background


En savoir plus sur moi

Yann Bidon - Développeur web et d'applications

Le blog

02 Aug

2014

Écrit Par  Yann Bidon

La polémique sur la faille énorme de l'USB

J'ai découvert récemment un article de Nikopik sur l'USB et sa faille de sécurité que l'on ne pourrait pas patcher et corriger. Cette faille importante mettrait notre PC à nu sans que l'on puisse s'en prémunir car elle est basée sur le fondement et le fonctionnement même de l'USB. Le seul moyen de se protéger est de boucher nos ports USB, ne rien laisser entrer.

Bon déjà, je pense qu'on sait déjà tous que l'USB est un potentiel danger. Une clé USB peut contenir des fichiers vérolés, être remplis de virus et également avoir le fameux autorun.inf. Je rappelle juste l'histoire de ce dernier, l'autorun.inf est un fichier d'options comme le .ini qui est présent dans les systèmes de stockage et renseignant l'autoplay dont le but est de lancer un programme une fois le périphérique connecté à la machine. L'objectif de cette technique était de faciliter la vie de Madame Michu pour que lorsqu'elle met son CD d'installation, le programme d'installation se lance sans devoir aller sur les supports de stockages, sur les amovibles, son CD et trouver le programme setup.exe. Sur le principe, c'est génial sauf qu'on pouvait aussi utiliser ça pour lancer des programmes installant des scripts, des backdoors, récupérant vos dossiers... Rassurez-vous, depuis, l'autoplay demande explicitement et impérativement le consentement de l'hôte. Bref, tout ça pour dire qu'on savait déjà que l'USB n'était pas des plus sécurisés et qu'il fallait ainsi contrôler ce qu'on branchait sur nos ports car c'était source de menaces.

Donc quel est plus concrètement cette faille incroyable que vont révéler Karsten Nohl et Jakob Lell lors du Black Hat. C'est un petit programme nommé BadUSB qui se greffe directement sur le firmware, ce qui inquiète Nikopik qui le met en gros. Même en formatant, vous ne le supprimerez pas. Ha ok, c'est juste une mesure pour le rendre plus difficilement supprimable mais cela nécessite quand même de pouvoir accéder et modifier le firmware, ce que peu de clés USB et associés autorisent. Mais disons ok. Comment ça marche donc?

Je suis allé voir sur leur site comment fonctionne BadUSB. Quand on connecte un élément sur un port USB, le firmware doit dire ce qu'il est car l'hôte ne le gérera pas de la même façon s'il s'agit d'une imprimante (périphérique de sortie), un micro-casque (périphérique audio), une clé USB ou un disque dur externe (périphérique de stockage), une webcam, etc. L'idée est de dire que le périphérique est un clavier. Il y a peu de contrôles par Windows sur les claviers, ils sont installés automatiquement. À partir de là, c'est bon, on peut envoyer plein de commandes en quelques secondes. Windows (pour ouvrir le menu démarrer), "cmd" (on cherche à ouvrir le terminal),Ctrl + Shift + Entrée (pour l'ouvrir en mode admin), flèche gauche (pour déplacer la sélection sur Oui sur l'UAC (User Account Control)) et voilà, je suis sur la console en mode admin et je peux faire tout et n'importe quoi. Genre, si je veux désactiver l'UAC: %windir%System32reg.exe ADD HKLMSOFTWAREMicrosoftWindowsCurrentVersionPoliciesSystem /v EnableLUA /t REG_DWORD /d 0 /f . Et là, c'est bon, je peux vraiment m'amuser :D . Là, je peux installer n'importe quel malware, je peux changer vos paramètres réseaux pour mettre un DNS vérolé qui va vous amener sur du fishing...

Cela vous fait peur, hein :waou: . Mais en regardant un peu les commentaires de l'article, j'ai pu voir que ce n'était pas nouveau. Il existait déjà une clé USB qui faisait de même et qui se nommait USB Rubber Ducky. Pour 40$, on dispose de cette clé où l'on peut, grâce à une microSD, y mettre une série de touche à jouer comme je viens de le faire plus haut. Donc bon, au final, ce n'est pas si révolutionnaire que ça.

Mais le fait que cela a engendré une polémique est bien. Cela va peut-être intensifier la normalisation et standardisation de l'USB de type C. En effet, pour le moment, il y a l'USB de type A qui est celui qu'on utilise le plus. Il y a l'USB de type B qui est ce qu'on appelle couramment le micro-USB. L'USB de type C sera plus petit et sera réversible. Plus de quoi s'embêter à chercher dans quel sens on le met :D comme pour le connecteur Lightning d'Apple. Et il devrait, suite à cette polémique, tenter de trouver une parade.

Pour vous donner un aperçu, la première image rendue publique fut celle-ci:
image utilisateur

Donc bon, ce n'est pas la mort. Cela fait un moment que l'USB est dangereux. Faut être vigilant sur ce qu'on connecte à notre PC, pas de quoi être plus paranoïaque qu'avant. Je suis sûr que la NSA l'utilisait déjà. C'est ainsi que se conclut cette article et vive l'USB 3.1 de type C.

16 Jul

2014

Écrit Par  Yann Bidon

La programmation dans les collèges?

Bonjour à tous, aujourd'hui, j'ai envie de réagir face à un article qui m'a fait bondir dans lequel sont rapportés des paroles de Benoit Hamon, ministre de l'Éducation Nationale:

L’éducation au numérique, ce sera, comme je l’ai annoncé ce week-end, l’initiation au codage informatique dès l’école primaire – c’est une initiative et une innovation tout à fait majeure pour notre pays – ainsi que l’inscription dans les programmes des collèges, demain, des principes des langages de programmation afin que tous les élèves soient capables de réaliser des applications simples
~Benoit Hamon



Vous le savez, je me suis déjà exprimé contre, il y a un peu plus d'un an à l'occasion de la vidéo de CodeOrg. Et globalement ma position n'a toujours pas changé. Je vais redire la même chose mais je tiens à rappeler ma position. Pour moi, la programmation n'a rien à faire au collège en tant que matière obligatoire.

Le collège est encore général, c'est au lycée qu'on pourra se spécialiser en prenant une filière professionnelle ou en prenant un cursus général mais orienté, S pour les scientifiques, L les littéraires, etc. Maintenant, posons-nous cette question : À quoi nous sert l'enseignement général? À nous trouvez un métier? Faux. Le but est de nous instruire, c'est-à-dire, donner de la culture et du savoir à l'enfant. Ainsi, on lui donne les outils pour mieux appréhender le monde qui l'entoure et savoir d'où il vient. Par exemple, on leur apprend le français pour qu'ils puissent s'exprimer, les mathématiques pour qu'ils puissent compter, l'Histoire-géo pour qu'ils sachent d'où on vient, la physique-chimie pour qu'on sache comment marche notre monde, la SVT pour qu'on sache comment nous et la Terre fonctionnons... Cela est de l'enseignement général et c'est bien, car cela ne spécialise pas encore l'enfant, cela lui apporte un savoir élémentaire et une base commune avec les autres. Et c'est seulement ensuite, au lycée, que la spécialisation pourra se faire. Pour cela que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans avec le Brevet, car c'est ce qui permet d'avoir une socle solide pour après nous spécialiser (ou non).

Alors d'aucuns vont me reprocher d'avoir une vision archaïque de l'école, que cette dernière doit justement évoluer et que l'apprentissage de la programmation va dans ce sens. Posons nous quelques secondes et réfléchissons sur pourquoi doit-on apprendre à programmer aux collégiens. Intuitivement, vous allez peut-être me sortir qu'à l'heure actuelle, l'informatique a envahi notre quotidien. Entre les objets connectés, les téléphones, les ordinateurs, les tablettes, en France, nous sommes majoritairement tous connectés et avons une vie active sur la toile et cela commence de plus en plus jeune. Ainsi il est important d'apprendre à nos petites têtes blondes comment se servir de ses outils, d'où ils viennent et comment créer la même chose. Je suis tout à fait d'accord... avec la première partie de la phrase. Oui à une initiation à l'usage du numérique, cela me semble à notre époque indispensable de savoir maîtriser ses outils. Il y a eu des initiatives pour ça comme notamment le B2I. Après, ce n'est pas car c'est répandu qu'on doit apprendre comment fabriquer de même. On utilise tous des moyens de transports mécanisés que cela soit nos voitures ou les transports en commun, dois-je exiger des cours de mécanique? On mange tous de la nourriture, dois-je exiger des cours d'agriculture, de boucherie, de boulangerie, de laiterie... Ceci est un faux argument! Ce n'est pas car c'est répandu qu'on doit savoir comment cela marche. On doit juste savoir comment l'utiliser. Surtout que maintenant, on peut même avoir des structures comme des blogs ou des sites web sans rien coder alors ne dites pas non plus que cela vous limite.

Pourquoi alors doit-on apprendre à coder à nos enfants? Je vous repose la question. Car c'est un secteur crucial et moteur d'innovation et de progrès, or la France manquerait d'informaticiens. Haaaaaa...heu :euh: depuis quand c'est l'économie qui dicte l'éducation? À ceux pour qui ça ne le dérange pas et trouve même cela normal car comme ça les enfants pourront facilement trouver un emploi, je vous dis "Mais quel parent êtes/seriez-vous?". Donc votre enfant, il veut faire du commerce et allez-vous lui dire : "Mon fils/Ma fille, il y a trop de commercials sur le marché donc, je sais que ça t'intéresse, tu aimes ça vendre, convaincre. Mais l'économie manque d'informaticiens, tu vois, donc va donc apprendre l'informatique."? J'en doute. Alors pourquoi, quand c'est les parents qui le font, ça gêne mais quand c'est l'école, cela ne gêne pas? Moi, en tant que parent, je veux que mon enfant fasse un métier qui lui plaît et je ne chercherai pas à l'orienter selon le marché. Alors il n'est pas question que je laisse l'école le faire. Au passage, la France manque d'artisan boucher, militons pour des cours de boucherie :\) .

Alors on va me dire "tu es corporatiste, tu es informaticien alors tu veux que cela reste un mystère, tu ne veux pas qu'on détruise ton métier, tu ne veux pas que les gens sachent coder car ça te fera perdre de la valeur". Ha ha :D vous vous attaquez tellement à la mauvaise personne pour cet argument. Je suis totalement pour aider à apprendre aux gens à coder et je fais moi-même des tutoriels vidéos sur YouTube où j'apprend aux gens à coder tel et tel système. Mais il y a une immense différence. Mon public a déjà choisi de se cultiver dans ce domaine, mon public a voulu se renseigner, mon public a fait la démarche car ça les intéresse. Apprendre à des gens intéressés, c'est génial. Et j'invite tous ceux qui aiment l'informatique à aller dans des écoles d'info et de rentrer sur ce marché. Vous verrez c'est passionnant. Moi-même, je suis autodidacte et j'ai appris grâce à des cours mis en ligne car ça m'intéressait. Si on veut apprendre l'informatique, c'est très facile de trouver de l'aide. Ce que je ne souhaite pas toutefois, ce qu'on l'impose à des enfants de collège qui n'ont pas forcément envie. Ce n'est pas un savoir élémentaire, cela n'a pas à être imposer. Vous voyez, l'initiation en primaire, je ne suis pas contre. Cela permet de faire découvrir le code aux curieux. Mais de là, à le mettre aux programmes de collège, il y a un grand pas. En outre, je doute que des collégiens ayant une initiation à la programmation soit une réelle menace pour moi. Ils nous prendront les petits sites web du commerçant du coin. Mais les gros projets et les places en entreprises resteront aux professionnels. Car je maintiens, c'est un métier, on est formé mais pas qu'à la programmation, on a aussi du droit (général et informatique), de la gestion de projet, etc.

Et enfin, l'argument choque : "Toi qui te plaint souvent d'un nivellement par le bas et qu'on élude de plus en plus les programmes, sois heureux, on rajoute des trucs à apprendre". Et? Cela changera en rien le niveau globalement médiocre des élèves en math, en français et en anglais. Quand on voit le niveau de certain dans le supérieur, cela fait peur alors à la sortie du collège si on pouvait déjà leur apprendre correctement cela. Leur rajouter du savoir est juste un cache-misère, "bon, ils ne sont pas spécialement bon en anglais ou math mais regardez, ils peuvent vous faire un site web en HTML ;) ". Non, moi, je veux qu'on approfondisse ces matières, qu'on pallie ces lacunes, je ne vais pas donner un langage supplémentaire à apprendre alors qu'ils ne maîtrisent pas parfaitement la langue national et la langue mondiale qu'est l'anglais.

En outre, ceux qui plaident généralement pour l'égalité, cela va creuser davantage le fossé entre les classes riches et moyennes qui pourront s'offrir un ordinateur et donc se renseigner et tester à la maison et la classe pauvre avec des familles qui n'ont pas forcément les moyens de se payer un tel matériel et/ou la connexion à Internet. De même, les écoles privés, généralement avec des moyens plus élevés, auront des machines plus performantes là où les écoles plus modestes auront des vieilles machines cathodiques. Je caricature mais notez la disparité.

Donc voilà, c'est une demande du marché. Pour moi, l'école n'a pas à se plier à l'économie et doit se charger d'instruire simplement nos enfants sans avoir à les influencer dans leur choix de carrière. Ainsi, pour moi, la programmation, matière obligatoire au collège, c'est non. Mais si vous êtes intéressé. Je vous invite fortement à découvrir, c'est un univers génial. Et si ça vous intéresse, vous pouvez toujours vous spécialiser au lycée via des filières comme la STI2D ou S avec sciences de l'ingénieur.

07 Jun

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Peut-on régler l’inégalité homme-femme en milieu professionnel par le quota ?

Le 05 juin 2014, j’ai lu un article sur le Global Summit of Woman que l’on va accueillir à Paris. L’article détaillait les actions entreprises par l’État pour réduire l’inégalité homme-femme et notamment la mise en place d’un quota de femme dans le conseil d’administration d’entreprise. On se félicitait grâce à cela d’avoir plus de 30% de femmes aux CA des entreprises du CAC 40.

Pour moi, la politique du quota n’est jamais bonne. C’est un moyen de résoudre les conséquences sans s’attaquer aux causes. Il y avait un problème, il n’y a pas assez de femmes dans les fonctions dirigeantes et bien on les impose par la loi plutôt que chercher la raison de cette absence et des réelles solutions.

Je pourrais faire le parallèle avec les quotas pour la gendarmerie nationale. Ils doivent arrêter tant de personnes donc qu’est-ce qu’on fait ? On s’attaque à la plus petite subdivision, celle qui est la plus nombreuse, c’est-à-dire, les gens banales qui se garent mal, font des excès de vitesse, des jeunes qui consomment un peu d’herbes… C’est des manquements à la loi et il convient certes de les punir. Mais il serait en théorie plus efficace de s’attaquer aux barons de la drogue, démanteler les bandes organisées de malfaiteurs, etc.

J’ai eu l’occasion de discuter dans le cadre de mes fonctions avec des gendarmes et le constat est affligeant. On délaisse les grosses enquêtes car elles sont longues et ne permettent pas de remplir les quotas et on se concentre sur le menu fretin. Attention, je ne dis pas qu’on ne traque plus les tenants du crime, mais c’est refiler à des groupes spécialisés alors que c’est le rôle général de la gendarmerie nationale. On s’attaque ici aux conséquences et non pas à ce qui les a créé. La politique du quota n’est, toujours selon moi, qu’un cache misère. On a la gendarmerie qui dit « Regardez, on a bien travaillé, on a atteint nos objectifs de tant de rappels à l’ordre, d’arrestations et autres » mais ce n’est pas les gens qui comptent. L’important n’est pas la politique du chiffre, mais la qualité de ceux qui y sont.

Ainsi pour conclure cet argument sur le rejet des quotas, je dirai qu’il n’y a pas de quoi se réjouir de voir 30% de femmes dans les conseils d’administration lorsque l’on a justement imposé une parité. Il n’y a aucune gloire. Il aurait mieux fallu s’attaquer à la vision machiste du monde des dirigeants, faire changer les mentalités, montrer que les femmes sont aussi compétentes que les hommes. Et en s’attaquant à cela, si on voit qu’on a atteint 30%, là je me réjouirai, car je me dirai, on a abattu des cloisons, on a ouvert les conseils d’administration aux femmes car elles ont prouvé leur valeur. Et cela m’amène justement aux deuxièmes problèmes relatifs aux quotas.

Un des problèmes des quotas est que cela jette le doute sur la légitimité de la personne concernée. En effet, quand une femme est au conseil d'administration d'une entreprise, on ne dira pas "elle est là pour sa compétence" même si c'est vrai, mais "elle est là pour remplir les quotas". C’est des petits commentaires désobligeants que l’on retrouve en politique où la parité des listes est imposée. On dénonce de nombreuses femmes qui sont présentes non pas pour leurs qualités mais juste parce qu’il faut des femmes dans les listes. Et pour moi, cela est dommage. Sans ces quotas, la question ne se poserait pas. Si elle est là, c’est parce qu’elle compte, elle est compétente et on reconnaîtra sa valeur. Moi, je dis redonnons leur le respect qu’elle mérite.

Alors, vous allez me dire, sans quota, aucune femme ne serait dans les conseils d’administration. Donc mieux vaut, à défaut d’en avoir naturellement, en imposer par la loi. Faux, il faut juste qu’elles montrent leur valeur mais ce n’est pas impossible. Vous allez me dire que cela est difficile. Oui, comme toujours quand on arrive à ce niveau de responsabilité. Mais ce n’est pas impossible. Il y a des exemples de femmes qui ont su s’imposer dans le milieu professionnel.

Prenons Patricia Barbizet comme exemple. Elle commence comme trésorière à Renault Véhicules Industriels puis accède au poste de Directrice Financière de Renault Crédit International. Elle rejoint le groupe Pinault en 1989 en tant que Directrice Financière. En 1992, elle devient Directrice Générale d’Artémis puis en 2004 puis Directrice Générale de la financière Pinault. Je vous laisse regarder le graphique que j’ai fait pour voir à la tête de quel empire elle est. En outre, elle siège aux conseils d’administration de Total, Air France et PSA Peugeot Citroën. Et tout cela bien avant la loi du 27 janvier 2011 imposant la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance. Preuve que l’on peut réussir sans les quotas.

Pas convaincu ? Vous pensez à une exception, qu’elle est manipulée par les hommes ? Prenons un autre exemple alors, Anne Lauvergeon. Elle est ingénieur du corps des mines dont elle deviendra de 1988 à 1989, adjointe du chef de service au Conseil Général des Mines. En 1984, elle fait un stage au Commissariat à l’énergie atomique où elle étudie les problèmes de sûreté chimique et elle travaillera de 1985 à 1988 à la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement d’Île de France. Elle devient secrétaire générale adjointe de la présidence sous François Mitterrand et devient la représentante personnelle du président, chargée de préparer les sommets internationaux comme le G7, ce qu’on appelle un sherpa. Elle est recrutée en 1997 pour être Directrice Générale adjoint d’Alcatel et rentre au comité exécutif du groupe. Enfin, en sa qualité de chimiste, femme d’affaire et appartenant au corps des mines, Dominique Strauss-Kahn la nomme PDG du groupe Cogema qui deviendra sous sa direction Areva. Depuis elle est administratrice de Vodafone, Total, EADS et vice-présidente du conseil de surveillance du Groupe Safran. La considérez-vous comme un pion des hommes ? Elle qui s’est opposé à l’État, à la cour des comptes, à Thierry Breton qui voulait la limoger, elle qui refusa le poste de ministre des Finances proposé par Nicolas Sarkozy et s’opposa à Henri Proglio, président d’EDF, qui était à l’époque son premier client. C’était une femme de poigne et une excellente femme d’affaire qui avait une vision stratégique à long terme et qui a su se dresser face à des mastodontes pour défendre ce qu’elle croit bon.

Je pourrai en citer d’autres comme Clara Gaymard, mais je ne vais pas m’amuser à faire l’historique de toutes ces femmes qui ont un rôle important dans notre économie. Mon but ici est de montrer qu’avant ces quotas, des femmes avaient déjà accès aux conseils d’administration et à des places de direction. C’était plus dur que pour des hommes, sans doute mais pour moi, le quota n’est pas la solution. Il faut continuer de montrer que les femmes sont aussi compétentes que les hommes voire parfois plus. Il y a des études qui montrent que lorsqu’elles sont responsables des sujets liés à l’alimentation et à l’agriculture, les femmes réussissent systématiquement mieux.

Les femmes ne sont pas moins doués que les hommes, mais les imposer ainsi par la loi est, selon moi, un mauvais remède. C’est un camouflet. Voilà, je voulais réagir sur ce point. Merci pour votre écoute et espère que cela vous fera réfléchir. Ensemble, cherchons plutôt comment peut-on revaloriser la femme dans le milieu professionnel sans pour autant faire de la discrimination positive.

21 Apr

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Raison de l'absence de news

Bonjour à toutes et bonjour à tous.

Voilà un très long moment que je n'avais point écrit de news. Le 15 décembre était la dernière et nous sommes en avril Oo . J'ai écrit quelques articles depuis comme "Quel type d'entreprise choisir pour monter la sienne seul?" ou "Le format papier et racine de 2". J'ai également tourné des vidéos, notamment les dernières sur CISCO.

Mais il est vrai qu'en terme de news, je ne suis plus présent. Cela s'explique par le fait que je suis hélas fort occupé. Étant en 4e année d'ingénierie informatique, mon année est composée de beaucoup de projets au long court. De même, la politique me prend énormément de temps puisque jusqu'à maintenant, avec les municipales, j'étais un homme en campagne. Et maintenant qu'elles sont passées, j'ai la joie d'avoir été élu mais cela implique que je dois également gérer des dossiers informatiques pour la ville. Cela fait que j'ai peu de temps à consacrer à ce site web. Je le déplore. Mais hélas, le temps n'est pas extensible. Pour de l'actualité, je vous invite fortement à venir sur mon profil facebook qui est beaucoup plus actif.

En tout cas, je vous souhaites une agréable journée et je suis ravi que vous me suivez dans mes projets.

image utilisateur
Oui, j'en suis fier

16 Mar

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Le format papier et racine de 2

Vous le savez surement, on utilise traditionnellement des feuilles de papier au format A4, c'est-à-dire, 21 x 29,7 cm. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on a choisi cette taille? Après tout, à la découpe, prendre 29,7 cm ne doit pas être des plus aisés. Pourquoi ces 0,7 centimètres? Et puis, pourquoi le format le plus utilisé est A4? Pourquoi ne l'a-t-on pas appelé A0 et on partirait de lui comme format de référence.

Il faut savoir que cela a été normalisé via l'ISO 216 et est donc internationalement utilisé. Ce n'est donc pas irréfléchi ni un choix anodin. En effet, c'est un choix très pratique et non, ce n'est en réalité pas difficile d'avoir à la découpe. Ils ont fait en sorte que lorsqu'on coupe une feuille au format X(n), cela nous donnerait deux feuilles au format X(n+1). Je mets deux A4 à côté et on obtient une A3. Et si je plie une A4 dans la longueur alors j'obtiendrai une A5. La dessus, je pense ne rien vous apprendre.
image utilisateur

Mais cela ne suffit pas. Car j'ai envie de dire, je coupe par la diagonale et j'obtiens deux triangles qu'il suffit d'ajouter pour constituer le format au dessus. Il fallait garder la même forme rectangulaire et surtout garder les mêmes proportions, c'est-à-dire, que le rapport de la longueur par la largeur devait être égal au celui du format précédent. De cette façon, on aura qu'à appliquer ce rapport sur la taille du dessin ou de la police d'écriture pour le convertir au nouveau format sans que l'oeuvre soit déformée. Il se trouve que cet propriété est rendu possible grâce à racine de deux.

En effet, racine de 2 est le seul nombre à avoir cette propriété là. Pour vous en convaincre, je vous propose de regarder le schémas suivant:
image utilisateur
Nous avons un rectangle de longueur a et de longueur b. Et on veut que le rapport des dimensions de ce rectangle soit le même que celui du rectangle obtenu après avoir coupé la feuille en deux sur la longueur et qui a donc comme longueur b et largeur la moitié de a.

En résumé, on veut que :

[math]\frac{a}{b} = \frac{b}{\frac{a}{2}} \Rightarrow \frac{a}{b} = \frac{2b}{a} \Rightarrow a^{2} = 2\times b^{2} \Rightarrow \frac{a^{2}}{b^{2}} = 2 \Rightarrow (\frac{a}{b})^{2} = 2[/math]
[math]\frac{a}{b} = \sqrt{2}[/math]



Voilà pourquoi le 0,7 cm est important, pour garder la proportion à racine de 2. Après [math]\frac{297}{210} \neq \sqrt{2}[/math], c'est proche mais ce n'est pas réellement égal. Faut bien penser que cela a été fait en 1922 par la DIN (bureau de normalisation) allemande avant d'être répandu dans le monde et à l'époque, on n'avait pas des outils aussi précis que maintenant.

Alors maintenant, pourquoi A4? Car on est parti du format A0 qui est en fait, le format Aigle inventé et imposé par Napoléon Bonaparte (c'était pour imposer une échelle pour les cadastres de ville) et se voulant être une surface d'un mètre carré. L'erreur vient en réalité de là, car ils ont prit 841 × 1189 mm. Or [math]841 \times 1189 = 999\ 949 \cong 1m^{2}[/math]. Mais globalement, l'erreur est si infime qu'on ne la voit guère.

20 Jul

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Le port de l'écharpe, insigne de la République

Je me souviens d'une personne qui avait raillé Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon, car il portait son écharpe à l'envers par rapport aux autres maires de la région qui l'entouraient durant un événement. J'ai donc rappelé à cette dernière les différentes règles relatives au port de l'écharpe car en effet, en tant qu'insigne de la République Française, son port est strictement réglementé.

Pour les maires et conseillers municipaux, c'est l'article D2122-4 du code des collectivités locales qui réglemente le port de l'écharpe. Son dernier alinéa énonce que l'écharpe se porte obligatoirement de l'épaule droite au côté gauche. Et lorsqu'il est porté comme tel, l'ordre des couleur est rouge blanc bleu avec le bleu près du col. L'objectif est de marquer une distinction avec les parlementaires (députés et sénateurs) qui eux le porte dans l'ordre traditionnel du drapeau français, c'est-à-dire bleu blanc rouge avec le rouge près du col. Une alternative pour les élus locaux est le port en ceinture. Dans ce cas là, il faut impérativement mettre la couleur bleue en haut. En résumé:
image utilisateur

Il convient de distinguer Monsieur le Maire des autres conseillers. Pour ce faire, il faut regarder les glands qui pendent de l'écharpe. S'ils ont des franges d'or, c'est que c'est le Maire. Si elles sont en argent, alors c'est que c'est un adjoint ou un conseiller municipal.
image utilisateur

En théorie, c'est le maire et les adjoints qui portent l'écharpe en leur qualité d'officier de l'état civil, les conseillers municipaux doivent la porter seulement quand ils remplacent le maire ou un adjoint et quand il célèbre un mariage sous délégation du maire. Après, il y a une relative tolérance sur cette règle.

Il convient de porter la fonction la plus élevée donc M. Collomb avait raison de la porter à l'inverse des maires car c'est un sénateur.

Outre la France, les eurodéputés ont également une écharpe bleue:
image utilisateur

Enfin, les Grand-Croix de l'ordre de la Légion d'Honneur et de l'ordre National du Mérite ont le droit à une écharpe respectivement rouge et bleu.
image utilisateur

image utilisateur

Rappelons enfin que les insignes étrangers et donc le port de l'écharpe par un français doivent relever d'un pays souverain et une autorisation de port délivré par le Grand Chancelier de la Légion d'Honneur conformément à l'article R160 et R161 du Code de la Légion d'Honneur et des médailles militaire.

06 Jul

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Alcool au travail : Beaucoup de bruit pour rien

Le 1er juillet, un nouveau décret fut publié pour ajouter un alinéa à l'article R4228-20 du code du travail. Ce dernier énonce :

Lorsque la consommation de boissons alcoolisées, dans les conditions fixées au premier alinéa, est susceptible de porter atteinte à la sécurité et la santé physique et mentale des travailleurs, l'employeur, en application de l'article L. 4121-1 du code du travail, prévoit dans le règlement intérieur ou, à défaut, par note de service les mesures permettant de protéger la santé et la sécurité des travailleurs et de prévenir tout risque d'accident. Ces mesures, qui peuvent notamment prendre la forme d'une limitation voire d'une interdiction de cette consommation, doivent être proportionnées au but recherché.
~Article R4228-20 Aliéna 2



À partir de ça, on a eu une levée de contestations en arguant que cela était la fin des pots au travail, fini les petites fêtes pour célébrer un contrat terminé avec brio, de bons résultats, un départ du personnel..., que ce n'était pas normal, que cela contribuait au côté conviviale et synergique de l'entreprise et bien d'autres arguments. Alors mes chers amis, on se calme. Je connais la technique qui consiste à monter un incident en grandes pompes pour essayer de contester mais là quand même, c'est un peu abusé. Rappelons qu'il n'est nullement fait mention des pots en entreprise. Ces moments festifs pourront continuer à être célébré, il n'y a strictement pas de problèmes là-dessus. La cible de ce texte est seulement l'alcool durant ces célébrations. Et de surcroît, l'État n'intervient pas et ne force ici personne. Elle rappelle simplement que l'employeur peut restreindre la consommation d'alcool dans son entreprise de manière souveraine. L'État laisse ici le libre choix à l'entreprise et ne diligente pas lui-même.

Et j'insiste pour dire que cela est un rappel. Car en effet, l'article L4121-1 mentionné dans ce nouvel alinéa prévoit que "L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs". En droit, il a ce que l'on appelle une obligation de résultat. En somme, s'il y a un problème, c'est de sa faute. Ainsi s'il y a un accident à cause de ce qu'il s'est passé au travail, la responsabilité de l'employeur peut être engagée. Donc, ce dernier doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter cela et s'attaquer à l'alcool pouvait être un de ses pouvoirs.

En conséquence, l'employeur pouvait d'ores et déjà limiter voire interdire l'alcool aux bureaux pour des raisons de sécurité. Ce que fait cet alinéa est simplement de rappeler aux employeurs leur obligation de sécurité et de contrôle. En outre, on peut passer un excellent pot aux bureaux sans alcool. Et rappelons également qu'aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail.

16 May

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Spam des commentaires

Bonjour à toutes et bonjours à tous,

J'avais jusqu'à maintenant laisser les commentaires des articles et des news libres. Hélas, des vilains petits bot ( :diable: ) s'y sont immiscer et ont publié des tonnes et des tonnes de commentaires de publicités.

Ce n'est pas la première fois. Au début, je les virai car c'était anecdotique, il y en avait peu. Mais le problème est qu'on a passé la barre des 10000 spams là. Du coup, j'ai tout vidé et j'ai mis une petite question, toute bête, qu'on doit nécessairement remplir pour poster.

Je laisse toujours les commentaires anonymes, sans inscription ni contrôle actif, ne vous inquiétez pas. Mais voilà, le petite question est quand même moins intrusive qu'un gros captcha. Il n'y a pas non plus de piège du genre "D'où viennent les chapeaux de Panama?", réponse "D'Équateur" :D .

Je m'excuse auprès des commentaires de réelles personnes que j'aurai involontairement effacé. Mais cela était nécessaire. Un bon petit ménage, pour y voir plus clair.

11 Apr

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Quel type juridique d'entreprise choisir pour monter la sienne seul?

Voilà un titre un peu vague. En fait, c'est simple. Je suis souvent amené à rencontrer des jeunes informaticiens qui aimeraient bien monter plus tard leur entreprise. Ils aimeraient ne pas avoir d'autres associés et ainsi être le seul maître à bord. De fait, j'entends souvent cette question : "Sous quel type juridique vais-je monter mon entreprise ?". Cette question est tout à fait légitime car il faut dire qu'il y a moult formes d'entreprises avec un unique associé. Entre EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée), SASU (Société à Actions Simplifiés Unipersonnelle), auto-entrepreneur... comment choisir?

L'une des tendances actuelles est la dernière citée, c'est-à-dire, l'auto-entrepreneuriat. Créé en août 2008 pour la Loi de modernisation de l'économie (LME), son réel objectif était de faire baisser le nombre de chômeurs en leur permettant de se mettre à leur compte très facilement. En effet, il suffit de remplir le formulaire P0 et pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site du Centre de Formalités des Entreprises. Cela prend une vingtaine de minutes et c'est bon, vous êtes enregistré comme auto-entrepreneur :please: .

Sauf que moi, je n'aime pas ce statut. Il a des avantages, c'est clair et net. Il est très facile de la monter comme je l'ai dit précédemment. Et c'est normal, car on n'a pas à s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés (ou des métiers si vous êtes artisan mais je vais considérer uniquement le cas où vous voulez monter une entreprise d'informaticien free-lance). Et là encore, c'est normal car on ne monte pas une société ni un commerce. L'auto-entreprise fait partie des entreprises individuelles. Les principales caractéristiques d'un auto-entreprise sont présentées dans ce graphique des Chambres du Commerce et de l'Industrie (CCI) de France présentant comment l'auto entrepreneur se situe par-rapport aux autres types d'entreprises (en rouge) :

image utilisateur

En fait, ce schéma regroupe tout ce que je n'aime pas dans l'auto-entreprise. Je commence par le bas. Notre responsabilité, contrairement aux EURL, EIRL ou SASU, est illimité. Qu'est-ce que cela veut dire? Cela signifie que votre responsabilité ne se limite pas à votre simple apport dans l'entreprise. En somme, cela ne se limite pas aux biens appartenant à l'entreprise. Les biens personnelles comme votre maison ou votre voiture ou vos comptes personnelles peuvent servir à rembourser les dettes contractées par l'entreprise devenue insolvable. Alors, ne paniquez pas, il existe l'AERL (Auto-Entrepreneur à Responsabilité Limitée). Mais justement, ce n'est pas une simple auto-entreprise donc enregistrez-vous bien comme AERL et non comme simple auto-entrepreneur sinon vous vous engagez personnellement. Cela élimine déjà le point du bas.

En haut, on a le statut social du dirigeant et on peut voir que nous sommes un travailleur non salarié (TNS). Cela aussi me chagrine car cela veut dire qu'on n'a pas la belle couverture sociale qu'ont les salariés. Je parle notamment du régime sociale comme les assurances maladies, les retraites, les allocations familiales et bien d'autres, le chômage étant exclu. Éviter d'avoir un accident car quelques jours à l'hôpital et vous allez voir que votre portefeuille va vraiment faire grise mine :euh: . Après, l'auto-entrepreneur est quand même bien couvert et se rapproche beaucoup d'un salarié. Il y a pire comme TNS mais cela reste un TNS. Allez dans une banque pour un prêt personnel et dites "je suis salarié", cela ne sera pas pareil que si vous dîtes "je suis un travailleur non salarié".

Et enfin, le point à droite, le régime fiscal, on est en régime des sociétés de personnes et on est soumis via l'impôt sur le revenu (IR). On est sur un régime micro-social (ça offre déjà un taux amoindri), et si je me base sur cette page des services publics (corroborée par d'autres sources, ne vous inquiétez pas), le taux d'imposition serait de 26,3 %. Et ce taux s'applique sur le chiffre d'affaires Oo . C'est ça qui me tue. Remettons les choses en contexte. Imaginons, je suis un webmaster et j'ai fait, en une année fiscale, un site web que j'ai vendu à 100€. J'ai également payé l'hébergement de ce site pour une valeur de 75€. Ici, mon chiffre d'affaires est de 100€ car j'ai encaissé 100€ durant l'exploitation. Mais par contre, attention, je n'ai un bénéfice que de 25€. Sachant que ce taux s'applique à mon chiffre d'affaires, je suis imposé sur les 100€. Je dois donc payé 26.3% de 100€ soit 26.30€ (pas trop difficile) d'impôts... Je suis déficitaire :waou: . Non, mais sérieusement, imposer sur le chiffre d'affaires et non le bénéfice..., c'est risqué. Le chiffre d'affaires ne représente pas la richesse crée par l'entreprise durant l'exploitation, simplement ses rentrées d'argent. Heureusement, si le chiffre d'affaires est nul, on n'a pas à payer de cotisations sociales. Grand point très intéressant toutefois, l'auto-entrepreneur est exonéré totalement de la TVA pour toutes ses ventes. Sachant que cette dernière est passée à 20%, cela fait une différence notable sur l'échelle des prix.

Bon, je suis désolé au près des auto-entrepreneurs qui me lisent mais je n'aime pas ce statut et je me devais d'expliquer pourquoi. Mais je ne vais pas faire le grincheux qui tape sur ce qui existe sans proposer de solutions et alternatives. Et le type juridique que je préfère est celui de la SASU.

La SASU, Société à Actions Simplifiées Unipersonnelle



Forme individuelle de la SAS, la SASU est une réelle société. De ce fait, elle est, je l'admet, un peu plus compliquée à monter. Comme toute bonne organisation qui se respecte, on doit écrire des statuts pour notre société. Il va également falloir publier une annonce au journal d’annonces légales et remplir un formulaire m0 (vous ne pensiez pas échapper à la paperasse :p ). Il faudra enfin fournir un certificat de dépôt de fonds pour les apports en numéraire (en gros, combien on débloque d'argent pour la société, ce qui constituera son capital) sachant qu'il n'y a plus de capital minimum. Vous pouvez donc monter une entreprise avec un capital d'1€ mais après, vous n'allez pas aller loin.

Le fait d'avoir une société impose également un peu plus de rigueur. Pour chaque grande décision, l'associé unique établie un procès-verbal (comme pour les associations par exemple) devant être déposé au Centre de Formalités des Entreprises et tient ainsi un registre des décisions. De même, il faut établir de vrais comptes avec un compte de résultat, un bilan... et non juste un simple registre des entrées-sorties. Pour moi, cet encadrement n'est pas forcément un mal dans le cas où si l'entreprise s'étend et devra changer de nature, ils devront obligatoirement passer par là. Donc autant y être habituer directement.

Même s'il n'est pas écrit SASURL, il est important de savoir que la responsabilité de l'associé est limité à ses apports. Ainsi son patrimoine personnel ne peut être saisi pour éponger les dettes de la société (sauf en cas de faute manifeste de gestion).

Autre avantage, contrairement à beaucoup d'organisation unipersonnelle, l'associé, s'il dirige sa société, est considéré comme "dirigeant assimilé salarié". Cela signifie qu'il est considéré comme salarié et dispose ainsi du même régime social (le régime général) sauf évidemment, celui de l'assurance chômage étant mandataire social. Ainsi, on a une bonne assurance santé, vieillesse, familiale. On sait tous que les salariés sont mieux couverts que les dirigeants en France. Et bien voilà un statut qui permet de concilier les deux et ça, c'est bien :D . D'ailleurs, les dividendes que se verserait l'associé unique n'est pas soumis aux cotisations sociales.

Reparlons un peu des impôts, élément que j'avais houspillé dans l'auto-entrepreneuriat. On est une société donc évidemment, on paie l'impôt sur les sociétés et non plus l'impôt sur le revenu. Et là, je vous vois venir avec un rictus dessiné sur vos lèvres: "L’impôt sur les sociétés s'élèvent à 33.333...%, ce qui est plus que celui de l'auto-entrepreneuriat :ange: ". À ce moment là, je me redresse fièrement, pointe mon doigt vers vous et crie un bon "OBJECTION!" à la Phoenix Wright. Tout d'abord, l'impôt sur les bénéfices (IS) ne s'applique que sur les bénéfices. Ainsi dans mon exemple précédent, je n'aurai qu'un tiers de mes 25€ soit 8.34€ d'impôts, ce qui ne me rend pas déficitaire, loin de là. Mais ce n'est pas tout. En se rendant sur le site des impôts, on note un magnifique tableau qui énonce que pour un chiffre d'affaire inférieur à 7 630 000 € et si "le capital de votre société a été entièrement versé par les associés et est détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques (ou par une autre société répondant aux mêmes conditions), elle est imposée au taux de 15 % sur ses 38 120 premiers euros de bénéfices (ce montant est apprécié par période de 12 mois) puis 33,1/3 % pour le reste de ses bénéfices. Donc en plus, vos premiers 38 120€ ne sont taxés qu'à 15% car le capital a été entièrement versé par vous, l'associé unique, et vous disposez de plus de 75% car vous l'avez même à 100%.

De plus, il faut savoir que vous pouvez demander à vous faire imposer personnellement. Depuis la LME, la SASU peut opter temporaire à l'IR. La limite est de 5 ans. Je ne vois pas pourquoi il ferait cela mais on lui laisse cette option, il fallait donc que je la mentionne.

Enfin, une SASU est donc une société à actions, ce qui facilite énormément la transmission de la société. Vous voulez accueillir un nouvel associé, vous n'avez qu'à lui céder une partie de vos actions. Cela ne sera donc plus une SASU mais une SAS (car ce n'est pas unipersonnelle). Mais cela est transparent, cela se fait automatiquement, on n'a pas à changer la société. Alors que si on était une entreprise indépendante, il aurait fallu obligatoirement changer notre type de société et cela coûte évidemment des sous. De même, pour le céder à ses enfants comme héritage, il est plus facile de diviser des actions qu'un fond de commerce et surtout on paie moins d'impôts. En effet, les cessions d’actions sont soumises à un régime fiscal plus léger de l'ordre de 0.1% là où cela varie de 0 à 5% pour un fond de commerce et 3% après un abattement proportionnel de 23 000 euros pour les parts sociales (d'une EURL par exemple).

Un dernier avantage pour la route. Le président de SASU qui ne se met pas comme dirigeant, n'ayant ainsi pas de salaire et qui touche l'allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) peut continuer à la toucher, là où un gérant associé d'EURL ne peut point. De même, les dividendes qu'il reçoit, outre le fait d'être exonéré de cotisations sociales, n'ont aucun effet sur le montant des allocations. Donc on peut monter une société sans en avoir la direction, toucher des dividendes et toujours toucher l'ARE.

Tout cela m'amène à conseiller les gens à s'orienter vers ce type de société pour se lancer dans l'aventure. Après, il n'y a pas de réponse absolu et il convient de voir lequel est le plus adapté à votre projet. Néanmoins, je trouve que la SASU offre beaucoup d'avantages non négligeables par rapport à d'autres structures.

15 Dec

2013

Écrit Par  Yann Bidon

Les "martyrs" de YouTube

Voilà un moment que je n'avais pas mis de news. Et maintenant que je vais en mettre une, elle n'est pas de moi. Que de laisser aller, moi je vous le dis! :D .

Plus sérieusement, c'est un sujet important dont on va parler aujourd'hui et qui concerne encore les dérives du droit d'auteur (et surtout des ayant-droits) au détriment de la culture. Le récent changement de politique de YouTube qui distingue les comptes premium (comptes des ayant-droits, créateurs de contenus) et les réseaux des partenaires YouTube. J'aurai aimé faire un long article dessus mais hélas, je n'ai pas le temps. Une amie tenant un blog a néanmoins abordé le sujet et je me suis dit que j'allais le partager ici (avec son accord évidemment ;) ). Vous trouverez l'original à cette adresse. Donc, ce qui suit n'est pas de moi mais de Aude P., tous les droits lui reviennent, j'ai juste corrigé l'orthographe et la ponctuation.

Les "martyrs" de YouTube


Bonjour, bonjour tout le monde. Comme certains d’entre vous le savent peut-être, YouTube a décidé de durcir encore davantage sa réglementation concernant les contenus des vidéos utilisant de brefs extraits de produits copyrightés comme les extraits de films ou de musique. L’ennui est que, dans la grande majorité des cas, ces extraits ne sont en aucun cas une menace pour les produits dont ils sont issus, ils ne durent que quelques secondes et sont là uniquement pour illustrer un propos (et non diffuser l’intégralité d’un film par exemple). Bien souvent, c’est également un moyen de promotion pour les dits films, musiques, jeux vidéo… présentés par nos youtubers préférés.

Lorsque des amateurs commencent à se faire un nom sur YouTube de par leur grand nombre de vues, ils sont contactés par un network qui leur propose de publier des publicités en introduction de leurs vidéos, rémunérant les propriétaires des dites vidéos et permettant à de simple amateurs de se professionnaliser et parfois même de pouvoir vivre de leur passion. Car oui, faire des recherches, écrire, tourner, monter des vidéos, c’est très long et fastidieux. Il est du coup difficile de trouver le temps et la motivation de travailler sur ses vidéos lorsque vous rentrez du boulot.

Bref avec les nouvelles règles de YouTube, les personnes à qui appartiennent ces extraits présentés dans la vidéos, deviennent en droit de réclamer l’intégralité des sous perçus par ceux qui les ont mis en scène (rappelons qu’ils les utilisent pour illustrer un propos et qu’à aucun moment, ne déclarent que ces extraits leur appartiennent), pour se les partager ente eux. Par exemple, si une vidéo présente un extrait de 5 secondes de "La Belle et la Bête" accompagné d’une musique de Final Fantasy VII, Disney et Square Enix seront en droit de demander tout l’argent perçu par le visionnage des pubs et se le partager (corruption, dites-vous ?) entraînant, par conséquence, le chômage de ceux qui se sont consacrés à leur passion et qui en avaient fait leur gagne pain.

Pour mieux comprendre, je vous propose de regarder cette vidéo qui explique bien cette nouvelle réglementation :

<youtube>https://www.youtube.com/v/1ylPyfX3pD0

Pour la petite histoire, il y a quelques années, il y avait eu une histoire similaire qui avait fait un peu de bruits. Un homme avait décidé de filmer en pleine nature, le son de sa vidéo a été coupé pour usage abusif de copyright… La raison? Le chant des oiseaux que l’on entendait en fond de la vidéos avait été reconnu comme appartenant à un contenu sous copyright par le robot qui analyse les vidéos YouTube… (source finalement retrouvée grâce à Yann ;) merki! : http://www.numerama.com/magazine/21823-sur-youtube-les-chants-d-oiseaux-sont-proteges-par-le-droit-d-auteur.html)

Bref, ça me tient à cœur parce que je prends beaucoup de plaisir à suivre régulièrement certains youtubers qui ont vraiment su créer un contenu culturel (même si, personnellement, je suis très axées sur ceux concernant les jeux vidéos) de façon original, ludique et surtout critique ! Certains d’entre eux vous divertissent, d’autres vous font connaître la culture d’autres pays et certains vous incitent à la réflexion (ça change de la télé, non ? qui manque cruellement de programmes et de chaînes dans ce genre pour le grand publique). D’autre part, YouTube était devenu, grâce à eux, un magnifique tremplin pour la création !

Alors ci-joint un petit montage rapide où j’ai détourné un tableau d’Andrea Mantegna (Île de Carturo, vers 1431 – Mantoue, 1506) représentant Saint Sébastien. Ce n’est évidemment pas à prendre au sens blasphématoire. J’ai ici décidé de détourner cette oeuvre car le martyr, pour moi, c’est contraindre et torturer des personnes qui croyaient et vivaient pour ce qu’ils pensaient juste, pour leurs convictions qu’elles soient politiques, religieuses… Ici finalement (toujours un avis qui n’engage que moi), on assiste à ce qui pourrait devenir l’abolition d’un média de création prônant la liberté d’expression et le divertissement, et ce, au nom du profit ! Ils se fichent bien de mettre quelques personnes au chômage (des personnes qui sont heureuses aujourd'hui de pouvoir travailler pour ce qu’elles aiment, ce qui n’est franchement pas donné à tout le monde aujourd'hui) et de priver des milliers de personnes (car oui, ce sont bien des milliers de vues que génèrent ces vidéastes amateurs) de leur divertissement quotidien (et se divertir sans que ça vous coûte les yeux de la tête, aujourd'hui, c'est également difficile).

Bon voilà. C'était mon coup de gueule, ça ne m'arrive pas souvent mais ça fait du bien ! Sous le montage, une explication :

image utilisateur

Ici le montage représente le joueur du grenier (pour ceux qui aiment les jeux vidéo rétro, je vous conseille d’y faire un tour. C'est plein d'humour ! On y retrouve Fred que l’on voit sur mon montage et Seb qui l’accompagne dans tous ses tests détraqués) avec sa fameuse chemise jaune et persécutés par deux tatous (il faut avoir vu ses vidéos pour comprendre, c’est une référence à Infogrames). Vous verrez également une petite banderole YouTube attachée à l’une des flèches ;) . Antoine Daniel est un autre youtubeur au genre très… particulier qui a beaucoup plus bavé de cette nouvelle réglementation… Bref peut-être le premier montage d’une série présentant plusieurs youtubers ;)