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Le blog

11 Aug

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Les ambassades

Au cœur du mécanisme et des relations diplomatiques, les ambassades jouent un rôle extrêmement important dans notre politique extérieure. Bien que le système de représentants d'un Etat dans un Etat tiers existe depuis longtemps, les actuelles ambassades ne sont réglementées que par une convention internationale datant de 1961 et mise en place en 1964. C'est la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Même si tous les pays ne ratifièrent pas dès 1961 cette convention, actuellement le monde entier l'a fait malgré quelques réserves à l'exception d'Antigua et Barbuda (îles des Caraïbes), la République de Palau (îles d'Océanie), les Îles Salomon (îles d'Océanie), Soudan du Sud (Afrique et la République du Vanuatu (îles d'Océanie). C'est cette convention internationale qui définit les modalités des ambassades et qui, pour le moment, a été rarement enfreint.

Mais sans rentrer dans les détails de la loi, concrètement à quoi sert une ambassade? Une ambassade est une représentation diplomatique d'un Etat auprès d'un autre. Son rôle est donc d'entretenir les relations diplomatiques avec l'Etat hôte. En effet, tout le monde n'avait pas un téléphone rouge qui permettait de contacter directement le dirigeant d'un Etat. En outre, ces derniers avaient d'autres problèmes plus importants à gérer que les relations diplomatiques. Ainsi pour éviter les grands déplacements, on mettait des représentants de notre pays dans les autres pays pour servir d'intermédiaire. Ainsi, on mettait des ambassades pour accueillir le corps diplomatique . Celui-ci devait alors faire un travail de lobbying pour défendre les intérêts de son pays auprès du pays hôte en tisant des alliances, des accords commerciaux, promouvoir son pays et être l'interlocuteur privilégié des dirigeants du pays hôte vis-à-vis de la politique étrangère relative au pays représenté par l'ambassade.

Mais c'est risqué quand même d'envoyer des gens de notre pays dans un pays qui n'est pas forcément allié. Ainsi il fallait certaines garanties et protections. L'article 22 de la Convention de Vienne assure l'inviolabilité de l'ambassade. C'est-à-dire que les autorités du pays hôte n'ont pas le droit d'y entrer à moins d'y être invité et que tous objets au sein de l'ambassade ne peut faire l'objet de perquisition et autres contrôles. Attention toutefois, contrairement aux idées reçus, une ambassade n'a pas l'extraterritorialité. Cela signifie que ce n'est pas un territoire du pays de l'ambassade mais reste toujours un territoire du pays hôte. Ainsi, un enfant né dans une ambassade obtient par droit du sol (s'il existe) la nationalité du pays hôte et non celle du pays que représente l'ambassade. De surcroît, la demeure privée de l'agent diplomatique est également inviolable conformément à l'article 30. De même, les personnes de la mission ont l'immunité diplomatique conformément à l'article 31 de la convention. En outre, pour éviter les moyens de pression et associé, d'après l'article 37, les membres du foyer du chargé de mission (ambassadeur) sont protégés ainsi que les employés de l'ambassade. Toutefois, rappelons que cette immunité n'est pas absolue. Tout d'abord, l'article 38 stipule que les ressortissants du pays hôte travaillant pour l'ambassade ou les gens ayants leur résidence principale (vivant dans le pays donc), soit beaucoup de monde, bénéficient de cette immunité et inviolabilité que dans l'exercice de leur fonction sous réserve de privilèges supplémentaires accordés par le pays hôte. En France, sachez que pour le corps diplomatique, sa famille et le personnel technique et administratif, la protection pénale est complète. Nonobstant, ils peuvent toujours être poursuivis dans le pays qu'ils représentent. En ce qui concerne le civil, elle est quasi complète à l'exception des cas évoqués dans l'article 31-1.

1. L'agent diplomatique jouit de l'immunité de la juridiction pénale de l'Etat accréditaire. Il jouit également de l'immunité de sa juridiction civile et administrative, sauf s'il s'agit:
a. d'une action réelle concernant un immeuble privé situé sur le territoire de l'Etat accréditaire, à moins que l'agent diplomatique ne le possède pour le compte de l'Etat accréditant aux fins de la mission;
b. d'une action concernant une succession, dans laquelle l'agent diplomatique figure comme exécuteur testamentaire, administrateur, héritier ou légataire, à titre privé et non pas au nom de l'Etat accréditant;
c. d'une action concernant une activité professionnelle ou commerciale, quelle qu'elle soit, exercée par l'agent diplomatique dans l'Etat accréditaire en dehors de ses fonctions officielles
~Article 31-1


En outre, on peut également demander ou faire pression pour que l'Etat accréditant (celui représenté par le diplomate) retire expressément l'immunité diplomatique de ce dernier, peu importe son avis, conformément à l'article 32. Enfin, si on ne peut rien faire niveau judiciaire, on n'est pas démuni pour autant car on peut dire que le diplomate est persona non grata sans avoir à se justifier et dans ce cas, il doit quitter le pays dans les plus brefs délais. Au delà d'un délai raisonnable, l'hôte n'est plus tenu de le considérer comme membre de mission diplomatique mais comme un simple ressortissant étranger ne jouissant plus d'immunité ou autres. Ainsi, dans ces cas là, généralement, ils partent pour éviter des sanctions. L'article 41 énonce que les diplomates se doivent de respecter la loi du pays hôte du moment que cela n'atteint pas leurs privilèges et le bon déroulement de la mission. Donc l'Etat hôte n'est pas non plus impuissant face aux diplomates.

Les ambassades correspondent avec leur pays de la situation dans le pays hôte, quel stratégie adopter, etc. Il fallait donc également protégr les correspondances. Ainsi l'article 24 protègent les documents et archives diplomatiques où qu'ils se trouvent. Toutefois, ils doivent être distinctement notifiés et séparés d'autres documents (notamment la correspondance privée) pouvant faire l'objet de fouille et saisi. L'article 27 assure la confidentialité des communications entre le gouvernement et l'ambassade. Ainsi seul les correspondances officielles sont inviolables (mais comment prouver qu'elles ne sont pas officielles si on ne peut les ouvrir?). Les valises diplomatiques ne doivent pas être ouvertes ni retenues par la douane. Si elle est transportée par un diplomate, ce dernier doit toujours l'avoir avec lui. Par exemple, s'il prend l'avion, la valise ne va pas dans la soute. On peut également nommer un courrier diplomatique, une personne avec un document officiel disant qu'il est porteur de documents officiels. Ce dernier jouit ainsi de l'inviolabilité de sa personne. En outre, une valise diplomatique n'est pas forcément une valise à proprement parler. Cela peut être un colis d'une dimension diverse. Ce dernier doit cependant préciser de manière visible qu'il est une valise diplomatique et ne doit contenir que des documents et objets à usage officiel, c'est-à-dire, dans le cadre de la mission. Par contre, s'ils souhaitent communiquer par satellite ou onde radio et ainsi installer un émetteur radio, ils doivent obtenir l'autorisation de l'Etat hôte. Et pour les déplacements, l'Etat hôte laisse la libre circulation aux diplomates sous réserve de lieux protégés relevant de la sécurité nationale comme l'énonce l'article 26.

En tout cas, voilà le rôle d'une ambassades et les protections qui ont été mises en place par la convention de Vienne afin d'assurer le déroulement de la mission. Alors là, certains d'entre vous vont se dresser en arguant qu'elles permettent de faire certaines démarches pour les ressortissants du pays représentés. En réalité... non, une ambassade ne fait pas cela. La gestion des ressortissants relève du consulat. Après, la plupart des ambassades ont une branche consulaire. Mais il convient de faire la distinction des deux. L'article étant déjà suffisamment long, on va rester sur l'ambassade et j'aborderai surement le consulat dans un autre article.

Vous allez me dire, ça c'est mignon mais en temps de guerre, on s'en moque un peu. Bah pas tellement, à moins qu'on souhaite se mettre la communauté internationale à dos. Il y a relativement peu d'infractions à cette convention par rapport aux nombres de conflits qu'il y a eu dans le monde. La dernière date de 2011 en Iran contre l'ambassade d'Angleterre. Ainsi, en cas de guerre civile, les ambassades se ferment et se barricadent. L'article 44 et 45 énonce que le pays hôte doit protéger l'ambassade en cas de conflit armé ou permettre aux diplomates de quitter le pays dans de bonnes conditions. En cas de guerre entre les deux pays, ces deux articles peuvent s'appliquer mais une autre mesure du droit international peut toutefois s'appliquer, bien que très peu apprécié par la communauté internationale, c'est l'internement. Cela consiste à arrêter les ressortissants d'un pays et les mettre en zone d'isolement. C'est des prisons mais on y rentre sans jugement, sans enquête juste à cause de notre nationalité. C'est ce qu'avait utilisé les américains sur les japonais situés aux US, après l'attaque de Pearl Harbor.

Cet article est déjà suffisamment long, je pense que je referai un autre article sur comment on devient ambassadeur avec les lettres de créances. On a déjà balayé une bonne partie de ce qui relevait de l'ambassade. En tout cas, voyez à quel point cela est important. Rappelons que le casus belli de la colonisation de l'Algérie fut un coup d'éventail du Dey à un diplomate français.

02 Aug

2014

Écrit Par  Yann Bidon

La polémique sur la faille énorme de l'USB

J'ai découvert récemment un article de Nikopik sur l'USB et sa faille de sécurité que l'on ne pourrait pas patcher et corriger. Cette faille importante mettrait notre PC à nu sans que l'on puisse s'en prémunir car elle est basée sur le fondement et le fonctionnement même de l'USB. Le seul moyen de se protéger est de boucher nos ports USB, ne rien laisser entrer.

Bon déjà, je pense qu'on sait déjà tous que l'USB est un potentiel danger. Une clé USB peut contenir des fichiers vérolés, être remplis de virus et également avoir le fameux autorun.inf. Je rappelle juste l'histoire de ce dernier, l'autorun.inf est un fichier d'options comme le .ini qui est présent dans les systèmes de stockage et renseignant l'autoplay dont le but est de lancer un programme une fois le périphérique connecté à la machine. L'objectif de cette technique était de faciliter la vie de Madame Michu pour que lorsqu'elle met son CD d'installation, le programme d'installation se lance sans devoir aller sur les supports de stockages, sur les amovibles, son CD et trouver le programme setup.exe. Sur le principe, c'est génial sauf qu'on pouvait aussi utiliser ça pour lancer des programmes installant des scripts, des backdoors, récupérant vos dossiers... Rassurez-vous, depuis, l'autoplay demande explicitement et impérativement le consentement de l'hôte. Bref, tout ça pour dire qu'on savait déjà que l'USB n'était pas des plus sécurisés et qu'il fallait ainsi contrôler ce qu'on branchait sur nos ports car c'était source de menaces.

Donc quel est plus concrètement cette faille incroyable que vont révéler Karsten Nohl et Jakob Lell lors du Black Hat. C'est un petit programme nommé BadUSB qui se greffe directement sur le firmware, ce qui inquiète Nikopik qui le met en gros. Même en formatant, vous ne le supprimerez pas. Ha ok, c'est juste une mesure pour le rendre plus difficilement supprimable mais cela nécessite quand même de pouvoir accéder et modifier le firmware, ce que peu de clés USB et associés autorisent. Mais disons ok. Comment ça marche donc?

Je suis allé voir sur leur site comment fonctionne BadUSB. Quand on connecte un élément sur un port USB, le firmware doit dire ce qu'il est car l'hôte ne le gérera pas de la même façon s'il s'agit d'une imprimante (périphérique de sortie), un micro-casque (périphérique audio), une clé USB ou un disque dur externe (périphérique de stockage), une webcam, etc. L'idée est de dire que le périphérique est un clavier. Il y a peu de contrôles par Windows sur les claviers, ils sont installés automatiquement. À partir de là, c'est bon, on peut envoyer plein de commandes en quelques secondes. Windows (pour ouvrir le menu démarrer), "cmd" (on cherche à ouvrir le terminal),Ctrl + Shift + Entrée (pour l'ouvrir en mode admin), flèche gauche (pour déplacer la sélection sur Oui sur l'UAC (User Account Control)) et voilà, je suis sur la console en mode admin et je peux faire tout et n'importe quoi. Genre, si je veux désactiver l'UAC: %windir%System32reg.exe ADD HKLMSOFTWAREMicrosoftWindowsCurrentVersionPoliciesSystem /v EnableLUA /t REG_DWORD /d 0 /f . Et là, c'est bon, je peux vraiment m'amuser :D . Là, je peux installer n'importe quel malware, je peux changer vos paramètres réseaux pour mettre un DNS vérolé qui va vous amener sur du fishing...

Cela vous fait peur, hein :waou: . Mais en regardant un peu les commentaires de l'article, j'ai pu voir que ce n'était pas nouveau. Il existait déjà une clé USB qui faisait de même et qui se nommait USB Rubber Ducky. Pour 40$, on dispose de cette clé où l'on peut, grâce à une microSD, y mettre une série de touche à jouer comme je viens de le faire plus haut. Donc bon, au final, ce n'est pas si révolutionnaire que ça.

Mais le fait que cela a engendré une polémique est bien. Cela va peut-être intensifier la normalisation et standardisation de l'USB de type C. En effet, pour le moment, il y a l'USB de type A qui est celui qu'on utilise le plus. Il y a l'USB de type B qui est ce qu'on appelle couramment le micro-USB. L'USB de type C sera plus petit et sera réversible. Plus de quoi s'embêter à chercher dans quel sens on le met :D comme pour le connecteur Lightning d'Apple. Et il devrait, suite à cette polémique, tenter de trouver une parade.

Pour vous donner un aperçu, la première image rendue publique fut celle-ci:
image utilisateur

Donc bon, ce n'est pas la mort. Cela fait un moment que l'USB est dangereux. Faut être vigilant sur ce qu'on connecte à notre PC, pas de quoi être plus paranoïaque qu'avant. Je suis sûr que la NSA l'utilisait déjà. C'est ainsi que se conclut cette article et vive l'USB 3.1 de type C.

16 Jul

2014

Écrit Par  Yann Bidon

La programmation dans les collèges?

Bonjour à tous, aujourd'hui, j'ai envie de réagir face à un article qui m'a fait bondir dans lequel sont rapportés des paroles de Benoit Hamon, ministre de l'Éducation Nationale:

L’éducation au numérique, ce sera, comme je l’ai annoncé ce week-end, l’initiation au codage informatique dès l’école primaire – c’est une initiative et une innovation tout à fait majeure pour notre pays – ainsi que l’inscription dans les programmes des collèges, demain, des principes des langages de programmation afin que tous les élèves soient capables de réaliser des applications simples
~Benoit Hamon



Vous le savez, je me suis déjà exprimé contre, il y a un peu plus d'un an à l'occasion de la vidéo de CodeOrg. Et globalement ma position n'a toujours pas changé. Je vais redire la même chose mais je tiens à rappeler ma position. Pour moi, la programmation n'a rien à faire au collège en tant que matière obligatoire.

Le collège est encore général, c'est au lycée qu'on pourra se spécialiser en prenant une filière professionnelle ou en prenant un cursus général mais orienté, S pour les scientifiques, L les littéraires, etc. Maintenant, posons-nous cette question : À quoi nous sert l'enseignement général? À nous trouvez un métier? Faux. Le but est de nous instruire, c'est-à-dire, donner de la culture et du savoir à l'enfant. Ainsi, on lui donne les outils pour mieux appréhender le monde qui l'entoure et savoir d'où il vient. Par exemple, on leur apprend le français pour qu'ils puissent s'exprimer, les mathématiques pour qu'ils puissent compter, l'Histoire-géo pour qu'ils sachent d'où on vient, la physique-chimie pour qu'on sache comment marche notre monde, la SVT pour qu'on sache comment nous et la Terre fonctionnons... Cela est de l'enseignement général et c'est bien, car cela ne spécialise pas encore l'enfant, cela lui apporte un savoir élémentaire et une base commune avec les autres. Et c'est seulement ensuite, au lycée, que la spécialisation pourra se faire. Pour cela que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans avec le Brevet, car c'est ce qui permet d'avoir une socle solide pour après nous spécialiser (ou non).

Alors d'aucuns vont me reprocher d'avoir une vision archaïque de l'école, que cette dernière doit justement évoluer et que l'apprentissage de la programmation va dans ce sens. Posons nous quelques secondes et réfléchissons sur pourquoi doit-on apprendre à programmer aux collégiens. Intuitivement, vous allez peut-être me sortir qu'à l'heure actuelle, l'informatique a envahi notre quotidien. Entre les objets connectés, les téléphones, les ordinateurs, les tablettes, en France, nous sommes majoritairement tous connectés et avons une vie active sur la toile et cela commence de plus en plus jeune. Ainsi il est important d'apprendre à nos petites têtes blondes comment se servir de ses outils, d'où ils viennent et comment créer la même chose. Je suis tout à fait d'accord... avec la première partie de la phrase. Oui à une initiation à l'usage du numérique, cela me semble à notre époque indispensable de savoir maîtriser ses outils. Il y a eu des initiatives pour ça comme notamment le B2I. Après, ce n'est pas car c'est répandu qu'on doit apprendre comment fabriquer de même. On utilise tous des moyens de transports mécanisés que cela soit nos voitures ou les transports en commun, dois-je exiger des cours de mécanique? On mange tous de la nourriture, dois-je exiger des cours d'agriculture, de boucherie, de boulangerie, de laiterie... Ceci est un faux argument! Ce n'est pas car c'est répandu qu'on doit savoir comment cela marche. On doit juste savoir comment l'utiliser. Surtout que maintenant, on peut même avoir des structures comme des blogs ou des sites web sans rien coder alors ne dites pas non plus que cela vous limite.

Pourquoi alors doit-on apprendre à coder à nos enfants? Je vous repose la question. Car c'est un secteur crucial et moteur d'innovation et de progrès, or la France manquerait d'informaticiens. Haaaaaa...heu :euh: depuis quand c'est l'économie qui dicte l'éducation? À ceux pour qui ça ne le dérange pas et trouve même cela normal car comme ça les enfants pourront facilement trouver un emploi, je vous dis "Mais quel parent êtes/seriez-vous?". Donc votre enfant, il veut faire du commerce et allez-vous lui dire : "Mon fils/Ma fille, il y a trop de commercials sur le marché donc, je sais que ça t'intéresse, tu aimes ça vendre, convaincre. Mais l'économie manque d'informaticiens, tu vois, donc va donc apprendre l'informatique."? J'en doute. Alors pourquoi, quand c'est les parents qui le font, ça gêne mais quand c'est l'école, cela ne gêne pas? Moi, en tant que parent, je veux que mon enfant fasse un métier qui lui plaît et je ne chercherai pas à l'orienter selon le marché. Alors il n'est pas question que je laisse l'école le faire. Au passage, la France manque d'artisan boucher, militons pour des cours de boucherie :\) .

Alors on va me dire "tu es corporatiste, tu es informaticien alors tu veux que cela reste un mystère, tu ne veux pas qu'on détruise ton métier, tu ne veux pas que les gens sachent coder car ça te fera perdre de la valeur". Ha ha :D vous vous attaquez tellement à la mauvaise personne pour cet argument. Je suis totalement pour aider à apprendre aux gens à coder et je fais moi-même des tutoriels vidéos sur YouTube où j'apprend aux gens à coder tel et tel système. Mais il y a une immense différence. Mon public a déjà choisi de se cultiver dans ce domaine, mon public a voulu se renseigner, mon public a fait la démarche car ça les intéresse. Apprendre à des gens intéressés, c'est génial. Et j'invite tous ceux qui aiment l'informatique à aller dans des écoles d'info et de rentrer sur ce marché. Vous verrez c'est passionnant. Moi-même, je suis autodidacte et j'ai appris grâce à des cours mis en ligne car ça m'intéressait. Si on veut apprendre l'informatique, c'est très facile de trouver de l'aide. Ce que je ne souhaite pas toutefois, ce qu'on l'impose à des enfants de collège qui n'ont pas forcément envie. Ce n'est pas un savoir élémentaire, cela n'a pas à être imposer. Vous voyez, l'initiation en primaire, je ne suis pas contre. Cela permet de faire découvrir le code aux curieux. Mais de là, à le mettre aux programmes de collège, il y a un grand pas. En outre, je doute que des collégiens ayant une initiation à la programmation soit une réelle menace pour moi. Ils nous prendront les petits sites web du commerçant du coin. Mais les gros projets et les places en entreprises resteront aux professionnels. Car je maintiens, c'est un métier, on est formé mais pas qu'à la programmation, on a aussi du droit (général et informatique), de la gestion de projet, etc.

Et enfin, l'argument choque : "Toi qui te plaint souvent d'un nivellement par le bas et qu'on élude de plus en plus les programmes, sois heureux, on rajoute des trucs à apprendre". Et? Cela changera en rien le niveau globalement médiocre des élèves en math, en français et en anglais. Quand on voit le niveau de certain dans le supérieur, cela fait peur alors à la sortie du collège si on pouvait déjà leur apprendre correctement cela. Leur rajouter du savoir est juste un cache-misère, "bon, ils ne sont pas spécialement bon en anglais ou math mais regardez, ils peuvent vous faire un site web en HTML ;) ". Non, moi, je veux qu'on approfondisse ces matières, qu'on pallie ces lacunes, je ne vais pas donner un langage supplémentaire à apprendre alors qu'ils ne maîtrisent pas parfaitement la langue national et la langue mondiale qu'est l'anglais.

En outre, ceux qui plaident généralement pour l'égalité, cela va creuser davantage le fossé entre les classes riches et moyennes qui pourront s'offrir un ordinateur et donc se renseigner et tester à la maison et la classe pauvre avec des familles qui n'ont pas forcément les moyens de se payer un tel matériel et/ou la connexion à Internet. De même, les écoles privés, généralement avec des moyens plus élevés, auront des machines plus performantes là où les écoles plus modestes auront des vieilles machines cathodiques. Je caricature mais notez la disparité.

Donc voilà, c'est une demande du marché. Pour moi, l'école n'a pas à se plier à l'économie et doit se charger d'instruire simplement nos enfants sans avoir à les influencer dans leur choix de carrière. Ainsi, pour moi, la programmation, matière obligatoire au collège, c'est non. Mais si vous êtes intéressé. Je vous invite fortement à découvrir, c'est un univers génial. Et si ça vous intéresse, vous pouvez toujours vous spécialiser au lycée via des filières comme la STI2D ou S avec sciences de l'ingénieur.

07 Jun

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Peut-on régler l’inégalité homme-femme en milieu professionnel par le quota ?

Le 05 juin 2014, j’ai lu un article sur le Global Summit of Woman que l’on va accueillir à Paris. L’article détaillait les actions entreprises par l’État pour réduire l’inégalité homme-femme et notamment la mise en place d’un quota de femme dans le conseil d’administration d’entreprise. On se félicitait grâce à cela d’avoir plus de 30% de femmes aux CA des entreprises du CAC 40.

Pour moi, la politique du quota n’est jamais bonne. C’est un moyen de résoudre les conséquences sans s’attaquer aux causes. Il y avait un problème, il n’y a pas assez de femmes dans les fonctions dirigeantes et bien on les impose par la loi plutôt que chercher la raison de cette absence et des réelles solutions.

Je pourrais faire le parallèle avec les quotas pour la gendarmerie nationale. Ils doivent arrêter tant de personnes donc qu’est-ce qu’on fait ? On s’attaque à la plus petite subdivision, celle qui est la plus nombreuse, c’est-à-dire, les gens banales qui se garent mal, font des excès de vitesse, des jeunes qui consomment un peu d’herbes… C’est des manquements à la loi et il convient certes de les punir. Mais il serait en théorie plus efficace de s’attaquer aux barons de la drogue, démanteler les bandes organisées de malfaiteurs, etc.

J’ai eu l’occasion de discuter dans le cadre de mes fonctions avec des gendarmes et le constat est affligeant. On délaisse les grosses enquêtes car elles sont longues et ne permettent pas de remplir les quotas et on se concentre sur le menu fretin. Attention, je ne dis pas qu’on ne traque plus les tenants du crime, mais c’est refiler à des groupes spécialisés alors que c’est le rôle général de la gendarmerie nationale. On s’attaque ici aux conséquences et non pas à ce qui les a créé. La politique du quota n’est, toujours selon moi, qu’un cache misère. On a la gendarmerie qui dit « Regardez, on a bien travaillé, on a atteint nos objectifs de tant de rappels à l’ordre, d’arrestations et autres » mais ce n’est pas les gens qui comptent. L’important n’est pas la politique du chiffre, mais la qualité de ceux qui y sont.

Ainsi pour conclure cet argument sur le rejet des quotas, je dirai qu’il n’y a pas de quoi se réjouir de voir 30% de femmes dans les conseils d’administration lorsque l’on a justement imposé une parité. Il n’y a aucune gloire. Il aurait mieux fallu s’attaquer à la vision machiste du monde des dirigeants, faire changer les mentalités, montrer que les femmes sont aussi compétentes que les hommes. Et en s’attaquant à cela, si on voit qu’on a atteint 30%, là je me réjouirai, car je me dirai, on a abattu des cloisons, on a ouvert les conseils d’administration aux femmes car elles ont prouvé leur valeur. Et cela m’amène justement aux deuxièmes problèmes relatifs aux quotas.

Un des problèmes des quotas est que cela jette le doute sur la légitimité de la personne concernée. En effet, quand une femme est au conseil d'administration d'une entreprise, on ne dira pas "elle est là pour sa compétence" même si c'est vrai, mais "elle est là pour remplir les quotas". C’est des petits commentaires désobligeants que l’on retrouve en politique où la parité des listes est imposée. On dénonce de nombreuses femmes qui sont présentes non pas pour leurs qualités mais juste parce qu’il faut des femmes dans les listes. Et pour moi, cela est dommage. Sans ces quotas, la question ne se poserait pas. Si elle est là, c’est parce qu’elle compte, elle est compétente et on reconnaîtra sa valeur. Moi, je dis redonnons leur le respect qu’elle mérite.

Alors, vous allez me dire, sans quota, aucune femme ne serait dans les conseils d’administration. Donc mieux vaut, à défaut d’en avoir naturellement, en imposer par la loi. Faux, il faut juste qu’elles montrent leur valeur mais ce n’est pas impossible. Vous allez me dire que cela est difficile. Oui, comme toujours quand on arrive à ce niveau de responsabilité. Mais ce n’est pas impossible. Il y a des exemples de femmes qui ont su s’imposer dans le milieu professionnel.

Prenons Patricia Barbizet comme exemple. Elle commence comme trésorière à Renault Véhicules Industriels puis accède au poste de Directrice Financière de Renault Crédit International. Elle rejoint le groupe Pinault en 1989 en tant que Directrice Financière. En 1992, elle devient Directrice Générale d’Artémis puis en 2004 puis Directrice Générale de la financière Pinault. Je vous laisse regarder le graphique que j’ai fait pour voir à la tête de quel empire elle est. En outre, elle siège aux conseils d’administration de Total, Air France et PSA Peugeot Citroën. Et tout cela bien avant la loi du 27 janvier 2011 imposant la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance. Preuve que l’on peut réussir sans les quotas.

Pas convaincu ? Vous pensez à une exception, qu’elle est manipulée par les hommes ? Prenons un autre exemple alors, Anne Lauvergeon. Elle est ingénieur du corps des mines dont elle deviendra de 1988 à 1989, adjointe du chef de service au Conseil Général des Mines. En 1984, elle fait un stage au Commissariat à l’énergie atomique où elle étudie les problèmes de sûreté chimique et elle travaillera de 1985 à 1988 à la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement d’Île de France. Elle devient secrétaire générale adjointe de la présidence sous François Mitterrand et devient la représentante personnelle du président, chargée de préparer les sommets internationaux comme le G7, ce qu’on appelle un sherpa. Elle est recrutée en 1997 pour être Directrice Générale adjoint d’Alcatel et rentre au comité exécutif du groupe. Enfin, en sa qualité de chimiste, femme d’affaire et appartenant au corps des mines, Dominique Strauss-Kahn la nomme PDG du groupe Cogema qui deviendra sous sa direction Areva. Depuis elle est administratrice de Vodafone, Total, EADS et vice-présidente du conseil de surveillance du Groupe Safran. La considérez-vous comme un pion des hommes ? Elle qui s’est opposé à l’État, à la cour des comptes, à Thierry Breton qui voulait la limoger, elle qui refusa le poste de ministre des Finances proposé par Nicolas Sarkozy et s’opposa à Henri Proglio, président d’EDF, qui était à l’époque son premier client. C’était une femme de poigne et une excellente femme d’affaire qui avait une vision stratégique à long terme et qui a su se dresser face à des mastodontes pour défendre ce qu’elle croit bon.

Je pourrai en citer d’autres comme Clara Gaymard, mais je ne vais pas m’amuser à faire l’historique de toutes ces femmes qui ont un rôle important dans notre économie. Mon but ici est de montrer qu’avant ces quotas, des femmes avaient déjà accès aux conseils d’administration et à des places de direction. C’était plus dur que pour des hommes, sans doute mais pour moi, le quota n’est pas la solution. Il faut continuer de montrer que les femmes sont aussi compétentes que les hommes voire parfois plus. Il y a des études qui montrent que lorsqu’elles sont responsables des sujets liés à l’alimentation et à l’agriculture, les femmes réussissent systématiquement mieux.

Les femmes ne sont pas moins doués que les hommes, mais les imposer ainsi par la loi est, selon moi, un mauvais remède. C’est un camouflet. Voilà, je voulais réagir sur ce point. Merci pour votre écoute et espère que cela vous fera réfléchir. Ensemble, cherchons plutôt comment peut-on revaloriser la femme dans le milieu professionnel sans pour autant faire de la discrimination positive.

21 Apr

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Raison de l'absence de news

Bonjour à toutes et bonjour à tous.

Voilà un très long moment que je n'avais point écrit de news. Le 15 décembre était la dernière et nous sommes en avril Oo . J'ai écrit quelques articles depuis comme "Quel type d'entreprise choisir pour monter la sienne seul?" ou "Le format papier et racine de 2". J'ai également tourné des vidéos, notamment les dernières sur CISCO.

Mais il est vrai qu'en terme de news, je ne suis plus présent. Cela s'explique par le fait que je suis hélas fort occupé. Étant en 4e année d'ingénierie informatique, mon année est composée de beaucoup de projets au long court. De même, la politique me prend énormément de temps puisque jusqu'à maintenant, avec les municipales, j'étais un homme en campagne. Et maintenant qu'elles sont passées, j'ai la joie d'avoir été élu mais cela implique que je dois également gérer des dossiers informatiques pour la ville. Cela fait que j'ai peu de temps à consacrer à ce site web. Je le déplore. Mais hélas, le temps n'est pas extensible. Pour de l'actualité, je vous invite fortement à venir sur mon profil facebook qui est beaucoup plus actif.

En tout cas, je vous souhaites une agréable journée et je suis ravi que vous me suivez dans mes projets.

image utilisateur
Oui, j'en suis fier

06 Aug

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Le numéro IMEI de votre téléphone portable

Dites-moi, chers amis, vous êtes-vous déjà demandé comment votre opérateur vous identifiait. Car pour faire transiter le flux audio d'un téléphone à un autre, il faut bien une source et un destinataire. Comment votre opérateur téléphonique reconnait le destinataire?

"Houlà Yann, tu as bu? c'est évident, c'est par son numéro de téléphone", me direz-vous. Oui, c'est vrai. Mais non, je n'ai pas bu et c'est une question qui n'est pas aussi induite que cela. En effet, votre numéro de téléphone dépend de votre carte SIM et de votre opérateur. Et quand on va chercher à vous contacter, c'est celui-ci que l'on doit composer. Enlevez votre carte SIM, vous n'êtes plus relié à votre opérateur. Si on vous appelle, on ne pourra plus vous joindre. Et pourtant, vous pouvez appeler certains numéros dit d'urgence comme le 15 du SAMU ou le 112 en Europe. "Normal", me direz-vous et vous avez bien raison. Que cela soit sans forfait, sans carte SIM, on doit pouvoir appeler les secours. Mais se pose alors la question de comment on vous reconnait. Car pour pouvoir encore une fois faire transiter, vous, vous avez le numéro des secours, donc votre flux audio va leur arriver. Mais eux, vous n'avez plus de numéro car vous avez enlevé votre carte SIM, comment vous reconnait-il?

Vous l'avez deviné avec le titre, c'est grâce au numéro IMEI. L'IMEI signifie "International Mobile Equipment Identity", autrement dit l'identité internationale d'équipement mobile. Chaque terminal mobile a un IMEI unique qui permet de le reconnaître de manière sûr car lui dépend de votre mobile. Il est propre au terminal. Pour faire l'analogie avec les ordinateurs, le numéro de téléphone est l'adresse IP et le numéro IMEI est l'adresse MAC.

Comme il est unique et propre à votre téléphone, il n'est pas rare qu'on vous le demande lorsque vous le faîtes assurer. Mais le numéro IMEI est connu pour une autre utilité. On vient de vous voler votre précieux téléphone? Vite! Téléphonez (oui, on vous vole votre téléphone, vous devez téléphoner...) à votre opérateur pour qu'il désactive votre carte SIM. Ainsi il ne pourra pas appeler des numéros surtaxés ou à l'étranger alors que vous payez. Mais il pourra toujours changer votre carte SIM par la sienne et c'est bon, ça remarche. Ce qui l'intéressait était votre beau smartphone dernière génération. Donnez à votre opérateur avec le rapport de vol le numéro IMEI et il le mettra sur une blacklist commune au opérateur français. Ce téléphone deviendra alors inutilisable car incapable de se connecter aux réseaux du moindres opérateurs français. En outre, il est à fournir lorsque vous souhaitez débloquer un téléphone bloqué.

Donc là, vous vous demandez : "Mais où trouve-t-on ce fameux numéro IMEI?". Pour se faire, il vous suffit de faire comme si vous alliez appeller quelqu'un et de taper " *#06# " et votre numéro IMEI apparaîtra automatiquement. Vous pouvez également le retrouver dans une étiquette sous la batterie et sur la boite d'emballage, en général vers le code barre. Évidemment, on ne garde pas toujours l'emballage et une fois volé, bah on n'a plus accès au téléphone. Ainsi, il convient de le noter ailleurs.

Pour sa composition, je laisse la parole à Wikipédia:

L'IMEI est composé de 15 chiffres (14 chiffres utiles + 1 chiffre de contrôle). Depuis le 1er avril 2004, il contient les informations suivantes :

Le Type Allocation Code (TAC) fourni par l'autorité de certification. Il est codé sur huit chiffres, les deux premiers chiffres désignant le code pays où le mobile a été immatriculé (et non vendu), par exemple souvent 35 (BABT UK) pour les Nokia.

Le numéro de série (SNR) de fabrication de cet appareil, codé sur six chiffres.
Le chiffre de contrôle servant de somme de contrôle sur les 14 autres chiffres. Le nombre entier doit vérifier la formule de Luhn.

Avant le 1er avril 2004, le TAC n'était codé que sur six chiffres et l'IMEI contenait aussi l'information suivante :

Le Final Assembly Code (FAC) qui fournit la dernière usine par laquelle est passé le terminal. Il était codé sur deux chiffres.
~Wikipédia



Voilà, j'espère que vous avez appris un peu plus sur comment marche un téléphone et l'importance de ce numéro IMEI.

20 Jul

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Le port de l'écharpe, insigne de la République

Je me souviens d'une personne qui avait raillé Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon, car il portait son écharpe à l'envers par rapport aux autres maires de la région qui l'entouraient durant un événement. J'ai donc rappelé à cette dernière les différentes règles relatives au port de l'écharpe car en effet, en tant qu'insigne de la République Française, son port est strictement réglementé.

Pour les maires et conseillers municipaux, c'est l'article D2122-4 du code des collectivités locales qui réglemente le port de l'écharpe. Son dernier alinéa énonce que l'écharpe se porte obligatoirement de l'épaule droite au côté gauche. Et lorsqu'il est porté comme tel, l'ordre des couleur est rouge blanc bleu avec le bleu près du col. L'objectif est de marquer une distinction avec les parlementaires (députés et sénateurs) qui eux le porte dans l'ordre traditionnel du drapeau français, c'est-à-dire bleu blanc rouge avec le rouge près du col. Une alternative pour les élus locaux est le port en ceinture. Dans ce cas là, il faut impérativement mettre la couleur bleue en haut. En résumé:
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Il convient de distinguer Monsieur le Maire des autres conseillers. Pour ce faire, il faut regarder les glands qui pendent de l'écharpe. S'ils ont des franges d'or, c'est que c'est le Maire. Si elles sont en argent, alors c'est que c'est un adjoint ou un conseiller municipal.
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En théorie, c'est le maire et les adjoints qui portent l'écharpe en leur qualité d'officier de l'état civil, les conseillers municipaux doivent la porter seulement quand ils remplacent le maire ou un adjoint et quand il célèbre un mariage sous délégation du maire. Après, il y a une relative tolérance sur cette règle.

Il convient de porter la fonction la plus élevée donc M. Collomb avait raison de la porter à l'inverse des maires car c'est un sénateur.

Outre la France, les eurodéputés ont également une écharpe bleue:
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Enfin, les Grand-Croix de l'ordre de la Légion d'Honneur et de l'ordre National du Mérite ont le droit à une écharpe respectivement rouge et bleu.
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Rappelons enfin que les insignes étrangers et donc le port de l'écharpe par un français doivent relever d'un pays souverain et une autorisation de port délivré par le Grand Chancelier de la Légion d'Honneur conformément à l'article R160 et R161 du Code de la Légion d'Honneur et des médailles militaire.

06 Jul

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Alcool au travail : Beaucoup de bruit pour rien

Le 1er juillet, un nouveau décret fut publié pour ajouter un alinéa à l'article R4228-20 du code du travail. Ce dernier énonce :

Lorsque la consommation de boissons alcoolisées, dans les conditions fixées au premier alinéa, est susceptible de porter atteinte à la sécurité et la santé physique et mentale des travailleurs, l'employeur, en application de l'article L. 4121-1 du code du travail, prévoit dans le règlement intérieur ou, à défaut, par note de service les mesures permettant de protéger la santé et la sécurité des travailleurs et de prévenir tout risque d'accident. Ces mesures, qui peuvent notamment prendre la forme d'une limitation voire d'une interdiction de cette consommation, doivent être proportionnées au but recherché.
~Article R4228-20 Aliéna 2



À partir de ça, on a eu une levée de contestations en arguant que cela était la fin des pots au travail, fini les petites fêtes pour célébrer un contrat terminé avec brio, de bons résultats, un départ du personnel..., que ce n'était pas normal, que cela contribuait au côté conviviale et synergique de l'entreprise et bien d'autres arguments. Alors mes chers amis, on se calme. Je connais la technique qui consiste à monter un incident en grandes pompes pour essayer de contester mais là quand même, c'est un peu abusé. Rappelons qu'il n'est nullement fait mention des pots en entreprise. Ces moments festifs pourront continuer à être célébré, il n'y a strictement pas de problèmes là-dessus. La cible de ce texte est seulement l'alcool durant ces célébrations. Et de surcroît, l'État n'intervient pas et ne force ici personne. Elle rappelle simplement que l'employeur peut restreindre la consommation d'alcool dans son entreprise de manière souveraine. L'État laisse ici le libre choix à l'entreprise et ne diligente pas lui-même.

Et j'insiste pour dire que cela est un rappel. Car en effet, l'article L4121-1 mentionné dans ce nouvel alinéa prévoit que "L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs". En droit, il a ce que l'on appelle une obligation de résultat. En somme, s'il y a un problème, c'est de sa faute. Ainsi s'il y a un accident à cause de ce qu'il s'est passé au travail, la responsabilité de l'employeur peut être engagée. Donc, ce dernier doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter cela et s'attaquer à l'alcool pouvait être un de ses pouvoirs.

En conséquence, l'employeur pouvait d'ores et déjà limiter voire interdire l'alcool aux bureaux pour des raisons de sécurité. Ce que fait cet alinéa est simplement de rappeler aux employeurs leur obligation de sécurité et de contrôle. En outre, on peut passer un excellent pot aux bureaux sans alcool. Et rappelons également qu'aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail.

16 May

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Spam des commentaires

Bonjour à toutes et bonjours à tous,

J'avais jusqu'à maintenant laisser les commentaires des articles et des news libres. Hélas, des vilains petits bot ( :diable: ) s'y sont immiscer et ont publié des tonnes et des tonnes de commentaires de publicités.

Ce n'est pas la première fois. Au début, je les virai car c'était anecdotique, il y en avait peu. Mais le problème est qu'on a passé la barre des 10000 spams là. Du coup, j'ai tout vidé et j'ai mis une petite question, toute bête, qu'on doit nécessairement remplir pour poster.

Je laisse toujours les commentaires anonymes, sans inscription ni contrôle actif, ne vous inquiétez pas. Mais voilà, le petite question est quand même moins intrusive qu'un gros captcha. Il n'y a pas non plus de piège du genre "D'où viennent les chapeaux de Panama?", réponse "D'Équateur" :D .

Je m'excuse auprès des commentaires de réelles personnes que j'aurai involontairement effacé. Mais cela était nécessaire. Un bon petit ménage, pour y voir plus clair.

11 Apr

2014

Écrit Par  Yann Bidon

Quel type juridique d'entreprise choisir pour monter la sienne seul?

Voilà un titre un peu vague. En fait, c'est simple. Je suis souvent amené à rencontrer des jeunes informaticiens qui aimeraient bien monter plus tard leur entreprise. Ils aimeraient ne pas avoir d'autres associés et ainsi être le seul maître à bord. De fait, j'entends souvent cette question : "Sous quel type juridique vais-je monter mon entreprise ?". Cette question est tout à fait légitime car il faut dire qu'il y a moult formes d'entreprises avec un unique associé. Entre EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée), SASU (Société à Actions Simplifiés Unipersonnelle), auto-entrepreneur... comment choisir?

L'une des tendances actuelles est la dernière citée, c'est-à-dire, l'auto-entrepreneuriat. Créé en août 2008 pour la Loi de modernisation de l'économie (LME), son réel objectif était de faire baisser le nombre de chômeurs en leur permettant de se mettre à leur compte très facilement. En effet, il suffit de remplir le formulaire P0 et pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site du Centre de Formalités des Entreprises. Cela prend une vingtaine de minutes et c'est bon, vous êtes enregistré comme auto-entrepreneur :please: .

Sauf que moi, je n'aime pas ce statut. Il a des avantages, c'est clair et net. Il est très facile de la monter comme je l'ai dit précédemment. Et c'est normal, car on n'a pas à s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés (ou des métiers si vous êtes artisan mais je vais considérer uniquement le cas où vous voulez monter une entreprise d'informaticien free-lance). Et là encore, c'est normal car on ne monte pas une société ni un commerce. L'auto-entreprise fait partie des entreprises individuelles. Les principales caractéristiques d'un auto-entreprise sont présentées dans ce graphique des Chambres du Commerce et de l'Industrie (CCI) de France présentant comment l'auto entrepreneur se situe par-rapport aux autres types d'entreprises (en rouge) :

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En fait, ce schéma regroupe tout ce que je n'aime pas dans l'auto-entreprise. Je commence par le bas. Notre responsabilité, contrairement aux EURL, EIRL ou SASU, est illimité. Qu'est-ce que cela veut dire? Cela signifie que votre responsabilité ne se limite pas à votre simple apport dans l'entreprise. En somme, cela ne se limite pas aux biens appartenant à l'entreprise. Les biens personnelles comme votre maison ou votre voiture ou vos comptes personnelles peuvent servir à rembourser les dettes contractées par l'entreprise devenue insolvable. Alors, ne paniquez pas, il existe l'AERL (Auto-Entrepreneur à Responsabilité Limitée). Mais justement, ce n'est pas une simple auto-entreprise donc enregistrez-vous bien comme AERL et non comme simple auto-entrepreneur sinon vous vous engagez personnellement. Cela élimine déjà le point du bas.

En haut, on a le statut social du dirigeant et on peut voir que nous sommes un travailleur non salarié (TNS). Cela aussi me chagrine car cela veut dire qu'on n'a pas la belle couverture sociale qu'ont les salariés. Je parle notamment du régime sociale comme les assurances maladies, les retraites, les allocations familiales et bien d'autres, le chômage étant exclu. Éviter d'avoir un accident car quelques jours à l'hôpital et vous allez voir que votre portefeuille va vraiment faire grise mine :euh: . Après, l'auto-entrepreneur est quand même bien couvert et se rapproche beaucoup d'un salarié. Il y a pire comme TNS mais cela reste un TNS. Allez dans une banque pour un prêt personnel et dites "je suis salarié", cela ne sera pas pareil que si vous dîtes "je suis un travailleur non salarié".

Et enfin, le point à droite, le régime fiscal, on est en régime des sociétés de personnes et on est soumis via l'impôt sur le revenu (IR). On est sur un régime micro-social (ça offre déjà un taux amoindri), et si je me base sur cette page des services publics (corroborée par d'autres sources, ne vous inquiétez pas), le taux d'imposition serait de 26,3 %. Et ce taux s'applique sur le chiffre d'affaires Oo . C'est ça qui me tue. Remettons les choses en contexte. Imaginons, je suis un webmaster et j'ai fait, en une année fiscale, un site web que j'ai vendu à 100€. J'ai également payé l'hébergement de ce site pour une valeur de 75€. Ici, mon chiffre d'affaires est de 100€ car j'ai encaissé 100€ durant l'exploitation. Mais par contre, attention, je n'ai un bénéfice que de 25€. Sachant que ce taux s'applique à mon chiffre d'affaires, je suis imposé sur les 100€. Je dois donc payé 26.3% de 100€ soit 26.30€ (pas trop difficile) d'impôts... Je suis déficitaire :waou: . Non, mais sérieusement, imposer sur le chiffre d'affaires et non le bénéfice..., c'est risqué. Le chiffre d'affaires ne représente pas la richesse crée par l'entreprise durant l'exploitation, simplement ses rentrées d'argent. Heureusement, si le chiffre d'affaires est nul, on n'a pas à payer de cotisations sociales. Grand point très intéressant toutefois, l'auto-entrepreneur est exonéré totalement de la TVA pour toutes ses ventes. Sachant que cette dernière est passée à 20%, cela fait une différence notable sur l'échelle des prix.

Bon, je suis désolé au près des auto-entrepreneurs qui me lisent mais je n'aime pas ce statut et je me devais d'expliquer pourquoi. Mais je ne vais pas faire le grincheux qui tape sur ce qui existe sans proposer de solutions et alternatives. Et le type juridique que je préfère est celui de la SASU.

La SASU, Société à Actions Simplifiées Unipersonnelle



Forme individuelle de la SAS, la SASU est une réelle société. De ce fait, elle est, je l'admet, un peu plus compliquée à monter. Comme toute bonne organisation qui se respecte, on doit écrire des statuts pour notre société. Il va également falloir publier une annonce au journal d’annonces légales et remplir un formulaire m0 (vous ne pensiez pas échapper à la paperasse :p ). Il faudra enfin fournir un certificat de dépôt de fonds pour les apports en numéraire (en gros, combien on débloque d'argent pour la société, ce qui constituera son capital) sachant qu'il n'y a plus de capital minimum. Vous pouvez donc monter une entreprise avec un capital d'1€ mais après, vous n'allez pas aller loin.

Le fait d'avoir une société impose également un peu plus de rigueur. Pour chaque grande décision, l'associé unique établie un procès-verbal (comme pour les associations par exemple) devant être déposé au Centre de Formalités des Entreprises et tient ainsi un registre des décisions. De même, il faut établir de vrais comptes avec un compte de résultat, un bilan... et non juste un simple registre des entrées-sorties. Pour moi, cet encadrement n'est pas forcément un mal dans le cas où si l'entreprise s'étend et devra changer de nature, ils devront obligatoirement passer par là. Donc autant y être habituer directement.

Même s'il n'est pas écrit SASURL, il est important de savoir que la responsabilité de l'associé est limité à ses apports. Ainsi son patrimoine personnel ne peut être saisi pour éponger les dettes de la société (sauf en cas de faute manifeste de gestion).

Autre avantage, contrairement à beaucoup d'organisation unipersonnelle, l'associé, s'il dirige sa société, est considéré comme "dirigeant assimilé salarié". Cela signifie qu'il est considéré comme salarié et dispose ainsi du même régime social (le régime général) sauf évidemment, celui de l'assurance chômage étant mandataire social. Ainsi, on a une bonne assurance santé, vieillesse, familiale. On sait tous que les salariés sont mieux couverts que les dirigeants en France. Et bien voilà un statut qui permet de concilier les deux et ça, c'est bien :D . D'ailleurs, les dividendes que se verserait l'associé unique n'est pas soumis aux cotisations sociales.

Reparlons un peu des impôts, élément que j'avais houspillé dans l'auto-entrepreneuriat. On est une société donc évidemment, on paie l'impôt sur les sociétés et non plus l'impôt sur le revenu. Et là, je vous vois venir avec un rictus dessiné sur vos lèvres: "L’impôt sur les sociétés s'élèvent à 33.333...%, ce qui est plus que celui de l'auto-entrepreneuriat :ange: ". À ce moment là, je me redresse fièrement, pointe mon doigt vers vous et crie un bon "OBJECTION!" à la Phoenix Wright. Tout d'abord, l'impôt sur les bénéfices (IS) ne s'applique que sur les bénéfices. Ainsi dans mon exemple précédent, je n'aurai qu'un tiers de mes 25€ soit 8.34€ d'impôts, ce qui ne me rend pas déficitaire, loin de là. Mais ce n'est pas tout. En se rendant sur le site des impôts, on note un magnifique tableau qui énonce que pour un chiffre d'affaire inférieur à 7 630 000 € et si "le capital de votre société a été entièrement versé par les associés et est détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques (ou par une autre société répondant aux mêmes conditions), elle est imposée au taux de 15 % sur ses 38 120 premiers euros de bénéfices (ce montant est apprécié par période de 12 mois) puis 33,1/3 % pour le reste de ses bénéfices. Donc en plus, vos premiers 38 120€ ne sont taxés qu'à 15% car le capital a été entièrement versé par vous, l'associé unique, et vous disposez de plus de 75% car vous l'avez même à 100%.

De plus, il faut savoir que vous pouvez demander à vous faire imposer personnellement. Depuis la LME, la SASU peut opter temporaire à l'IR. La limite est de 5 ans. Je ne vois pas pourquoi il ferait cela mais on lui laisse cette option, il fallait donc que je la mentionne.

Enfin, une SASU est donc une société à actions, ce qui facilite énormément la transmission de la société. Vous voulez accueillir un nouvel associé, vous n'avez qu'à lui céder une partie de vos actions. Cela ne sera donc plus une SASU mais une SAS (car ce n'est pas unipersonnelle). Mais cela est transparent, cela se fait automatiquement, on n'a pas à changer la société. Alors que si on était une entreprise indépendante, il aurait fallu obligatoirement changer notre type de société et cela coûte évidemment des sous. De même, pour le céder à ses enfants comme héritage, il est plus facile de diviser des actions qu'un fond de commerce et surtout on paie moins d'impôts. En effet, les cessions d’actions sont soumises à un régime fiscal plus léger de l'ordre de 0.1% là où cela varie de 0 à 5% pour un fond de commerce et 3% après un abattement proportionnel de 23 000 euros pour les parts sociales (d'une EURL par exemple).

Un dernier avantage pour la route. Le président de SASU qui ne se met pas comme dirigeant, n'ayant ainsi pas de salaire et qui touche l'allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) peut continuer à la toucher, là où un gérant associé d'EURL ne peut point. De même, les dividendes qu'il reçoit, outre le fait d'être exonéré de cotisations sociales, n'ont aucun effet sur le montant des allocations. Donc on peut monter une société sans en avoir la direction, toucher des dividendes et toujours toucher l'ARE.

Tout cela m'amène à conseiller les gens à s'orienter vers ce type de société pour se lancer dans l'aventure. Après, il n'y a pas de réponse absolu et il convient de voir lequel est le plus adapté à votre projet. Néanmoins, je trouve que la SASU offre beaucoup d'avantages non négligeables par rapport à d'autres structures.