses utilisent également de la télomérase. En mettre artificiellement pour lutter contre l’âge sera bien mais il y a de forts risques pour l’instant que les cellules passent du côté obscur.

Évidemment peut-être que dans le futur, on sera capable d’éviter cela mais pour le moment, ce n’est pas le cas donc une autre branche s’est développé. Si plutôt que de faire en sorte de ne pas perdre des informations à chaque copie, nous serions capables de les réparer et donc de le rallonger. Il se trouve qu’on a des protéines pour cela. La sirtuine 1 est une protéine enzymatique luttant contre les tumeurs, est responsable de la diminution de la protéine P53 et E2F1 qui déclencheraient l’apoptose, influe sur la biogénèse des mitochondries (les sources d’énergies des cellules) et surtout réduit les dommages causés à l’ADN. Ce n’est pas mal. Mais on a une autre protéine PGC-1α qui est tout aussi intéressante. Elle stimule également comme la sirtuine 1 la biogénèse des mitochondries et réduit les dommages causés à l’ADN. Si on était capable de les activer toutes les deux, on pourrait faire en sorte que les télomères se réduisent beaucoup moins rapidement et donc que notre cycle de vie soit beaucoup plus long. Et vous savez quoi ? On peut les activer tous les deux avec du resvératrol, une molécule de l’on retrouve dans les raisins, les mûres et les cacahuètes. En réalité, c’est une des causes du paradoxe français. Le paradoxe français est un paradoxe diététique qui est qu’en France, on mange très gras…mais il n’y a relativement peu de problèmes cardio-vasculaires. Cela est dû au resvératrol qu’on retrouve dans le raisin et donc dans le vin et les cacahuètes en entrée. Et je vous jure que ce n’est pas des bêtises. Non seulement, il réduit la prise de poids grâce à la consommation augmentée des mitochondries mais cela vous fait vivre plus longtemps. Des tests ont été fait sur de la levure de bière, des poissons, des rats, des lémuriens et ont montré des effets positifs sur la longévité et un retard des maladies liées à l’âge. Des cellules qui mourraient jadis en 21 divisions cellulaires meurent désormais en 35 générations soit une augmentation de 60%. Pour le moment, on n’a pas encore fait de tests sur les humains mais cela reste prometteur et une sacrée source de jouvence. D’autant que bien que pour le moment, on ne répare pas complètement, ce qui fait qu’on retarde simplement la mort, on pourrait dans le futur être capable de le réparer entièrement et donc rendre le cycle éternel. Et pour ceux qui veulent se baser sur cela pour justifier de se saouler avec du vin, sachez qu’une dose élevée de resvératrol est toxique donc il faut rester modéré.

Outre ses recherches liées à la meilleure compréhension de notre corps et donc de son vieillissement, on se penche également sur des cas existants dans la nature. Car oui, il existe des êtres biologiquement immortels, surtout chez les cnidaires (la famille des hydres, des méduses, étoiles de mer, …). Parlons notamment du cas le plus connu, la méduse Turritopsis nutricula. Je ne sais pas si vous le savez mais les méduses ont deux formes, le polype qui est une forme de corail/plante marine et une forme méduse. La première est sa jeunesse et la seconde sa maturité sexuelle et donc l’âge adulte. Eh bien la méduse Turritopsis nutricula est capable de passer de l’une à l’autre. Donc elle peut évidemment vieillir mais elle peut surtout rajeunir. Les études ont montré qu’elle déclenche ce mécanisme en situation défavorable telle que le stress, la fatigue, le manque de nourriture. Évidemment, une telle propriété intéresse fortement les scientifiques. On pense que cela serait dû à une transdifférenciation, c’est-à-dire la capacité d’une cellule à changer de fonction / de rôle. Mais pour le moment, c’est très obscur mais qui sait, dans l’avenir, peut-être percerons-nous son secret.

De même, vous connaissez le mythe de l’hydre dont lorsqu’on coupe une tête revient avec deux ? L’hydre existe belle et bien même si ce n’est pas un immense monstre de mer mais un minuscule cnidaire. Il a toutefois la capacité de pouvoir entièrement se reconstruire si au moins une centaine de cellules survivent. Cette aptitude à l'auto-organisation est due à une production continue de cellules et de facteurs de signalisation dans le tissu adulte. Donc potentiellement, on pourrait faire en sorte de ne pas mourir tant qu’un certain nombre de nos cellules subsiste. Cela nous rapprocherait plus de l’immortalité réelle.

À ce jour, on a donc toujours pas la clé pour l’immortalité mais de nombreuses pistes sont exploitables et suggèrent que cela soit totalement possible.

S'il y a voyage dans le temps, alors on est en multiverse

J’adore les histoires sur le temps. Que cela soit dans les livres, les jeux vidéos, chaque scénario touchant au voyage temporel s’amuse à jouer avec nos esprits et notamment avec les paradoxes qu’il engendre. Mais est-ce vraiment des paradoxes? Telle est la question. Pour beaucoup, ce n’est pas le cas si on se positionne dans la théorie du multiverse. Qu’est-ce que le multiverse? C’est l’idée que la dimension temporelle ne soit pas unidimensionnelle. Pour dire les choses plus simplement, la trame du temps n’est pas une ligne mais plutôt un arbre, un arbre infini où chaque branche représenterait une variation de la réalité. Ainsi, il existerait des dimensions où je n’écrirai pas cet article, soit parce que je ne serai pas né, soit car le temps ne m’intéresserait plus, soit car j’aurai d’autres choses à faire, soit parce que je l’aurais déjà fait dans le passé et n’aurais plus à la faire maintenant ou encore bien d’autres raisons. Bien sûr, tout cela n’est à ce jour qu’une théorie, pour la pure et simple raison, qu’on n’a pas pu encore passé d’une dimension à l’autre, tout comme on a pu voyager dans notre propre dimension selon l’axe temporel. Tout ceci est donc purement conceptuel et n’est donc qu’une vision abstraite du temps et de l’espace pour l’Homme.


Nonobstant, si on accepte qu’il y a des voyages temporelles (ce qui est déjà un gros “si”), alors je prêche pour dire qu’on est en multiverse car cela résout tous les paradoxes. Prenons le paradoxe du grand-père. Un homme remonte dans le temps pour tuer son grand-père avant la naissance de son père ou de sa mère. Son grand-père ne va pas avoir d’enfants donc nous, nous ne naîtrons pas non plus, en l’absence d’un de nos parents. Si nous ne naissons pas, comment diable avons-nous tuer notre grand-père? Ce n’est pas possible, donc notre grand-père vit. Donc on n’est né. Donc on va tuer notre grand-père. En l’occurrence, cela ne peut être une boucle car mon grand-père ne peut-être mort et vivant à la fois sur une même trame temporelle. Ce n’est pas un problème comme le chat de Schrödinger où c’est l’observation qui statue l’état du chat. Car imaginons qu’on ait qu’une trame temporelle et qu’on fait le paradoxe du grand-père, moi, personne extérieure, si je vais chez le grand-père en question, comment le vois-je? Mort ou vivant? Ici, la simple observation ne suffit pas. car il n’y a qu’une seule façon de le voir et on a pourtant deux états superposés. En réalité, ce qui se passe est qu’on a brisé une des lois fondamentales de la physique, le principe de causalité. Une cause précède forcément l’effet. L’effet ne peut précéder la cause. Qu’est-ce que ça veut dire? Est-ce une précédence temporelle? On a choisit le terme précédence car nous sommes jusqu’à preuve du contraire sur une ligne temporelle fixe. Dans le cas des voyages temporelles, c’est plus ambiguë. Cela signifie plus précisément que l’effet ne peut en aucun cas altérer la cause dont il résulte.


Positionnons-nous sur le multiverse. On a donc un univers alternatif qui se crée à chaque variation, à chaque altération de l’Histoire. On ne serait plus sur une ligne continue comme précédemment mais sur un immense arbre. Lorsque je remonte le temps, je ne remonte pas réellement sur mon passé. Je vais sur une autre branche car ma présence même en cette période (celle de mon grand-père) est une différence, une altération de ce qui s’est passé “originellement” (comprendre, ce qui s’est passé sur la branche dont je viens qui n’est pas nécessairement l’origine). Tout est comme à l’époque, l’univers est presque une copie au détail près que cette fois, je me suis “téléporté” à cette époque. De là, si je tue mon grand-père, ce que je vais changé est le “futur” de cette branche et non la mienne. Sa mort va avoir d’énormes conséquences assurément mais celles-ci n’affecteront en aucun cas ma branche. Elles impacteront la branche où j’ai voyagé, l’univers alternatif. En cela, je ne brise aucunement le principe de causalité. Car les conséquences n’affectent pas ma cause. Ma cause est là et existe bien avant les conséquences dans mon référentiel. Il y aura tout simplement deux univers, l’un où mon grand-père vit sa vie normalement et l’autre où je viens le tuer. Par un raisonnement similaire, cela résout aussi le paradoxe de Shakespeare. D’un côté, on aura l’univers où Shakespeare écrit Hamlet et l’autre où je lui ai apporté. Et tout ça avec juste deux branches (en gros, en 5 dimensions).



Cependant, on peut reporter le même problème que sur la trame unidimensionnelle. Imaginons que mon père voyage dans le temps pour voir son père et me voit ainsi le tuer. Horrifié, il revient alors dans sa trame à lui et décide de me tuer à la naissance car il ne supporte pas d’avoir enfanté un monstre. Du coup, si je meurs, je ne peux pas voyager dans l’autre dimension pour tuer mon grand-père. Donc la branche se développe avec mon grand-père en vie. De l’autre côté, si je ne tue pas mon grand-père, alors mon père n’aurait aucune raison de me tuer à la naissance. Donc il ne me tue pas. Donc je peux aller tuer mon grand-père. Ainsi l’univers tout entier est dans un double état “existe”/”n’existe pas”. Et je serai d’accord avec vous si je parlais de dual-universe (qui consiste a avoir deux branches d’univers alternatives) mais là, ce n’est pas le cas. Il on a juste doublé le nombre d’univers alternatifs. On a la dimension où je tue mon grand-père, celle où mon père me tue, celle où il ne me tue pas et celle où mon grand-père vit normalement. C’est 4 univers différents avec des liens intrinsèques entre eux mais 4 univers différents qui agencé de la sorte ne brise pas le principe de causalité.


Ainsi, la seule théorie qui tiendrait debout selon moi, si on était capable de faire des voyages dans le temps, est celle du multiverse. Et en l’occurrence, on ne voyagerait pas vraiment dans le temps mais d’un univers alternatif à l’autre (et à une époque différente de la nôtre). Bien sûr, tout cela est abstrait. Et surtout, il repose sur un grand prédicat qui est qu’on soit capable de voyager dans le temps ce qui est loin d’être fait et certaines études tendent à montrer que cela serait impossible.

EDITION : Suite à cet article, on m'a fait une très bonne remarque que je m'en vais répondre ci-dessus. La remarque était la suivante: "Après, tu fais une très grosse hypothèse dans ton mot, et dont tu ne parles pas. Tu fais l'hypothèse du libre arbitre sans contrainte. C'est-à-dire tu supposes que tes actions ne sont pas contraintes par la topologie particulière que tu donnes à l'espace-temps avec ton pont temporel. Une autre vision, plus simple à mon sens, serait que tout processus dans l'univers se doit de respecter l'existence du pont temporel, et donc ne peut pas créer de paradoxes parce que c'est mathématiquement impossible."

C'est une très bonne remarque et je le remercie de l'avoir partagé. Je pense qu'après, ici, c'est plus au niveau philosophique qu'il faut se pencher. Mon école de pensée (dont je ne prétends pas qu'elle soit meilleure) serait plutôt en faveur du "on a toujours le choix". Si je décide de changer d'action, je ne vois pas une action extérieure me contraindre à faire le choix "nécessaire", à mon corps défendant. Donc écartons ça. Si on part du principe du "Comme mon choix est conditionné par mon expérience (et je suis très en faveur de ça) alors mon opinion sera déterminé et on aurait qu'une illusion du choix. Les conditions initiales étant déterminées, on peut être certain du choix avant même qu'il soit fait", je dirai....possible. Toutefois, je bloquerai sur le paradoxe de Shakespeare.

Je le rappelle si ça ne parle pas forcément aux lecteurs. Je lis Hamlet de Shakespeare. Je remonte dans le temps et je donne le livre d'Hamlet à Shakespeare. Shakespeare copie alors bêtement le chef d'oeuvre et publie alors Hamlet que je lirai des années plus tard. Vient le paradoxe. Qui a écrit Hamlet? Cela n'est pas Shakespeare car il n'a fait que copier l'oeuvre qu'on lui a filé. Donc d'où vient la copie que je lui ai filé?

Si je suis ton raisonnement, je tiens bien compte de la boucle et ça marche très bien sauf si on regarde au départ l'existence même de cet boucle? Comment peut-on transmettre Hamlet si personne ne l'a jamais écrit. Il y a bien un auteur quelque part. Et pourtant, si je me cale sur ta théorie, la boucle aurait toujours existé et donc Shakespeare n'aurait jamais pu l'écrire. Donc d'où vient l'oeuvre?

C'est fascinant toutes ces questions sur le temps et l'espace.

Des fautes de français 2

La reprise de la rubrique faute:

19 décembre 2014 :

‪#‎RubriqueFaute‬ avec 2 fautes (3 si on est puriste) et un contresens ( nouveau type d'erreur pour cette nouvelle édition):

Nos deux ans de vie commune approchèrent. Et à l'instar de ces vieux couples pour qui cela ne représentait plus rien, c'était encore pour moi un évènement particulier. En regardant dans mon armoire, je pris une chemise bleu et blanche qui s'accordait parfaitement avec mon jeans. Sauf que je remarquai un accro sur cette dernière. Je la reposai et me résolus à en prendre une autre. Je me parfumai, me coiffai et me préparai à me rendre à notre rendez-vous.

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Événement est bien la faute puriste. Pourquoi je dis une faute puriste ? Car historiquement événement s'écrit comme cela mais depuis la réforme orthographique de 1990, les deux écritures sont autorisés.

Le contresens est bien "à l'instar de" qui est parfois utilisé à tort comme "contrairement à" alors qu'il veut dire "comme".

Un accro est une personne addict', dépendante. Un accroc est une déchirure.
Et le pantalon... J'étais tiraillé. Le jean est normalement le tissu (mélange de cotons et de lins) et le jeans est un mot anglais, historiquement blue-jeans et dont invariable. Or suite à vos remarques, j'ai regardé et j'ai remarqué qu'on a singularisé le terme. Du coup, j'étais embêté car pour moi, ce n'était pas une faute. Du coup, je suis aller voir la référence, le CNRTL (http://www.cnrtl.fr/definition/jeans) et ce dernier met une remarque " Rem. Employé indifféremment au sing. ou au plur., comme blue-jean.". En gros, on peut l'accorder en nombre à notre bon vouloir.

Non, la dernière erreurs était (je la donne), une chemise bleu et blanc. Le français est une langue très subtile. Des robes blanches et noires signifient qu'il y a des robes entièrement blanches et d'autres entièrement noires. Quand on veut dire qu'un élément a les deux couleurs, les couleurs sont invariables.



29 décembre 2014 :
Rubrique faute avec 3 fautes o/ :

Les agapes s’enchaînèrent en cette période de fêtes. Ma pauvre chère et tendre s'inquiétait de sa sveltesse. Les cinquantes kilos qu'elle a pesés lui semblaient bien loin. Je la rassurais sur sa beauté, arguant qu'elle était très bien comme ça et que c'était les fêtes, fallait se faire plaisir. Mais elle se plaignait qu'avec ces kilos en plus, elle avait une toute autre allure qu'elle n'aimait guère.

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Correct, tout adjectif numéral cardinal est invariable à l'exception de cent et vingt qui ont des règles qui leur sont propres. Ainsi cinquante ne prend pas de "s".

Alors "qu'elle a pesé", oui *clap clap* . En effet, on n'accorde jamais avec l'auxiliaire avoir SAUF quand le COD est situé avant le verbe (et on accorde avec celui-ci). Ainsi "Les pommes qu'elle a mangées", c'est "es" car c'est les pommes. Donc là, on serait tenté de dire "bah s car 50kg". Pour trouver le COD, on pose la question "quoi" ou "qui", elle a mangé quoi? Des pommes, COD. Or la question qu'on se pose dans la rubrique est "elle pèse combien?". Hé oui, les 50 kg ne sont pas un COD mais un complément circonstanciel de mesure. On n'a donc pas de COD avant l'auxiliaire avoir donc on n'accorde pas, c'est bien "pesé".

En effet, lorsqu'on peut retirer le "tout" de la phrase tout en conservant une phrase correcte, cela signifie qu'il a le rôle de "entièrement" "totalement"... Et comme tout bon adverbe qui se respecte, il est invariable. Donc elle avait une tout autre allure.



11 janvier 2015 :
#‎RubriqueFaute‬ et je vous ai gâté avec pas moins de 6 fautes:
Les jours se sont succédés mais elle restait omnubilée par son poids. J'essayais tant bien que mal de la raisonner mais vous connaissez la gente féminine... Elle décida de se mettre à la course et voulut m'amener avec elle, soit disant que cela me ferait du bien. C'est bon, je fais à peine quatre-vingt kilos.

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Alors, obnibuler, omnubiler n'existent pas, ce ne sont que de fausses variantes du verbe obnubile. Un doute sur l'ordre des voyelles? L'ordre est le même que dans l’ouïe. En outre, c'est synonyme d'obséder donc c'est OBnubilier. Voilà un petit moyen mnémotechnique.

Alors nous amenons un objet, mais nous emmenons une personne.

Soit disant est erroné, ce n'est pas le verbe être qui est présent ici, mais bien "soi", l'expression signifiant "se disant à soi-même"; Le trait d'union est d'ailleurs de rigueur.

Rappelez-vous ce que j'ai dit lors de la précédente rubrique faute, les adjectifs numéraux cardinaux sont invariables sauf cent et vingt qui ont leur règle à eux. Sachez que dans quatre-vingt, s'il est directement suivi d'un nom, prend un s. Donc en l'occurrence, c'est suivit de kilos donc c'est bien quatre-vingts. Par contre, s'il est suivit d'un autre adjectif numéral, alors il ne prend pas de s, imaginons j'aurais dit "quatre-vingt deux kilos", notez que je ne met pas de s.

Enfin, une faute que j'ai déjà aborder. "Les jours se sont succédés". Ils ont succédé à quoi? "se", pronom réfléchi. Quelle est la nature de "se"? La réponse se trouve dans la question que j'ai posée plus haut: "Ils ont succédé A QUOI?". C'est un COI. Quand on a un sujet + COI + auxiliaire être + participe passé, cela revient en fait à sujet + auxiliaire avoir + participe passé + à + sujet. Donc ici, les jours ont succédé aux jours. Sous cette forme, cela vous semble évident de ne pas accorder succédé. Sachez qu'il en va de même pour "Les jours se sont succédé".

Le singulier de gens est "gent" et est féminin. On ne dit pas un gent, mais une gent. C'est donc la gent féminine.
- Objection! On dit bien la gente demoiselle.
- Exact, gent, tout comme gens, est un nom. Or là, on peut voir que c'est un adjectif. Le "gente" que n'a rien à voir avec notre gent. Gent en adjectif vient du vieux français pour gentil. Un gent homme veut dire un homme gentil (notez qu'on dit actuellement un gentil homme ou non un gent homme).



8 août 2017 :

Vous la pensiez disparue à jamais mais elle est de retour pour votre plus grand plaisir, la rubrique faute o/ . *clap clap* Venez montrer que vous maîtrisez notre belle langue. D'autant qu'à force d'avoir fait les fautes les plus basiques précédemment, on commence à être bon :D . 3 fautes, les trouverez-vous?

"Suite à la pluie drue de ce matin, je partis en ballade en vélo. Au cours de mes périgrinations, je vis au milieu de la route une flaque d'eau. Avec panache, j'accéléra. Hélas, il se trouvait qu'un caillou affleurait la flaque. Ne l'ayant point vu, je fonçai droit dedans et fis un vol plané"

Spoiler (cliquer pour voir)

Une balade s'écrit avec un seul L s'il signifie une marche. Si on l'écrit avec deux L comme c'est le cas présentement, c'est qu'on parle d'une musique, d'une ballade. Donc en l'occurrence, il fallait utiliser ici balade.

C'est tentant mais c'est bel et bien pérégrination et non périgrination. Ce dernier n'existe pas.

J'accélérai. Nous sommes à la 1er personne du singulier au passé simple donc une terminaison -ai.



26 août 2017

Je rappelle également que les fautes ne sont pas juste des accords, de la conjugaisons et de la grammaire. Cela peut aussi être l'utilisation erroné d'un mot ou d'une expression. Par exemple, si j'utilise le pléonasme "au jour d'aujourd'hui", ceci est considéré dans cette rubrique comme une faute. Ici, il y en a 2.

"Je me réveillais lentement. J'étais encore confus mais quel fut mon étonnement lorsque je me vis à l'hôpital. Il faut croire que les délices enivrants de la vitesse m'ont coûté cher. J'entendais les médecins discuter à l'extérieur. Je tentais de suivre ce qu'ils disaient mais je n'oyais que des brides de conversations. Me voilà dans de beaux draps."

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Passons à la correction. En effet, une bride est une lanière en cuir. Autant nous lâcher la bride a un sens qui nous vient du monde équestre autant des lanières de conversations ne veulent pas dire grand chose. Bribe par contre signifie des miettes, c'était les petits morceaux qui restaient à la fin du repas. Avoir des bribes de conversation signifie avoir des miettes par ci par là de la conversation.

La deuxième était plus fourbe mais elle avait déjà été présentée dans une rubrique faute. Trois mots changent de genre lorsqu'ils passent au pluriel. Ces trois mots sont amour, orgue et délice. Bien que masculin au singulier, ils deviennent féminin au pluriel. Or dans le texte, on parle des délices donc enivrantes.

Heure d'été et d'hiver

Aujourd'hui, on est repassé en heure d'hiver, on a donc reculé d'une heure et donc on a dormi davantage. Mais au final, pourquoi change-t-on d'heure? Car si on regarde, il a beaucoup de pays qui n'ont pas ce système d'heure d'été et d'heure d'hiver. Est-ce vraiment rentable? Cela apporte-t-il encore quelques choses?

Je pourrais volontiers répondre à ces questions moi-même mais il se trouve que j'ai sous la main une excellente vidéo qui présente bien les différents aspects de la question. Par contre, c'est une vidéo en anglais donc j'espère que vous comprendrez. En tout cas, bon visionnage et je vous laisserai répondre en commentaire à la question suivante: Du coup, selon vous, doit-on garder ce système d'heure d'été/d'hiver?


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Réflexion sur l'identité

La question de l’identité est une des plus anciennes questions que les grands penseurs se posent. Qu’est-ce qui fait ce que nous sommes ? Qu’est-ce qui forge notre identité ? De nombreux théologiens, philosophes, psychologues, sociologues et scientifiques ont tenté d’apporter une réponse à cette question. Ainsi, je n’aurai pas l’outrecuidance de prétendre apporter une réponse ici. Il faut savoir rester humble. Cependant, permettez-moi de partager avec vous ma pensée et mes réflexions.

Avec l’effervescence de l’Intelligence Artificielle, on a pu voir des machines de plus en plus penser et surtout apprendre par elles-mêmes. Bien que nous en soyons encore aux balbutiements, on peut aisément imaginer et conceptualiser une machine qui serait capable d’apprendre seule, de pouvoir se modifier toute seule et de finir par se débrouiller seule, de manière autonome à l’instar de la progression humaine. On naît sans rien connaître puis on apprend, encadré d’abord avec nos parents et l’école, puis seul et enfin, on devient indépendant. Cette IA pourra alors avoir ses propres pensées, ses propres volontés… La question qui se pose derrière est : “Dirons-nous que cette IA a une âme, un esprit ?”. Pour le coup, on l’a créé et donc on connait bien ses constituantes. C’est un ensemble de circuits électroniques et une suite d’espaces mémoires activés ou non formant logiquement une chaîne de 0 et 1. Niveau algorithmique, c’est un réseau de neurones. In fine, sa structure cérébrale n’est pas si éloignée de la nôtre. Aujourd’hui, si nos ordinateurs n’ont pas encore leur conscience, c’est bien car on les bride et car il nous a fallu à nous des années d’apprentissage pour arriver là où on en est alors qu’eux, on ne leur laisse pas. Du coup, toutes les pensées et réflexions de cette IA, son comportement, ses envies, etc., n’est qu’une suite d’états d’un ensemble de neurones. En conséquence, a-t-on fait venir un élément extérieur et spirituel tel que l’âme et l’esprit dans cette machine ? Quand s’est-elle formée ou arrivée ? Il vous appartient de répondre en “votre âme et conscience” à cette question. Si pour vous, une IA répondant à cette description n’a pas d’âme/d’esprit, alors il me semble logique que l’humain n’en ait pas, non plus. Tout ce qu’on ferait, penserait ne serait pas la résultant d’une identité spirituelle mais d’un simple mécanisme encodé dans notre cerveau à l’instar d’une machine dont l’unicité dépendrait purement de sa phase d’apprentissage soit en d’autres termes, de son vécu.

Si vous pensez qu’il y a toutefois quelques choses qui transcendent la mécanique, vous avez surement raison de penser cela. Connaissez-vous le bateau de Thésée ? C’est une expérience de pensée touchant à l’identité justement. Thésée par en bateau combattre le Minotaure. À son retour victorieux, les Athéniens conservèrent le bateau comme une relique. Ils remplacèrent les éléments qui s’usèrent par d’autres éléments identiques. Ainsi, le bateau subsista pendant des siècles et des siècles. Mais vint un temps, à force, où il ne restait plus aucun élément du bateau d’origine de Thésée. Peut-on dire que c’est le même ? Il y a deux positionnements, soit on dit que c’est le même et dans ce cas, il y a bien un élément qui transcenderait le “physique” de l’objet et qui conserverait son identité même si, au bout d’un temps, l’entièreté matériel est différente. Soit on dit que seul le bateau initial est le bateau de Thésée et qu’on l’a souillé jusqu’à ce qu’il disparaisse en l’altérant en changeant les pièces usées. J’ai un problème sur cette dernière partie. Pourquoi ? Notre corps est composé de près de 10 puissance 13 cellules. Or environ 2000 de cellules meurent chaque seconde chez un adulte “moyen”, soit 50/70 milliards de cellules par jour via le mécanisme naturel de l’apoptose. Par conséquent, notre intégrité physique n’est pas assurée. On perd sans cesse des cellules tout comme elles sont remplacées par de nouvelles cellules créées. Si on considère que le seul moi qui existe est celui d’origine et que chaque altération me “détruirait”, alors je n’existe plus depuis un moment. Et pourtant, je considère toujours que le moi enfant est...moi. Il y aurait donc bien quelques choses qui transcendent le matériel.

Nonobstant, est-ce suffisant pour attester l’existence de l’âme ? Je ne pense pas. En effet, même si l’on change chacun des composants de l’élément, on les remplace à l’identique et ont donc la même fonction, le même comportement, le même aspect. Pour reprendre la comparaison avec l’ordinateur, bien que l’on modifie sa RAM, sa carte mère, ses câbles, il n’en reste pas moins que le code, l’algorithme, reste le même. Et ainsi, peu importe le support matériel, il adoptera le même comportement, forgeant ainsi son unité. Peut-on alors considérer que cet algorithme, ce code serait l’esprit ou l’âme de la machine ? Au final, cela serait ce canevas qui ferait notre unicité avec en plus les modifications qui ont été apportées avec notre expérience, notre vécu. On pourra alors se demander s’il n’est pas de même pour l’homme. Nos neurones seront remplacés, toutefois le maillage qu’ils ont formé reste strictement le même. Ainsi peu importe les modifications, notre cerveau reste identique. Nous conservons ainsi ce canevas, et c’est ce qui transcendent le temps.

Pour autant dans cette théorie, rien ne parle encore du domaine spirituel. Existe-t-il donc réellement une entité extérieure, immatérielle, dont le corps ne serait qu’un simple vecteur ? Ces éléments encodés dans notre cerveau ne seraient alors que la manifestation de cette entité. C’est plutôt difficile, voire impossible, de le démontrer. Néanmoins une autre question se pose : avons-nous UNE âme ? Comment peut-on affirmer que nous ne sommes le vecteur que d’une seule entité ? Peut-être que notre corps est utilisé par plusieurs choses. Prenons l’exemple de la toxoplasmose. Pour ceux qui ne le savent pas, la toxoplasmose est une maladie infectieuse parasitaire. Un parasite nommé le toxoplasma gondii ne peut vivre qu'à l'intérieur de cellules d’organismes de sang chaud, en termes scientifiques, on parle d’organismes homéothermes. Ce parasite ne peut vivre que dans des cellules mais surtout, il ne peut se reproduire que dans des cellules de félidés. Le toxoplasma gondii est alors naturellement attiré par toute la famille des félins car ce dernier ne souhaite pas disparaître. Il a alors une stratégie très simple. Il monte jusqu’au cerveau et va se loger dans l’amygdale de l’hôte. L’amygdale est le lieu qui régit la peur et le désir, elle est notamment responsable de la sécrétion de dopamine, l’hormone du plaisir. De nombreux tests et expériences scientifiques ont montré que des rats infectés ne ressentent plus la peur lorsqu’ils sentent de l’urine de chat mais éprouve plutôt un désir sexuel. La souris est alors attirée par le chat. Ainsi le toxoplasma gondii peut alors infecter le chat où il pourra se reproduire. Cette histoire montre à quel point on peut facilement être manipulé par un parasite. Il faut savoir que cette infection ne touche pas simplement les rats. On estime à un tiers de la population mondiale les personnes infectées par le toxoplasma gondii. Ainsi si vous aimez les chats, que vous aimez les dorloter, que vous souhaitez en avoir, demandez-vous : est-ce vraiment vous qui voulez avoir un chat ou est-ce un parasite qui vous fait croire que vous en voulez un ? Est-ce qu’au final, ce désir pour le chat fait partie de notre identité, car après tout c’est un vrai désir, ou bien comme étant extérieur à ce qui peut être potentiellement l’âme ou l’esprit est-il considéré comme un désir étranger ? Mais ceci n’est qu’un exemple. Votre cerveau est composé de deux hémisphères reliés et communiquant via ce qu’on appelle le corps calleux. À une époque, on soignait l’épilepsie en coupant ce corps calleux et on fit plusieurs découvertes. Déjà, l’hémisphère droite gère la partie gauche du corps et vice-versa pour l’hémisphère gauche. Mais surtout, un seul côté du cerveau détient la parole, le gauche. On a pu le tester en demandant à un patient avec le corps calleux coupé de regarder ailleurs. On lui mit un objet (un Rubik’s cube) dans la main gauche. On lui demanda ce qu’il tenait. Il a répondu rien. En effet, il n’a pas de retour de l’hémisphère droit gérant la partie gauche et pour sa main droite, il ne touche rien, donc il n’a rien. Il arrive souvent que les hémisphères ne soient pas d’accord entre eux. Il peut réellement arriver que vous vouliez faire un geste avec une main et une autre doit l’en empêcher. C’est une désynchronisation de vos deux hémisphères qui ne veulent pas la même chose. Bien souvent, on arrive à trouver un compromis mais des rares cas, on peut avoir de tels conflits. Mais dans ces cas-là, où êtes-vous ? Vous êtes le droit ? Le gauche ? Les deux ? Mais comment ne pouvez-vous pas être en accord avec vous-même ?

Avons-nous une âme ? En avons-nous plusieurs ? Comme je l’ai dit, je ne peux répondre à cette question. Je n’ai fait que dérouler mon flot de pensées. Quelle est votre position ?

L'humain, cet être social

J’ai récemment posé un problème à mes contacts Facebook. Vous venez de passer un contrôle de Mathématiques. À la fin, une fois les copies rendues, le professeur, dans sa grande mansuétude, vous propose le deal suivant. Il va vous prendre un à un dans le couloir et vous poserez la question suivante: “Voulez-vous que je vous ajoute 2 points ou 6 points?”. Une fois votre réponse donnée, vous partez par l’autre bout du couloir pour partir dans la cour. Vous ne pouvez donc pas prévenir vos camarades de votre réponse. Tout comme, ces derniers ne peuvent l’entendre. Toutefois, il y a un bémol. Si plus de 10% des élèves ont demandés 6 points alors personne ne reçoit de points, sinon, vous recevez les points bonus que vous avez demander. L’ordre est aléatoire, vous passez en premier ou en dernier ou n’importe où entre. Cela n’a pas d’importance dans la mesure où vous êtes incapable de connaître en amont le choix des autres. De même, il n’y a pas de concertation en amont car le prof vous explique ces consignes qu’une fois que vous êtes seule dans le couloir avec lui. Votre tour arrive. Que faites-vous?


Vous pouvez faire le test autour de vous. La plupart des personnes vont vous dire 2. Pourquoi? Tout simplement car si tout le monde pense comme ça, tout le monde a deux et il n’y a pas de chances de ne rien avoir. Stratégiquement, c’est une mauvaise réponse. Les notes scolaires sont là pour établir une échelle de capacité mais c’est une donnée somme toute relative et permet surtout de vous positionner par rapport aux autres. Même si vous avez 9/20 si vous êtes le premier de la classe, malgré votre 9, vous serez toujours le meilleur. Si vous répondez deux, dans le meilleur des cas, tout le monde monte de 2 points. C’est une monté artificielle, elle ne change strictement rien à votre classement. Tout comme, si plus de 10% demandent 6, même en ayant choisit 2, vous n’augmenterez pas et le classement restera le même pour tout le monde. Inversement, si vous prenez 6, si plus de 10% ont pris 6, tout le monde reste pareil, cela revient au même que si vous aviez pris deux. Par contre, s’il y a moins ou exactement 10%, alors vous recevez 6 points. Tous monteront au minimum de 2 points. Donc quoi qu’il arrive, vous avez augmenté de 4 points par rapport au moins 90% des élèves. En réalité, c’est même le seul chemin qui vous augmente votre positionnement et donc qui apporte une réelle augmentation. Stratégiquement parlant, il vaut mieux dire 6, même si on sait que potentiellement les autres peuvent penser pareil et donc on ne bouge pas.


Pourtant, comme susmentionné, la plupart des gens vont dire 2. Pourquoi? Car ils savent que répondre 6 augmente le risque de dépasser 10% et donc de voir impacter tout le groupe. On préfère, inconsciemment s’accorder, même sans forcément se concerter, pour que le groupe monte. Cela sera plus lente que notre progression seul mais au moins toute le monde en bénéficie. En ce sens, instinctivement, on arrive à outrepasser notre égoïsme et donc notre propre intérêt pour un bien collectif. Mais pas universelle, faut que ce soit le bien d’un groupe. La notion de groupe est importante mais j’aborderai cette question plus en détail plus loin. L’important est qu’ici, au sein d’un même groupe, confronter à un même problème, on va tenter de coopérer. Peut-être direz-vous que mon mur Facebook n’est pas à prendre comme une généralité. Et vous avez à juste titre raison. Cependant cette énigme est en lien avec un problème célèbre et hautement étudié nommé “The prisoner’s dilemma”.


Vous et un complice venez de commettre un crime. La police vient de vous arrêter tous les deux mais n’a pas assez de preuves pour tout mettre sur votre deux. Il vous isole chacun d’un côté et vous propose le deal suivant. “Dénoncer votre partenaire, vous serez libre et il prendra 3 ans de prison. S’il vous vous taisez et qu’il vous accuse, ce sera lui qui sortira libre d’ici et vous qui croupissez en prison pendant 3 ans. Taisez-vous tous les deux et on aura quoi qu’il arrive de quoi vous inculper et vous mettre en prison 1 an chacun. Sachez toutefois que si vous vous accusez mutuellement, on saura que vous vous jouez de nous et cela se retournera contre vous. Vous serez tout deux emprisonnés pendant 2 ans chacun.” Que faites-vous? Le cas optimal est évidemment, tout le monde se tait. C’est le choix qui implique de passer le moins d’années en prison. C’est le choix. Mais stratégiquement, encore une fois, ce n’est pas la bonne solution. Si on se tait, de manière objective, on risque de se prendre 3 ans. Là, encore, raisonnons par disjonction des cas. Si je pense que mon partenaire va se taire, si je me tais, je prend un an de prison, mais si je parle, je suis libre. Inversement, si je pense que mon complice va me balancer, si je ne dis rien, je prend 3 ans alors que si je le balance également, je me retrouve avec seulement 2. Dans chacun des cas, on gagne davantage si on parle. Donc stratégiquement, il vaut mieux balancer...Pourtant, de nombreuses études l’ont montré, si des étudiants, des prisonniers, des citoyens lambda, la plupart des gens choisissent de coopérer et de mettre en jeu 3 ans de leur vie en espérant que l’autre fasse de même. Là encore, le complice et moi-même sommes dans le même groupe et confronté au même problème. Et contre notre propre intérêt, on va choisir ce qui est le mieux pour le groupe.


Comment peut-on expliquer un tel comportement? Simple, par la science. Anthropologiquement, l’humain a réussit à donner des espèces beaucoup plus fortes que lui grâce à ses relations humaines. Via cet aspect social, les êtres s’organisent pour chasser et résister aux attaques, ils échangent des connaissances, ce qui leur permet de savoir ce qu’il faut éviter, développe les techniques et les savoir-faire et au final, c’est cette entraide qui nous à si bien servit. Mais les animaux aussi ont des relations entre eux, les meutes de loups par exemple l’illustre bien. Qu’est-ce qui fait que l’humain est allé plus loin que des bandes éparses? Hé bien, l’évolution. Ceux avec la fibre sociale ont plus survécu que ceux qui ne l’avaient pas. Ainsi, de générations en générations, la fibre sociale est très profondément ancré dans notre cerveau. Et vous savez quoi? Ce n’est pas une métaphore. Des études portés sur “The prisonner’s dilemma” ont analysé par imagerie magnétique comment réagissait le cerveau fasse à cette situation. Ce qu’on note est un accroissement de dopamine. L’aire tegmentale ventrale est une partie de notre cerveau. Mais pas n’importe laquelle. Elle fait partie de notre système de récompense / système hédonique. Plus cette partie est stimulée, plus on a du plaisir à faire ce qu’on fait “car on est récompensé”. Or ce qui en ressort est que lorsqu’on choisit de s’entraider, une forte quantité du neurotransmetteurs qu’est la dopamine est émise alors que cette quantité diminue lorsqu’on se la joue solo, même si c’est dans notre intérêt. Notre cerveau nous dit “Ok, tu gagnes plus mais tu as merdé, tu n’as pas supporté le groupe, on a plus de chances de crever maintenant anthropologiquement parlant!” et refuse ainsi de nous récompenser. C’est de cette façon qu’on est littéralement programmer pour être social. On est prêt (dans une certaine mesure) à sacrifier notre bénéfice personnel au bénéfice d’un groupe auquel on appartient.


Cela veut-il dire que les humains s’entraident tous les uns les autres? Non, je pense que les guerres, la lutte des classes et bien d’autres situations plus proches l’ont montré. Pourquoi? Car déjà, ça marche que dans une certaine mesure comme je l’ai dit. Si notre vie est clairement menacée, on aura tendance à fuir en laissant les autres derrières même si on est dans le même groupe. Et surtout, c’est cette notion de groupe qui est importante. C’est une notion extrêmement relative et peut se bâtir sur des éléments très subjectives. Une étude a pris une classe de jeune enfant. Ils discutaient ensemble et ont des groupes de copains. On demande au prof de récompenser plus facilement et dire aux yeux bleus que c’est les meilleurs. Bien qu’anciennement, ils n’étaient pas forcément ensemble, les yeux bleus se sont petit à petit regrouper entre eux, délaissant les autres et dans certains cas, méprisent complètement les autres. Alors que cela est totalement arbitraire et s’entendait très bien avant. Les gens se réunissent par affinité et liens/points communs entre les personnes. Mais quoiqu’il arrive, l’importance d’une “in-group”, personne dans le même groupe, et l’ “out-group”, personne en dehors du group. Lors d’un même groupe, on va énormément s’entraider alors que dans l’ “out-group”, c’est plus tendancieux. Ainsi, si on est trois dans un radeau trois places dont une personne est malade et ne me peut ramer et qu’on voit une personne à la mer en bonne santé. Les chances qu’on abandonne décemment la troisième personne malade pour prendre à la place l’individu sain est très faible. Pourquoi? Car la troisième est dans le groupe alors que l’autre est un étranger. On s’est inconsciemment lié au troisième et même si l’étranger peut nous apporter davantage, on va préférer le garder.


Alors c’est ce qu’on est? Des clans qui défendent ses membres et rien d’autres. Même si on a une versatilité accrue dans les groupes, c’est plutôt … nul. Ce n’est pas si simple. L’aspect social est le plus compliqué lorsqu’on travaille dans la théorie des jeux. Il faut notamment savoir si la personne va avoir besoin d’avoir des interactions humaines directes avec autrui. Je m’explique avec autre problème connu, le “trolley dilemma”. Vous êtes sur un pont où passe deux voies de tramway. Sur l’une d’elle, il y a 5 personnes attachées et sur l’autre, qu’une seule. Sur le pont, vous avez le levier d’orientation qui permet de faire passer le tramway d’une voie à une autre. Et le tramway arrive...que faîtes-vous? Les études ont montré que 90% des sondés vont faire aller le tramway sur la personne seule. Et c’est normal et logique. Une vie contre 5, la pesée est vite faite. Mais voilà la suite, vous êtes sur le même pont, depuis l’accident, il n’y a plus qu’une voie, et mince il y a 5 personnes au loin qui sont encore attachés aux rails. En face de vous, il y a une grosse personne. Si vous la renversez depuis le pont, le chauffeur va le percuter mais du coup, il enclenchera les freins en amont ce qui aura pour conséquence avec la distance de freinage de ne pas tuer les 5 personnes. Là, 90% encore ne pousse pas la personne. En effet, il y a une distance nécessaire pour sacrifier une personne. Le problème est similaire, une vie contre 5. Mais dans le second cas, on ne pousse plus juste une barre mais on interagit avec une autre personne. Dans les deux cas, on donne la mort à une personne mais dans l’un, c’est distant, dans l’autre, c’est proche. Et on ne peut qu’attester que cela compte énormément.


Comment l’expliquer? C’est simple, c’est en réalité une lutte de pouvoir interne. À ma droite, le cortex préfrontal, lieu sacré de la réflexion et de la logique. C’est lui qui dit “5 > 1, tue la personne seule”. À ma gauche, l’amygdale qui est responsable des émotions. C’est elle qui vous dit “Tu ne vas toute de même pas tuer quelqu’un!”. Et c’est à qui nous bombardera le plus d’hormones. Et là dessus, nous ne sommes pas tous égaux. Certaines personnes refuseront de choisir et donc de toucher la barre ou pousser l’homme, ils ont une amygdale développé. À l’inverse, d’autres font preuve d’un rationalisme à toute épreuve et tue sans hésiter si c’est pour le plus grand nombre. Sachez qu’on trouve dans cette catégorie la plupart des tueurs en série, ceux n’apportant peu de crédit à la vie humaine où une amygdale peu puissante.


Quoiqu’il arrive, ces exemples témoignent bien du caractère social de l’homme. Quand il peut se mettre dans le même panier qu’un autre, inconsciemment ou non, un lien va se faire et il va tâcher de faire monter le groupe avant son intérêt personnel. Les relations humaines sont très importantes pour les êtres et conditionnent ainsi nos décisions. C’est une lutte intestine entre notre logique et nos émotions, combat variant selon les individus mais ayant cette constante de solidarité avec son groupe.

La morale douteuse des comptines

Alors aujourd'hui, j'ai décidé d'attaquer les comptines de notre enfance. Car on adore les chanter aux enfants et une fois adultes, on a souvent quelques réminiscences, souvent la ritournelle mais on n'oublie souvent de quoi elles parlent réellement.

Alors attention, je ne parle pas des sens cachés. Beaucoup de comptines sont en fait des chansons paillardes masquées, déguisées. Mais celles-ci sont tellement camouflées qu'on ne les comprend même plus. Ainsi "Il court, il court, le furet" est une contrepèteries anticléricales donnant "il fourre, il fourre, le curé" ou encore dans "Au clair de la Lune", "faire le briquet" peut effectivement dire faire des étincelles pour allumer un feu ou autre, mais c'est aussi une ancienne expression pour dire "faire l'amour"...La chandelle prend de suite un autre sens. Ou encore dans "Il était une bergère", cette chanson prend tout son sens quand on connait l'ancienne expression "laisser le chat aller au fromage" qui signifie "avoir perdu son pucelage". Mais cela est suffisamment enfoui que nos petites têtes blondes ne sauraient comprendre.

Toutefois, il y a des comptines qui traitent dans leur narration de choses discutables et ce, de manière totalement explicite et compréhensible par les enfants. Intéressons-nous par exemple à "Mère Michel". Vous savez "C'est la mère Michel qui a perdu son chat, qui crie à la fenêtre à qui le lui rendra. C'est compère Lustucru qui lui a répondu: Allons Madame Michel votre chat n'est pas perdu"...Mais que se passe-t-il après déjà? Je vous propose de l'écouter en entière.
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Donc récapitulons l'histoire, une femme perd son chat. Un homme le retrouva mais plutôt que lui rendre naturellement, il préféra lui soutirer une récompense. La pauvre mère Michel, victime d'un odieux chantage, céda et décida, tout ingénue, d'accorder un baiser au père Lustucru. Mais le père Lustucru est mercantile et préfère le vendre... Leçon de la comptine, soyez des connards et quand vous trouvez un truc qui ne vous appartient pas, soutirer une récompense au propriétaire ou vendez le. Bravo, clap clap. Juste comme ça, cela s'appelle du vol si vous avez les moyens de le rendre à son propriétaire et que vous ne le faîtes pas.

D'autres sont plus glauques comme par exemple "Il était un petit navire". Vous allez me dire que c'est mignon "il était un petit navire, il était un petit navire, qui n'avait ja-ja-jamais navigué, qui n'avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé" et "ohé ohé matelots, matelots naviguent sur les flots, ohé ohé matelot, matelots naviguent sur les flots". Oui, ça c'est mignonnet. Écoutez la suite:
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Encore une fois, résumons, c'est un petit navire qui n'avait jamais navigué. Je pense que le navire est une litote pour parler de l'équipage du navire car ils manquent clairement d'expérience vu que ces derniers n'ont pas apportés assez de vivres. Du coup, ce qui devait arriver arriva et les vivres vinrent à manquer. Du coup, ils se sont dit qu'il allait se bouffer entre eux. Bon, la chanson se finit bien car après une prière, des poissons sauteurs jaillirent de l'eau pour tomber sur le navire. Mais quand même, c'est une chanson cannibale. Cela parle de manger des humains. Quand vous n'avez plus rien à manger les enfants, mais mangez vos compagnons allons. Cette chanson aborde ce sujet tellement légèrement avec des questions genre "à quelle sauce on va le manger?" ou encore "on doit le faire cuire ou le fricasser (poêler)?" ... Mais oui, écoutez cette belle ritournelle les enfants, elle est géniale...

On continue? "Ah les crocodiles", cela vous parle? "Ha les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles, sur les bords du Nil, ils sont partis, n'en parlons plus.". Bon, je ne vous fais pas languir plus que ça, je vous invite à écouter la comptine :
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Il manque le dernier couplet où le crocodile, par cette crainte, retourna auprès de ses petits enfants et l'éléphant devient tout fier. Rien de bien utile. Bref, déjà une comptine qui parle de guerre, ça me gène un peu. L'enfant va alors nous demander "c'est quoi la guerre?" et on va lui devoir lui expliquer qu'on aime s'entretuer. Mais passons, la chanson montre bien que la guerre n'est pas joyeuse puisque le crocodile y va en reculons, ses pieds traînant dans la poussière. Ce qui m'interpelle plus, c'est la fin de la chanson. Le crocodile part en guerre contre les éléphants, il tombe sur un. Que fait-il? Il fuit. Alors vous allez me dire "c'est pour dire au enfant que la guerre, c'est mal, faut dire non à la guerre". Oui, on peut dire non à la guerre mais dans ce cas, on n'y va pas. Là il part en guerre et face au combat, il fuit. Cela s'appelle de la désertion. Tout d'abord c'est lâche et c'est illégal et vous ne souhaitez pas aller en cour martial, croyez moi. On promeut la couardise! En plus, le dernier couplet le souligne bien, c'est par crainte qu'il a fui. Donc vous avez une peur? Surtout ne l'affrontez pas, fuyez les jambes à votre cou rejoindre votre petit cocon familial.

Une dernière pour la route? Allez "À la claire fontaine". Elle n'a pas une réelle morale douteuse, elle n'est pas méchante. Mais écoutez là, c'est quand même une grosse chanson de dépressif:
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C'est l'histoire d'une fille toute triste car elle aime un garçon (horrible). Le garçon se propose avec un bouquet de roses (trop romantique :please: )... Mais elle le refusa ( Oo mais pourquoi?) mais elle souhaite le garder comme ami. Forcément, le garçon, venant de se faire friendzoné, la quitte définitivement. Et elle, elle pleure, elle juge cela injuste et regrette que la rose fût cueilli (bah oui, c'est forcément à cause de la rose). Et à côté de ça, elle perpétue à dire "Il y a longtemps que je t'aime". Bah alors? Pourquoi as-tu agi ainsi alors? Ca montre tellement que les histoires d'amour, c'est compliqué. La fille l'aime mais le repousse et est triste que le garçon part.... Tout va bien. Vous voulez une corde? Vous voulez vraiment que j'endors mon enfant avec ça?

Tout ça pour dire, on ne retient généralement que les premiers couplets de ces comptines qui ont marqués notre enfance et pourtant quand on les regarde de plus près...bah ce n'est pas si jolie que ça, ça parle de choses plus discutables parfois et ce, même quand on ne prend que le premier sens. Donc bon, les comptines, c'est mignon mais avec modération pour certaines.